‹ Essai sur l'esprit musicalChapitre 3 sur 24 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

de quitter son domicile. N'insistons pas : les arguments à Taide desquels on met les « vieux psychologues » en fâcheuse posture sont déjà rebattus. Le malheur est qu'on ne peut se passer des vieilles méthodes dans les questions où la psychologie n'a poussé, jusqu'à Theure actuelle, que de rares et courtes reconnaissances. Et tel est le cas de la psychologie des facultés musicales. Avant de soumettre les phénomènes à Texpérimentation et à la mesure, il faut les dégager, les isoler. Il faut différencier les fonctions en se réservant d'étudier, par après, la manière dont elles réagissent les unes sur les autres. Avant d'expérimenter, il faut observer et décrire, même quand il ne s'agit pas de l'homme, à plus forte raison quand c'est l'homme qui est

en cause.

Notre dessein n'a donc jamais été de réagir contre les méthodes nouvelles. Notre illusion n'a jamais été de croire, qu'une fois nos descriptions alignées, il ne resterait plus rien à tenter dans le champ de nos recherches présentes. Si nous avons mené la psychologie des fonctions musicales jusqu'au point où les nouvelles méthodes d'expérimentation objective pourront lui être appliquées utilement, nous nous estimerons satisfaits.

Il reste à justifier notre titre. Nous l'avons choisi en raison du résultat auquel il nous semblé que nous aient conduits nos recherches. Nous ne croyons pas qu'on ait suffisamment distingué, avant nous, « l'intelligence musicale » de « l'oreille musicale ». En insistant^ comme nous l'avons fait, sur cette distinction qui nous paraît des plus importantes, et en établissant, dans la mesure de nos forces, la réalité d'un Esprit musical^ c'est-à-dire d'un ensemble de fonctions intellectuelles ayant la musique pour objet et pour fin, nous comptons bien provoquer des discussions et susciter des défiances. Le reproche d'avoir fait une fausse découverte est de ceux qu'un psychologue n'évite qu'à la condition de n'avoir

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