‹ Essai sur l'évolution de l'assistance aux aliénés à MarévilleChapitre 18 sur 27 · BATIMENTS A SUPPRIMER · texte numérisé non relu

BATIMENTS A SUPPRIMER

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Plan de 1 Asiie vers 1850.

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Tous les efforts qui guideront les nouvelles transformations vont porter sur les trois points suivants :

1° Désobstruer les bâtiments existants, principalement dans le centre de l’Asile, où l’encombrement est le plus nuisible;

2° Tendre le plus possible à reporter les bâtiments nouveaux vers le point le plus salubre de la vallée;

3° Préparer une régularisation d’ensemble de tous les bâtiments.

Enfin on se rend compte également de la nécessité d’une avenue d’entrée; qui ne sera réalisée que beaucoup plus tard.

L'Asile vers 1860 (Offert par M. le Dr Aubry)

Dès 1860, on assisia à la restauration complète des anciennes constructions qui ont été conservées, en particulier le bâtiment de la Chapelle, qui, comme nous l'avons vu, datait de Stanislas. On construisit des pavilions indépendants pour les fonctionnaires. Toutes

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ces améliorations ont été réalisées année par année et dans la mesure des ressources disponibles, sous l’impulsion bienveillante et méritante de M. Giraud.

Ce dernier contribua également pour une large part à l’organisation méthodique du travail des aliénés. Il créa dans chaque quartier des ateliers différents et variés où le service intérieur était assuré en grande partie par les malades. Il fit travailler un grand nombre de malades à la culture, car il connaissait mieux que quiconque l’importance du travail agricole au double point de vue thérapeutique et rendement asilaire. Il estimait que le travail contribuait à améliorer le sort de l’aliéné.

Du fait de la grosse mise de fonds nécessaire à la transformation successive des bâtiments, la formation du domaine cultural a été retardée à Maréville. Pendant longtemps le travail agricole fut remplacé par les travaux de terrassement nécessités par l'assiette des nouveaux bâtiments. L’exploitation des carrières à précédé celle des champs.

En effet, de grosses difficultés s’offraient pour construire. Le terrain extrêmement accidenté nécessitait, pour édifier, des travaux de déblaïs et de remblais considérables, exigeant beaucoup de temps.

Lorsque, vers 1860, le docteur Giraud fut nommé directeur de l’établissement, Maréville était le plus important des asiles publics de France. Il contenait déjà 1.500 aliénés, avec les 2/3 d’incurables. Le docteur Giraud a entrepris un très grand nombre de constructions nouvelles; il créa des pavillons nouveaux. On lui reproche d’avoir entamé le coteau au lieu de bâtir vers

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Nancy, mais il y avait alors, aux bords de la propriété, un ravin marécageux et insalubre qui constituait un obstacle, tant au point de vue hygiénique, qu’au point de vue architectural. De plus, de nombreuses parcelles

de terrain n’appartenaient pas à l’Asile.

L'Asile vers 1860 (Collection de M, R, Wiener.)

Par contre, le coteau adjacent, formé de calcaire, était un terrain extrêmement salubre et propice aux constructions. Les gros déblais ont été utilisés pour niveler les abords de l'asile; cette disposition a eu l’avantage de donner une vue bien dégagée sur la ville et a

De VE permis de créer des jardins intérieurs. C’est ainsi qué

Giraud écrivait en 1879 :

« Nous avons donc dû établir les nouveaux bâtiments sur le côteau même dont le vieux Maréville occupait le penchant. »

Grâce à cette topographie, l'établissement était bien abrité au Nord et à l’Ouest.

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L'Asile vers 1865 (Collection de M. R Wiener.)

En dehors du souci de l’esthétique des lignes architecturales, Giraud s’efforça de faire une bonne classification des malades et de rapprocher le plus possible les pavillons des habitations de la vie ordinaire.

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En 1879, la division des hommes, comme celle des femmes, étaient chacune divisées en 7 quartiers : un pour les aliénés tranquilles, un pour les travailleurs, un pour les agités, un pour les épileptiques, un pour les déments et les idiots, un pensionnat et enfin une infirmerie.

