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Causes qui produisent une congestion active. — Tous les phénomènes physiologiques et pathologiques ayant pour effet une augmentation de la circulation des jambes favorisent le développement des varices : les marches et la station debout prolongées, l’usage de chaufferettes (Nélaton) etc., appartiennent à cette catégorie de causes. Causes mécaniques. -— Nous voulons parler des obstacles à la circulation en retour dans les veines des membres inférieurs. Après les causes d’ordre anatomique, il faut citer les tumeurs de l’ahdomen, la grossesse, l’accumulation d’une graisse compacte (Bileroth), lPoblitération de la veine cave inférieure et celle des veines illiaques (observée surtout dans la fièvre typhoïde). — La constipation, ou même l'accumulation normale des matières fécales dans l’'S illiaque favorise la stase veineuse dans la jambe gauche. — La constriction de la taille par les courroies du sac exerce une certaine influence sur lapparition des phlébectasies chez les soldats. Les Jarretières trop serrées pourraient, d'après Delaharpe (1), produire rapidement, à elles seules, des varices dont on n’entraverait le développement qu'avec la suppression de la cause. — Enfin les efforts violents déterminent la stase dans les veines des jambes par la gène qu’ils apportent à la circulation dans la veine cave inférieure.
Professions. — Il est établi d’une façon incontestable que certaines professions prédisposent singulièrement aux varices. C’est ainsi que les laquais, les imprimeurs, les marchands de vin,les boulangers, les terrassiers présentent souvent ces altérations.
Delaharpe accuse surtout les professions qui réunis-
(4) Gaz. méd. de Paris 1863 p. 724.
sent l’immobilité et le travail debout : dans ce cas l’activité plus grande de la circulation des jambes et l'absence de mouvements et de contractions musculaires sont des circonstancos très favorables à la stase veineuse.
Cette manière de voir trouve sa confirmation dans ce fait que la jambe gauche, chez les soldats, est plus souvent atteinte que la jambe droite. D’après certains auteurs on pourrait expliquer certe localisation par la présence des matières fécales dans l’S illiaque, mais nous pré'érons l’explicalion donnée par Amat (1): selon lui, dans les manœuvres de force, le soldat prend la jambe gauche comme point d’appui, en vue de dégager la partie droite du corps et la laisser libre. Nous avons eu l’occasion de constater deux fois des faits analogues. Dans l’obs. XXX nous rapportons l’histoire d’un chaisier qui a des varices énormes à la jambe gauche, tandis que la jambe droite en est complètement exempte. La raison en était que, pendant sontravail tout le poids du corps se trouvait supporté par la jambe gauche, tandis que la jambe droite était dans le repos. Dans l'obs, VII il s’agit d’un menuisier qui se trouve dans les mêmes conditions au point de vue de son travail et présente également des varices à la jambe gauche. De plus, il nous a dit que chez ses camarades d'atelier qui ont des varices c’est toujours le. membre inférieur gauche qui esi atteint.
On admet généralement que le froid, surtout le froid humide prédispose à l’altération variqueuse. Pour Nélaton ce serait la cause de sa fréquence ‘chez les ouvriers des ports.
(4) Gaz. méd. de Paris 1892 p. 271.
Georgevitch ’ 3
Hérédité. — Briquet a insisté sur l’influence de l’hérédité aujourd’hui parfaitement ad mise par tous les observateurs, ;
Nous aurons l’occasion d’y revenir plus tard.
Prédisposition. — Théorie nerveuse. — Comme en somme la plupart des individus, placés dans les circonstances très favorables au développement de cette affection n’en sont pasatteints, on a fait intervenir, pour l’expliquer, un autre élément, d'ordre général. C'était d’abord la qualité du sang (théorie humorale), sa quantité (pléthore), puis la qualité de l’étoffe dont se composent les parois veineuses, et enfin le système nerveux qui dirigerait mal la nutrition des éléments. Cette théorie, qu’on pourrait appeler théorie nerveuse, a été bien formulée par M. Lancereaux (1) : « la coïncidence des varices avec un certain nombre d’affections résultant d'un désordre du système nerveux (migraines, névrailgies, hypochondrie, asthme.) porte à penser qu’elles sont subordonnées à l’action de ce système et dépendent d’un trouble de linnervation trophique. » Les recherches de M. Quénu sur la pathogénie des ulcères variqueux sont de nature à confirmer cette manière de voir, et Léonardi, après avoir étudié les troubles trophiques que lon rencontre dans les différentes aïtérations du système nerveux, conclut également à l’influence directe de ce système.
Nous savons aujourd’hui que le système nerveux joue un rôle double dans la nutrition des tissus : par l'intermédiaire des grands appareils (respiration, cireulation) et par Pinfluence directe sur l’activité des échanges nutritifs. C’est donc par ce rôle de régulateur de la nutrition
(4) Traité de l'herpétisme p. 197,
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qu’il amène la production de l’altération variqueuse.
Que ce trouble nutritif soit ou non sous l’influence du système nerveux, l’important pour nous est qu’il existe. Les observations cliniques ont établi ce fait, Rienzi a fréquemment observé les varices dans la pellagre, et M. Bouchard a démontré que cette maladie a pour cause la misère et une alimentation insuffisante. Nous verrons, plus tard, en parlant des coincidences morbides, que l’altération variqueuse est souvent accompagnée d’une foule d’autres manifestations ayant la même origine qui est un vice de nutrition. Nous reviendrons sur ce point dans la deuxième partie de notre thèse.
Hémorrhoïdes
Age. — Elles se montrent le plus souvent vers l’âge mûr et la vieillesse, plus rarement pendant la jeunesse et sont exceptionnelles chez les enfants. Cependant elles ne sont pas sans exemples chez ces derniers : aux cas observés par Klein et Frnka, M. Lannelongue (1) en a ajouté deux autres qu’il à pu observer lui-même. Elles peuvent même être congénitales comme dans deux cas rapportés par M. Potain (2).
Sexe. Les hémorrhoïdes se rencontrent avec une égale fréquence dans les deux sexes. Ajoutons que la grossesse joue un rôle marqué dans leur étiologie, car, d’après Gosselin (3), les femmes qui n’ont pas eu d’enfants seraient plus rarement atteintes. Néanmoins, leur fréquence dans la grossesse est loin de se rapprocher de celle des varices des jambes : dans le tableau de M. Budin (4), sur 100 cas de phlébéctasie observée chez les femmes enceintes il y a 89 fois des varices des jambes et 19 fois des hémorrhoïdes. Cependant, comme le remarque cet auteur, elles seraient peut-être plus fréquentes dans les classes aisées que chez les femmes qui viennent accoucher à l’hôpital. Quoi qu’il en soit il ne faut pas perdre de vue ce que nous avons dit à propos des varices des membres inférieurs chez les femmes enceintes, à savoir, qu’il ne s’agit très souvent que
(1) Nouveau dictionn. de méd. etde chir, prat. Art. Hémorrhoïdes, (2) Gaz. des hôpit.5 juillet 1883
(3) Leçons sur les hémorrhoïdes.
(Se: