‹ Essai sur l'étiologie des varicesChapitre 17 sur 24 · TD ET MENT · texte numérisé non relu

TD ET MENT

(v. cave, v. axillaire). La pathogénie de ces ectasies est facile à comprendre.

Ces cas sont très rares à côté de la fréquence relative de l’oblitération de la v. cave supérieure. Mais étant donné que celle-ci est dans la majorité des cas, suivie de mort (Oulmont), on comprend que l’altération variqueuse n’a pas le temps de se produire. Et, d'un autre côté, lorsqu'il y a survie, grâce à la circulation collatérale suffisante (Gomby), la gêne circulatoire dans les veines des bras se trouve, par ce fait, diminuée.

GC.) Dans les observations 12-14 les varices ont apparu à la suite de traumatismes. Une fois (n° 42) c'était une chute sur le bras gauche, à la suite d’une frayeur, qui a été la cause occasionnelle de ces altérations; il y avait, en même temps, suppression des règles. Dans le cas n° 18 c’est un coup de sabre, et dans le n° 44 c’est la saignée qui ont déterminé l’ectasie veineuse.

A l'encontre des varices congénitales, les varices traumatiques des membres supérieurs restent limitées.

D.) Deux fois elles ont été acquises sans qu’on ait pu invoquer ni de traumatismes, ni de compression du eôté des troncs veineux, Dans un cas (45) il s’agit d’une femme âgée de 65 ans atteinte des varices des deux bras dont le début remontait à l’âge de 48 ans. Elle en avait aussi aux jambes. — Dans l’autre (46) elles existaient äéjà aux membres inférieurs, lorsque, au bout d'un certain temps, les veines du bras gauche sont devenues variqueuses à leur tour.

Ge sont, pour nous, les seuls cas connus, jusqu’aujourd'hui, de varices primitives des membres supérieurs.

£.) Il reste, enfin, un groupe d’observations (17-24 dans

lesquelles les causes ne se trouvent pas notées. Nous ne pourrons pas nous en occuper,

La rareté de l’altération variqueuse des veines des bras ne saurait nous surprendre. Les dispositions anatomiques et physiologiques de ces organes sont très peu favorables à la stase sanguine : les contractions musculaires, leschangements fréquents de position, la direction du courant sanguin dans la v. cave supérieure, sont autant de conditions qui aident à la circulation veineuse.

OBSERVATIONS. — 1. Bousquet (Soc. de chirurgie séance du 6 mai 1885). 2. Fournot (Th. de Paris 1879). 3. Voituriez (Journal des sciences méd, de Lille, le 26 août 1887) 4. L.-H. Petit (Union médicale 1880. p. 633). 5. Chrisaphis (cité par L.-H, Petit, 1, c. p. 632). 6. Baiardi (L’osservatore, gaz. delle clin. 1879. p.225). 7. Lamorier (cité par Fournot, 1. ec. p. 26). 8. Cartier (cité par Monfalcon, in. dictionnaire en 60 vol. Art. Varices, t. 57). 9. Aubry (th. de Paris 1881),

140. Taylor (Brit. med. journ. nov..1885 p. 914). 11. Billroth (Path. et thérap. chirurg. générale. Il: édition franc. 1887, p. 725). 12. Girod (Journal de Sédillot, 1804, p- 67). 13. Gloquetet Bérard (Dict. en 30 vol. t. XXX, p- 539). 14. Viaud Grand-Marais (Bull. soc. anat. 1857, t. II, p.5). 15. Dufton (The. Lancet le 29 janv. 1893). 16. Beclère et Seredde(Soc. franc. de derm. et de syphil. séance du 10 mai 1894). 17. J.-L. Petit (Trait. des mal. chirurg. édition de 1790.'t. IL. p. 49). 18. Nélaton (Th, d’agrégation. 1851. p. 33). 19 et 20. Velpeau (cité par Fournot.'l. c). 21. Wedel (Union médicale 1880, p. 609).

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9, Varices du cou et de la tête

Nons allons nous occuper d’abord des régions dans lesquelles la phlébectasie a été trouvée le plus fréquemment (langue, cavité nasale, orbite) et nous finirons par citer quelques cas de varices sous-cutanées observées au cou et à la tête.

Varices de la langue. — D'après quelques auteurs (Maisoneuve (1), Manon) (2) elles seraient fréquentes. D'autres au contraire les considèrent comme très rares ; tel Cruveilhier (3) qui parle d’une varice linguale qu’il a eu l’occasion d’observer. D’autres auteurs. enfin, n’en font aucune mention.

C’est surtout chez les vieillards qu’on les observe, car les causes qu’on à pu accuser de jouer un rôle plus ou moins important dans leur étiologie se trouvent réunies chez eux.C’est d’abord l’atonie desparois veineuses,puis les affections cardio-vasculaires ainsi que celles des voies respiratoires. Manon insiste sur l’abaissement de la tête chez les vieillards à la suite de la courbure exagérée de la colonne vertébrale : dans cette position le niveau et la direction de l’axe de la tête se trouvant modifiés, la pesanseur agit d’une façon défavorable sur la circulation de la langue.

