‹ Essai sur l'esthétique de LotzeChapitre 25 sur 51 · Cf» Kœgel, op. cit., I« partie · texte numérisé non relu

Cf» Kœgel, op. cit., I« partie

qu'elles apparaissent cependant comme des formes que l'on préfère en quelque sorte à cause de la signification et du caractère du but. En ce sens, la beauté est donc un signe évident de ce que l'unité de ces deux principes de l'évolution du monde est du moins possible, quoique nous n'en ayons pas une connaissance scientifique » (Grdz,, § 14).

Cette valeur métaphysique du beau est purement hypothétique, et l'on peut, sur ce point, adresser à Lotze toutes les critiques que soulève l'idéalisme en général. Aussi se demande-ton pourquoi Lotze, après avoir précédemment attaqué avec vigueur les théories idéalistes, accepte maintenant leurs conclusions sur un point métaphysique particulier, lequel ne saurait être admis indépendamment de tout le système.

Il convient donc de porter toute notre attention sur les deux premiers degrés de la valeur objective du beau^ : l'objet beau provoque le jeu de nos facultés de connaître; de plus, il est le symbole du bien, et, par là, nous sympathisons* avec lui. Or, nous l'avons

1. Rôhr {op, cit.j p. 42) croit aussi trouver chez Lotze un double fondement objectif : !• sympathie du sujet envers l'objet ; 2* valeur absolue du beau, grâce à l'idée qui repose au fond de l'apparence. Or, il ne faut pas oublier que Rôhr s'appuie surtout sur VHistoCre de VEsthétique (cf. supra, p. 26, note 4).

,2. Lotze, en effet, emploie souvent ce mot de sympathie (par ex. : Gesch., p. 85-86. — Mikr., II, p. 201-202). Pourtant il repousse la doctrine de Herder (identifiant l'impression esthétique à la sympathie) comme trop subjectiviste (Gesch., p. 85-86). Herder, suivant lui, aurait dû chercher la liaison entre le beau et le bien (Gesck.^ p. 86). Aussi Lotze admet-il la doctrine de Schiller, afln de combler les lacunes du système de Herder (cf. Rôhr, op. cit., p. 38).

TU, le jeu, suivant Lotze, dérive aussi de ce que le beau nous rappelle la loi morale. Ainsi les deux caractères objectifs du beau ont pour fondement sa valeur associative.

En effet (Gesch., p. 233), la beauté repose sur les formes et serait inconcevable sans elles; mais ces iormes n'ont de valeur que celle qui leur est fournie par ce qu'elles rappellent* : elles sont. le mode d'apparition d'un contenu absolu et « plein de valeur » : le l)ien'. Il se produit ainsi dans l'âme du spectateur une véritable association par ressemblance (cf. Rôhr, op. cit,, p. 17-19) ; Fechiier a donc raison de dire ( Vorschule, I, p. 87) que Lotze, avant lui, a fait dépendre toute l'esthétique dw principe d'association^; mais il remarque aussi à juste titre que l'on trouve seulement, chez Lotze, une acception très large de ce principe (cf. Grdz,, §§ 11-13 et § 20). En effet, pour Fechner ( Vorschule, I), il y a dans le plaisir esthétique association ^e représentations et de sentiments, tandis que, d'après Lotze, à la sensation nous associons l'idée du bien, laquelle peut être perçue dans la réalité (cf. Rôhr, op, cit., p. 19). Lotze, il est vrai, utilise aussi parfois Tassociation telle que l'entend Fechner; mais il la considère alors comme une forme de cette sympathie qu'il ^déclare (Gesch,, p. 86) insuffisante à fonderie plaisir esthétique; il faut, à son avis, qu'il y ait conscience du bien symbolisé. D'ailleurs, suivant Rôhr,

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