Cf. Rôhr, op. cit., p
3. Cf. Kœgel, op. cit, , IP partie. — Fechner, Vorschule der JEsthetik (1876), I, p. 89.
4. Cf. Lotze, Mlkrokosmusy III, p. 616. Fechner, op. cit., I,p.l9.
5. Rôhr semble avoir complètement raison, si l'on ne considère que V Histoire de l'Esthétique (Cf. Gesch. , p. 834), où les tendances idéalistes sont beaucoup plus marquées.
sorte de constituer les états, les dispositions et les habitudes de sa vie interne,. là où il n'y aurait pas lieu de le faire, précisément dans ces formes qui correspondent à ridéal moral, celui-là nous apparaît comme complètement moral, et de plus comme étant une belle âme » [Grdz.^ § 13). — Et, de cette beauté morale, Lotze déduit ce qu'est le beau dans les objets : « La beauté, qui se présente ici comme un caractère formel de l'esprit humain correspondant au bi.en, peut donc enfin (puisque les formes sont séparables de la matière à laquelle elles s'appliquent) être attribuée aussi à des circonstances extérieures, si leurs impressions sont telles qu'elles puissent mettre en mouvement notre activité mentale d'une de ces manières correspondant aux caractères de l'idéal » (ihid,)\
Lotze, ici encore, se rapproche beaucoup de Kant, car ce dernier admettait, lui aussi, que le beau est le symbole du bien, et tout particulièrement du bien moral; la loi morale serait la raison d'être du jugement esthétique (Cf. Crit, d. Jug., t. I). Or, d'après Kant, on ne saurait nier qu'il n'y ait une intention de la part de la nature dans ce fait que certains objets, par leurs caractères spéciaux, sont capables de produire le sentiment du beau, de nous rappeler le bien moral qui est la fin de toute chose. Mais en admettant cette intention de la nature dans le caractère symbolique du
1. Fechnep exprime par une curieuse allégorie les rapports existant entre le bien et divers autres concepts : le bien est le le chef de famille ; la beauté est sa femme et le charme est leur enfant; ils ont pour serviteur Vutile; quant au orai, il est pour ainsi dire le prédicateur, le chapelain de la famille (Cf. Fechner, op. ciL, t. I).
beau, Kant accorde à ce dernier une valeur objective que sa théorie du jugement esthétique semblait tout d'abord lui refuser.
Cette théorie des rapports du beau avec le bien qui est commune à Kant, à Schiller et à Lotze, n'a pas à être discutée, semble-t-il ; elle se base simplement sur ce fait, de tout temps reconnu, qu'il existe de nombreux points de contact entre l'esthétique et la morale; cette doctrine a d'ailleurs le mérite de ne pas identifier absolument le bien et le beau. Mais elle est toute subjective ; chez Kant, elle est née de la valeur impérative universelle attribuée par lui à la loi morale; chez Schiller et chez Lotze, elle semble plutôt résulter de ce que, pour une âme de poète, la beauté possède nécessairement une valeur symbolique. Quoi qu'il en soit,, il est bien évident que le jeu, chez Lotze, comme chez Schiller et chez Kant, a pour fondement une conformité de l'objet beau à l'idéal moral ; on ne saurait donc le confondre totalement avec le jeu esthétique tel que l'entendent les empiristes contemporains.
D'ailleurs, comme nous venons de le voir, ce caractère, chez Kant, entraine ,une sorte de jugement téléologique inférieur et vague. Chez Lotze aussi, la finalité joue un rôle assez important en ce qui concerne la valeur objective du beau.
En effet, suivant Lotze (Grdz., § 14), on admet généralement le principe de finalité : « Nous supposons, dit-il, dans l'univers des fins possédant une valeur absolue, et, par lesquelles, tout ce qui est, est. Or, aucune de ces fins ne se réalise d'elle-même ; au contraire, toutes ont besoin, pour se manifester en une
apparence déterminée, de l'aide d'un système de moyens réels, dont les effets suivent d'après des lois universelles, toujours semblables, et ne se dirigent jamais d'une façon variable d'après les fins auxquelles ces moyens doivent servir. Une fin idéale est donc accomplie seulement lorsque les moyens réels se sont unis de sorte que la réalisation de la fin naisse, comme une conséquence mécaniquement nécessaire, d'une action aveugle, réglée toujours uniformément. » Or, en général, le mécanisme ne convient pas exactement à ce qu'exige la fin ; de plus, dans chacun de ces moyens réels, il existe des particularités inutiles, car « la signification idéale de la fin n'est pas complètement adéquate à ce qui apparaît : ou bien l'apparence est incomplète, ou bien elle contient du superflu ». Le monde semble donc reposer sur une dualité de principes originellement distincts^ : finalité, impuissante à se réaliser par elle-même ; mécanisme, qui ne se propose pas de servir exclusivement aux idées.
Or, le beau fait précisément disparaître cette dualité, car, dans l'objet beau, il y a accord parfait entre le mécanisme et l'idée. « La beauté consisterait donc en ce fait que, pour la réalisation de l'idéal, il faut user seulement d'autant de moyehs réels qu'il est nécessaire, et qu'enfin il ne doit rester aucune réalité superflue et extérieure au but ; tandis que, d'autre part, le mécanisme fournit à la fin, non seulement ce qu'il y a de plus nécessaire, mais aussi les propriétés spéciales du moyen qui n'ont pour le but lui-même aucune détermination sérieuse, quoi-