Les principaux services généraux étaient alors bien développés : bâtiments de bains et d’hydrothérapie, cuisine, vestiaire, lingerie, buanderie, boulangerie, vacherie, porcherie, en étaient les principaux éléments.

Dans sa tournée d’inspection générale de 1867, le docteur Lunier, rapporteur, se plaît à constater la bonne gestion de l’établissement. Pour lui, l’amélioration la plus urgente à réaliser est celle des eaux et il insiste vivement pour que les travaux de captation commencés en 1865 soient pourvuivis afin de pouvoir réorganiser le service des bains, dont les installations actuelles sont insuffisantes. Le docteur LUNIER exprime également le vœu de voir s’agrandir le domaine de l’Asile sur les propriétés situées en avant, ce qui permettrait de dégager les abords de l’établissement. Dans ce même rapport, l’inspecteur attire l’attention sur l’encombrement et demande qu’on ne dépasse pas l'effectif de 1.400 places. En ce qui concerne les services généraux, il réclame l’agrandissement de la buanderie et du vestiaire, le déplacement de la boulangerie, ainsi que l’achèvement ou la reconstruction des pavillons des fonctionnaires.

Dans leur rapport général sur le service des aliénés en 1874, les docteurs CoNsTANS, LUNIER et DUMESNIL,

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inspecteurs généraux, écrivaient ces lignes sur Maréville, après avoir rapidement retracé l’histoire :

Depuis une trentaine d’années, des travaux considérables ont été entrepris par M. Renaudin et par son successeur M. Giraud, pour remplacer progressivement presque toutes les anciennes constructions de Maréville, et plus récemment, afin d’assurer à l'établissement une quantité d’eau suffisante pour sa consommation. Ces travaux ne sont pas terminés et demanderont encore plusieurs années.

On a adopté pour la reconstruction de Maréville le système des pavillons détachés. Ces pavillons indépendants les uns des autres, s’étendant les uns perpendiculairement, les autres parallèlement à la ligne d’axe, sur des plans différents, et en quelque sorte étagés, donnent à l'établissement une physionomie toute particulière.

Malheureusement, on a eu le double tort, selon nous, de construire des pavillons beaucoup trop vastes (125 à 170 lits) et d’entamer profondément le côteau pour y asseoir des bâtiments qu’il eut été facile cependant de reporter plus en avant. On a eu le tort également de ne pas employer une partie des excédents de recettes, relativement considérables, à l’achat de terrains de culture, dont la contenance n’est encore que de 10 hectares, quand elle devrait être de 50 ou 60.

Si donc, par le chiffre de sa population, Maréville est le plus important de nos asiles publics, il est loin d’être un des meilleurs au point de vue architectural et sous le rapport de la production.

A son tour, en 1877, le docteur GIRAUD, directeur de Maréville, écrivait :

J'ai appliqué toute mon activité à transformer le vieux Maréville, à lui donner l’extension nécessaire, à le mettre au niveau de tous les progrès et à profiter de son site pitto-

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resque pour rendre l'habitation des malades aussi agréable que salubre.

Un peu plus tard, en 1879, comme pour se justifier de ces appréciations défavorables du D' LüUNIER, il

écrivait encore :

Quand on veut juger Maréville, il faut se rappeler qu’il date du temps de Stanislas. Il ne pouvait venir à l’idée de personne de faire table rase de ce qui existait pour construire un asile de toutes pièces. Il s’agissait, au contraire, de tirer le meilleur parti de ce dont on disposait, d’y rattacher les nouvelles constructions, afin d’arriver à un ensemble aussi harmonieux que possible. La perfection n’est pas de ce monde; Maréville n’est pas parfait, mais quand nous voyons des asiles tout neufs, construits sur des terrains absolument nus, et que nous y déplorons tant de lacunes et tant d’imperfections, nous devenons indulgents pour nos vieux asiles et nous apprécions mieux les avantages qu’on a su y réaliser.

