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docteur GIRAUD, celui de l’aménagement des W. C. et de leur vidange. De temps immémorial, les matières fécales provenant de tous les quartiers et des divers services de l’Asile étaient rassemblées en une sorte de dépotoir situé entre les quartiers Saint-Louis et Saint- Julien, au-dessus de l’infirmerie des hommes; voisinage fort désagréable, vu l'installation primitive de ce local; c'était, de plus, un grand danger pour les habitants de ces quartiers.
L'ancien Bâtiment d'administration, l'Internat actuel. (Offert par M. le Dr Aubry.)
Dans les pavillons nouvellement édifiés de cette époque, sont aménagés des cabinets d’aisances qui ne font pas corps avec le bâtiment d'habitation. Le fait capital amené par la substitution d'habitations saines et même confortables dans leur simplicité, aux bâtiments insalubres de l’ancienne Renfermerie, c’est la - disparition complète de l’ophtalmie purulente endémique, qui, pendant si longtemps, avait exercé d’affreux ravages, et à laquelle on avait donné le nom d’ophtalmie de Maréville, à cause de sa persistance, de son caractère particulier, consistant dans une intensité soudaine et terrible.
Nous ne saurions mieux résumer l’histoire de Maréville jusqu’en 1878, qu’en reproduisant ce passage du livre de Heinrich LA£Hr, publié en 1893, où l’auteur berlinois donne un aperçu bref et exact de l’histoire de l'établissement :
Primitivement, la maison avait été bâtie pour des lépreux et des pestiférés, en 1897, par la veuve Anne Fériet et l'Etablissement fut utilisé dans ce but jusqu’en 1714. Puis il avait été reconstruit comme Hôpital général par le duc Léopold et utilisé comme prison. On y établit une manufacture de bas et on y admit les fous et les épileptiques. Le roi Stanislas en fit une prison d’état, sous la direction des Frères des Ecoles Chrétiennes. Cette administration très avantageuse, dura jusqu’à la Révolution. Le feu en détruisit une grande partie.
En 1802, une partie des aliénés du Dépôt de mendicité de Nancy furent conduits à Maréville qui reçut encore des pensionnaires et des malades placés au compte de l'Etat. En 1814, par décret ministériel, l’Asile de Maréville fut destiné aux aliénés de 23 départements, sous la direction de
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M. Gillet. Il contenait alors 500 malades. En 1815, il ne reçut plus que dix départements. En 1817, les Sœurs de Saint-Charles prirent le service. En 1871, l’Asile sous la direction du Dr Giraud reçut seulement les malades de Meurthe-et-Moselle, des Vosges et de la Haute-Marne. En 1874, il comptait 1389 malades, dont 270 pensionnaires. Il s’étendait sur une superficie de 31 hectares.
En 1896, le 2 août, eut lieu à Nancy le Congrès de Médecine Mentale. Le programme comportait évidemment la visite de Maréville, dont nous trouvons le compte rendu détaillé dans les rapports du Congrès.
Les médecins étaient alors le docteur Paris et le docteur VERNET; le directeur, M. DENIZET.
Dans un discours, le préfet de Meurthe-et-Moselle, M. STEHELIN, fait l’éloge de l'installation de Maréville « qui vaut mieux que sa réputation et dans lequel, quoi qu’on en ait dit, l’encombrement n'existe pas ».
Le doyen de la Faculté de Médecine, M. PrTREs, dans un second discours, retrace le souvenir « des savants qui ont professé à Maréville, tels que MorEL, qui a, dans cet asile, préparé des leçons cliniques qui sont restées pour nous des modèles admirables ».
Le président de la Commission de surveillance, M. DEMONET, vante les améliorations réalisées : « Les vieux bâtiments où l’air et la lumière pénétraient à peine, font successivement place à des constructions neuves, spacieuses et aérées, où sont appliquées les règles d’une sage hygiène... Malheureusement, nous le savons, il nous reste encore beaucoup à faire : amener des eaux de source en plus grande quantité, dévelop-
per les installations hydrothérapiques, élever un pavillon exclusivement réservé aux enfants et tant d’autres choses encore. »
M. Mirgpoix, qui succéda en 1882 à M. GirAuUD dans ses fonctions de directeur de l’Asile, ne cessa pas de travailler à la prospérité de Maréville. Soucieux de satisfaire le désir exprimé par le docteur LANGLOIS. « Malheureusement la médication la plus puissante nous manque totalement. Il est triste de constater que dans l’asile le plus populeux de toute la France, le service médical de la division des hommes est privé d’une salle d’hydrothérapie. En effet, nous n’avons à notre disposition qu’une pompe primitive, se manœuvrant à force de bras et dont les effets sont plutôt nuisibles qu'utiles. »
Le directeur Mirepoix a fait constituer en 1882 un bâtiment central pour l’hydrothérapie des hommes. Parmi les autres améliorations effectuées sous son initiative, il faut également mentionner la reconstruction de l’amphithéâtre, la construction des fours Rolland, celle de séchoirs, en laissant de côté toutes les nombreuses mesures d’entretien dans le détail desquelles nous ne saurions entrer.
Toute une série de travaux variés et importants ont été exécutés de 1880 à 1890, dont voici les principaux:
D'abord c’est en 1882 que fut installé le premier téléphone reliant Maréville à la préfecture. En 1883, on aménagea des grilles de fer autour des pavillons des fonctionnaires et on restaura le dôme de la chapelle. En 1884, on construisit un grand réservoir d’eau d’une contenance de 977 mètres cubes, avec une canalisation
pour la distribution dans tous les quartiers. En 1885, on procéda à la reconstruction du grand quartier Renaudin, destiné aux semi-agités. En 1889, le bâtiment de la chapelle fut restauré; ce vieux bâtiment, qui datait de la fin du régime de Stanislas, tombait presque en ruine et c’est surtout le grand escalier extérieur qui y conduit qui exigea une reconstruction complète. On en profita pour déblayer les caves et pour consolider le pavillon des Sœurs.
C’est également de cetie période que datent tous les travaux de nivellement et de remblais des terrains situés devant l’asile. On cessa alors d’utiliser, comme on le faisait jusqu'alors, pour le transport des terres et des matériaux de construction sur les chantiers, des aliénés qui étaient attelés quatre à quatre à de petits tombereaux comme de véritables bêtes de somme. On substitua à ce procédé inhumain des porteurs système Decauville à traction de chevaux.
Enfin, parmi les principaux travaux, nous devons signaler la reconstruction des ateliers. Ceux-ci étaient aménagés dans un très vieux bâtiment tout en bois qui faillit être totalement détruit dans un gros incendie au cours de l’hiver 1887. De plus, la proximité de l’atelier de menuiserie avec le dortoir St-Joseph constituait un danger. Les nouveaux ateliers furent bâtis sur une charpente en fer avec une bonne maçonnerie.
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