‹ Essai sur l'étiologie des varicesChapitre 8 sur 24 · DD FRS · texte numérisé non relu

DD FRS

Dans le tableau de M. Budin on ne trouve que 22 fois notée leur première apparition chez une multipare. Lesguillons (4) est arrivé à un résultat analogue dans ses recherches, aussi n’accorde-t-il aucune influence à la multiparité.

La grossesse peut agir de 4 façons : par les modifications dans le composition du sang, par l’augmentation de la tension vasculaire générale, par la compression que l'u-. térus gravide exerce sur les troncs veineux, et, d’après Léonardi (2), par l'influence directe du système nerveux.

Les phlébectasies qui se rencontrent chez les femmes enceintes ne sont pas toujours des varices à proprement parler. Elles peuvent être passagères et disparaitre, non seulement après l'accouchement, mais même durant les derniers mois de la grossesse.

Causes d'ordre anatomique. — La déclivité et la longueur des veines des membres inférieurs sont une cause de premier ordre. La pression de la colonne sanguine contenue dans ces veines tend, sous l'influence de la pesanteur, à dilater les parois ve‘neuses. Dans le même ordre d'idées, Bileroth (3) attribue à la taille une certaine influence, car il a trouvé chez beaucoup de variqueux les membres inférieurs d’une longueur disproportionnée.

La présence de certains anneaux musculaires, comme celui du soléaire, joue, d’après Verneuil (4), un rôle très important dans le développement des varices profondes. C’est pour cette raison que les varices des jambes commencent toujours par les veines profondes pour gagner, plus tard, les veines superficielles, en se propageant par

(1) Th. de Paris 1869.

(2) Th. de Paris 1888,

(3) Path. et thérag. chirur. I édition franc. 1887, p. 124. (&) Acad de méd. séance du 41 août 1855.

es (cn

les voies anastomotiques diverses qui relient les vaisseaux sous-cutanés aux vaisseaux profonds. Le mode de fonctionnement des valvules est en faveur decette manière de voir. Én effet, si la circulation superficielle se trouve gênée, le sang peut refluer dans les veines intermusculaires, Landis que la circulation’ dans le sens inverse est impossible. Ce n’est que plus tard, lorsque ces dernières sont assez dilatées pour que les valvules deviennent insuffisantes, que la gêne circulatoire s'étend aux veines superficielles.

La constriction exercée sur la saphène interne par l’anneau fibreux du fascia lata a été invoquée par plusieurs auteurs et Hérapath (1) a même pratiqué le débridement de cet anneau pour guérir des varices. Quoique le rétrécissement de l’orifice ‘du fascia cribriformis ne soit pas démontré, il est possible, d'après Sistach, qu’à un moment donné une turgescence veineuse accidentelle et considé: rable trouve, dans la présence de cet anneau, un obstacle à une dilatation complète.

L’absence de contractions musculaires et de battements artériels est une condition défavorable à la circulation veineuse ; c’est pour Boyer (2) une cause très importante des varices superficielles. Cest aussi de cette façon que Hugues (3, explique la fréquence de cette altération dans la saphène interne qui repose entre l’os et la peau et sa rareté relative dans la saphène externe, située entre les muscles du mollet et les téguments; dans le creux poplité, ces dernières conditions venant à manquer, c’est le lieu d'élection des varices de la saphène externe.

(4) Tillaux, Anat. topograph. VI édit., p. 982.

(2) Traité des mal. chirurg, éd. 1845 t. Il p. 451. (3) Brit. med. journ. 1887 II p. 122.

Page 1