(1) Th. d'agrégation 1848 p. 100.

(2) Th. de Bordeaux 1886-87.

(3) Anat, path. gén. t. II p. 848.

Comme causes qui déterminent une congestion active On a invoqué : l’abus du tabac, des mets poivrés et épicés, des liquides irritants, puis les morsures de la langue chez les gens qui ont les dents mal implantées, chez les épileptiques etenfin tous les traumatismes et inflammations de cet organe.

Les causes qui produisent une stase passive sont : les tumeurs, les maladies du cœur et des voies respiratoires (asthme, bronchite chronique, emphysème) et les efforts violents. Dans le même ordre d’idées on a attribuéauxprofessions une certaine influence ; c’est ainsi que les crieurs publics, les marchands de journaux, les verriers, etc., seraient fréquemment atteints.

D'après Dickson (1), les varices linguales indiqueraient une mauvaise circulation jugulaire et cérébrale, commeil résulte des cas qu’il a observés et dans lesquels le développement de ces ectasies a élé suivi d’apoplexie cérébrale. Pour Manon, le systôême nerveux doit jouer un rôle direct, car sur 400 sujets qu’il a examinés à l'asile d'aliénés de Bordeaux, 40 malades ont présenté cette affection.

Quoi qu’il en soit, la question des varices linguales ne nous paraît pas suffisamment élucidée. Il est probable que tous les auteurs n’ont pas en vue les mêmes lésions : tandis que les uns n’entendent parler que des varices véritables, les autres considèrent comme telles les petites dilatations veineuses à peine appréciables.

Varices du nez. — Nilledery (2) considère cette affection comme très fréquente et croit que la plupart des

(1) Brit. med. journ. 1585, [, p. 888.

(2) Th. de Bordeaux 1887.

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épistaxis dites spontanées reconnaissent pour cause- la rupture de petites varices développées dans la cavité nasale. Elles siègent presque toujours sur la cloison et se voient de préférence chez les gens âgés.

Indépendamment de la disposition anatomique dés veines, on a invoqué toutes les causes capables d’accélérer la circulation du côté de la cavité nasale, et, par là, de favoriser l’ectasie veineuse, Les émotions, les excès, certaines positions de la tête agissent de cetie façon.

Quoi qu’il en soit, ces varices ne sont intéressantes que par les accidents dont elles peuvent être le point de départ (épistaxis).

Les varices de l'orbite sont rares. M. Panas (1) a pu réunir 12 observations dans lesquelles la description des lésions ne laisse aucun doute sur leur nature. Elles siégeaient soit à l’extérieur, sous forme d’une tumeur veineuse à l'angle supéro-externe de l’œil, soit à l’intérieur de l'orbite ; dans ce dernier cas elles révélaient leur existence par une exophtalmie survenant au moment où le malade penchait la tête.

Comme causes occasionnelles on a incriminé les coups sur le pourtour de l'orbite, le poids d’un lourd fardeau sur la tête ou l’inelinaison forcée de celle-ci, une attaque syncopale succédant à un violent effort, le goître et les troubles de la menstruation.

La gêne circulatoire qui amène la phlébectasie est favorisée par tous les agents capables d’entraver la circulation dans les veines jugulaires, Comme cause locale M. Tillaux (2)

(1) Traité des mal. des yeux t. Il p. 400, — (2) Traité d’anatomie topographique VI édition p. 478.

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admet que la compression de la veine ophtalmique au sommet de Porbite peut déterminer la dilatation de cette veine,

Si lon élimine les simples dilatations jugulaires qu’on peut observer dans les maladies du cœur ou lorsqu'une fumeur exerce une compression du côté de la veine cave supérieure ou de la veine jugulaire elle-même, on est autorisé de considérer. les varices du cou et de la tête comme très rares, réserve faite sur les 3 régions dont nous venons de parler. Ge fait s'explique par les bonnes conditions dans lesquelles se trouve la circulation veineuse de l'extrémité supérieure du corps.

Nous n'avons pu réunir que 10 cas de ces varices ; nous :

les citons ici plutôt comme curiosité,

Dans les premières 4° observations elles ont été congénitales ; dans la cinquième il s’agit de varices frontales consécutives à l’oblitération de la veine cave supérieure. Enfin, dans les dernières observations leurs causes ne sont pas notées.

OBSERVATIONS. — Voituriez (Journ. des sciences méd. de Lille, 26 août 1887). — 2. et 8, Nélaton (th. d’agrégation 4851 p. 33 et 35). — 4 Magnus (Klin. Monatsbl. f. Augerheil. fév. 41884). — 5. Taylor (Brit. med. journ. 1885 p. 914). — 6 Nélaton (l. c.), — 7. Vernois (Annales d'hyg. publ. 1862, p. 179). — 8. Velpeau (cité par Fournot th. de Paris, 1879). — 9. Monfalcon (Dic. en 60 vol. t. 57, p. 4). — 10. Cline (cité par Monfalcon.

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