TROISIÈME QUESTION
Est-il nécessaire de publier une nouvelle déclaration ?
« Les observations que la commission vient de présenter fournissent la réponse à la dernière question qu’il lui reste à examiner. Elle considère ;
U ]o Que la déclaration du 13 mars a été dictée aux puissances alliées par des motifs d’une justice si évidente et d’un poids si décisif, qu’aucun des sophismes par lesquels on a prétendu attaquer cette déclaration ne saurait y porter atteinte;
U 2o Que ces motifs subsistent dans toute leurforce, etque les changements survenus de fait, depuis la déclaration du 13 mars, n’en ont point opéré dans la position de Bonaparte et de la France vis-à-vis des puissances ;
« Que l’offre de ratifier le traité de Paris ne saurait, sous aucun rapport, changer les dispositions des puissances.
U En conséquence la commission est d’avis qu’il serait inutile d’émettre une nouvelle déclaration.
U Les plénipotentiaires des puissances qui ont signé le traité de Paris, et qui, comme telles, sont responsables de son exécution vis-à-vis des puissances accédantes, ayant pris en délibération et sanctionné , par leur approbation , le rapport précédent), ont résolu qu’il serait donné communication du procès-verbal de ce jour aux plénipotentiaires des autres cours royales. Ils ont arrêté, en outre, que l’extrait dudit procèsverbal sera rendu public. »
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(U). Page 286.
Appelé à rÉlysée, BenjamiD Constant trouva l'Empereur . déjà instruit de la proposition d'abdication :
« 11 ne s'agit pas à présent de moi, lui dit Napoléon, il s'agit de la France. On veut que j'abdique ! a-t-on calculé les suites inévitables de cette abdication ? C'est autour de moi , autour de mon nom que se groupe l'armée : m'enlever à elle, c'est la dissoudre. Si j'abdique aujourd'hui, vous n'aiurezplus d'armée dans deux jours. . . . Cette armée n'entend pas toutes vos subtilités. Croit-on que des axiomes métaphysiques , des déclarations des droits, des discours de tribune, arrêteront une débandade?.. Me repousser quand je débarquais à Cannes, je l'aurais conçu ; m'abandonner aujourd'hui, je ne le conçois pas. Ce n'est pas quand les ennemis sont à vingtcinq lieues qu'on renverse un gouvernement avec impunité ! Pense-t-on que des phrases donneront le change aux étrangers ? Si on m'eût renversé il y a quinze jours, c'eût été du courage. Mais je fais partie maintenant de ce que l'étranger attaque, je fais donc partie de ce que la France doit défendre. En me livrant, elle se livre elle-même, elle avoue sa faiblesse, elle SC reconnaît vaincue, elle encourage l'audace du vainqueur. Ce n'est pas la liberté qui me dépose, c'est Waterloo , c'est la peur, une peur dont vos ennemis profiteronT.
U Et quel est donc le titre de la Chambre pour me demander mon abdication? Elle sort de sa sphère légale, elle n'a plus démission. Mon droit, mon devoir, c'est de la dissoudre.»
Longtemps la volonté de Napoléon avait dominé les événements ; mais du côté des événements était passée toute la
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force : l'Empereur fléchit donc : Voici sa Déclaration au peuple français.
U Français ! en commençant la guerre pour soutenir l’indépendance nationale, je comptais sur la réunion de tous les efforts, de toutes les volontés, et le concours de toutes les autorités nationales. J’étais fondé à en espérer le succès, et J’avais bravé toutes les déclarations des puissances contre moi ; les circonstances paraissent changées ; je m’offre en sacrifice à la haine des ennemis de la France. Puissent-ils être sincères dans leurs déclarations, et n’en avoir jamais voulu qu’à ma personne! Ma vie politique est terminée, et je proclame mon fils, sous le titre de Napoléon III, Empereur des Français. Les ministres actuels formeront provisoirement le Conseil du gouvernement. L’intérét que je porte à mon fils m’engage à inviter le» Chambres à organiser, sans délai, la régence par une loi. Unissez-vous tous pour le salut public, et pour rester une nation indépendante.
U Donné au palais de l’Élysée, le 32 janvier 1815.
« Napoléon. »
(V). Pasre 288.
PROCLAMATION A L’ARHÉE.
« Soldats, quand je cède à la nécessité qui me force à m’éloigner de la brave armée française, j’emporte avec moi l’heureuse certitude qu’elle justifiera, par les services éminents que la patrie attend d’elle, les éloges que nos ennemis eux-mémes ne peuvent lui refuser. Soldats, je suivrai vos pas, quoique absent. Je connais tous les corps, et aucun d’eux ne rempor-
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tera un avantage signalé sur l’ennemi, que je ne rende justice au courage qu'il aura déployé. Vous et moi, avons été calomniés : des hommes indignes d’apprécier vos travaux ont vu dans les marques d’attachement que vous m’avez données, un zèle dont j’étais le seul objet : que vos succès futurs leur apprennent que c’était la patrie, par-dessus tout, que vous serviez en m’obéissant, et que, si j’ai quelque part à votre affection, je la dois à mon ardent amour pour la France, notre mère commune. Soldats, encore quelques efforts, et la coalition est dissoute. Napoléon vous reconnaîtra aux coups que vous allez porter. Sauvez l’honneur, l’indépendance des Français; soyez, jusqu’à la fin, tels que je vous ai connus depuis vingt ans, et vous serez invincibles. »
Fin.
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