Pour moi qui ai eu l’honneur d’être pendant trois années médecin en chef à Maréville, j’affirme que c’est l’un des asiles les plus salubres que je connaisse; et il ne faut pas oublier qu’il y a une quinzaine d’années l’ophtalmie purulente y sévissait d’une manière presque continue.

L’effort du docteur GIRAUD a porté sur trois points principaux :

1° Faire cesser l'encombrement qui régnait, en trans-

formant les vieux bâtiments et en leur en adjoignant de nouveaux.

2° Pourvoir l’établissement des eaux dont il manquait. Il fallait en effet pourvoir la maison d’une quantité d’eau suffisante en vue de son emploi si utile pour le traitement des infirmités qu’on y soigne.

Jusque-là, la seule fontaine dont était doté l’établissement donnait 12 à 15 litres par minute et ne pouvait

servir qu'aux usages économiques. L’eau des bains était fournie par deux puits, auxquels on ajouta, plus tard, de vastes citernes, et enfin, vers 1865, on reprit le creusement d’une galerie de captage commencé antérieurement et abandonné. Les travaux furent confiés à M. BRACONNIER, ingénieur des Mines, et ne furent terminés que vers 1875. Ils s’étendaient alors à 400 mètres sous le plateau couronné par la forêt de Haye et donnaient 60 litres. Les eaux obtenues étaient divisées en trois débouchés et s’échappaient à une altitude telle qu’elles pouvaient être distribuées dans tous les quartiers.

Remédiant ainsi à la pénurie des eaux qui constituait jusque-là une lacune regrettable, ces grands travaux de captage des sources réalisés par le docteur GIRAUD, permirent de donner à la balnéation et à l’hydrothérapie l’extension nécessaire, et, même dans les années d’extrême sécheresse, de laver le linge dans l’eau courante.

3° Le troisième point sur lequel se porta l’effort du docteur GIRAUD fut l'assainissement des terrains et leur aménagement au point de vue de la viabilité. IL parvint, par d'importants travaux de terrassement, à créer dans l’établissement un service de voirie intérieure, rendu nécessaire en raison du terrain étendu et accidenté. Puis Giraud fit établir un réseau d’égouts pour l’écoulement des eaux pluviales et aménagea un grand égout collecteur auquel venaient aboutir des canaux secondaires partant de chaque quartier. Ces conduites étaient détergées par un courant provenant du trop-plein du réservoir de l’arrivée des eaux.

Ainsi donc, dès cette époque, les travaux qui ont

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amené la transformation des dispositions intérieures de Maréville ont eu constamment pour objectif, de près ou de loin, les règles de l'hygiène.

Dans son rapport de 1882, le docteur GIRAUD insistait sur les conditions particulières de l’hygiène dans un asile d’aliénés. Il réclamait la séparation nette de certaines affections les unes des autres; la nécessité d’un quartier distinct pour les gâteux, d’un pavillon indépendant pour les aliénés atteints de maladies incidentes et surtout des divisions spéciales qui empèêchent le mélange de l’enfance et de la caducité sénile et son but était d'utiliser les nouvelles constructions en tenant compte de ces conceptions.

A l’intérieur des pavillons nouveaux, GIRAUD s’efforçæ de créer des dortoirs réduits ne dépassant pas 12 malades. Il s’obstina à entourer les aliénés des soins de propreté aussi poussés que possible.

En ce qui concerne le couchage, il eut également d’heureuses initiatives. Il remplaça les vieilles paillasses encore en usage par des sommiers élastiques. Les lits furent désormais des lits de fer et on exclut tous les encadrements de bois. L’air put ainsi circuler librement à travers le sommier élastique, entièrement à jour. Sur ce sommier, un premier matelas en varech, un second en crin et laine, assuraient un couchage parfait.

Les nouveaux quartiers furent tous dotés de salles de réunion ou de travail, évitant ainsi que les malades passent leurs journées et leurs nuits dans le même local et leur permettant d’alterner.

Un point important retient également l’attention du

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