‹ Essai sur l'évolution de l'assistance aux aliénés à MarévilleChapitre 23 sur 27 · A UE · texte numérisé non relu

A UE

Saint-Roch (vieux), quartier très bas, destiné Jjusqu’en 1912 aux épileptiques.

Pinel était depuis 1875 l’infirmerie des hommes.

Renaudin.

Saint-Julien, quartier de sûreté.

Saint-Joseph, travailleurs.

Saint-Charles, travailleurs.

Le quartier d'admission était alors confié au docteur PARIS, qui recevait dans deux pavillons distincts, les malades indigents des deux sexes.

Les pensionnaires entraient directement à Saint-

Paul.

M. DESWARTE était chargé du service des hommes.

Le service des femmes, sous le contrôle médical du docteur LALANNE, était disposé de la façon suivante :

Le quartier Sainte-Françoise, vieux bâtiment de Stanislas, était réservé aux malades chroniques travailleuses.

Le quartier Sainte-Marie était aménagé en pensionnat, comme il l’est encore actuellement, et recevait directement les entrées.

Le quartier Sainte-Lucie accueillait les malades chroniques indigentes.

Quant à Sainte-Pauline, ce pavillon recevait, dès cette époque, les aliénées agitées et difficiles.

Sainte-Adelaïde était pour les femmes gâteuses l'équivalent du quartier Saint-Louis des hommes.

Enfin, contigu à l’infirmerie générale des femmes, le quartier Sainte-Elisabeth recevait les épileptiques.

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Quand le docteur LALANNE fut nommé médecin à Sainte-Anne, le service à Maréville se partageait entre le docteur LaNGLois, chargé de la division des hommes, et le docteur Paris, chargé de la division des femmes. Ce dernier installa un service d’admission comme MAGNAN en avait un à Paris.

Un troisième service fut créé, et le poste de médecinadjoint fut confié à M. le docteur AUBRY.

Dès 1900, les administrateurs et les médecins de Maréville ont songé à modifier les conditions matérielles très défectueuses et insuffisantes dans lesquelles étaient placés les malades en prenant comme objectif la transformation de la grande Renfermerie de Maréville en Hôpital de traitement pour les maladies mentales. C’est alors qu’on a doté l’asile d’eau de sources et de Moselle, de la lumière électrique, d’une cuisine à vapeur assurant la bonne préparation des aliments, de calorifères substitués aux vieux poêles de fonte. Tous les services généraux ont été remaniés pour produire à un meilleur compte. Enfin un important projet de constructions nouvelles, et en particulier la reconstruction des quartiers sordides affectés aux agités et aux épileptiques ainsi que le remaniement de tous les quartiers de traitement, apporteront de gros progrès dans l’organisation de l’établissement. C’est d’ailleurs avec les ressources produites par ses bénéfices accumulés, que l’Asile s’est progressivement développé.

Jusqu’en 1905, les aliments à Maréville étaient préparés par deux cuisines, l’une pour les pensionnaires, l’autre pour les indigents. Ces services étaient éparpillés, des plus défectueux et d’aspect sordide. Le ma-

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tériel menaçaït ruine depuis quelque temps déjà et les fourneaux consumaient des quantités énormes de charbon en pure perte. La Commission de surveillance délégua deux de ses membres qui, accompagnés du directeur, du chef des travaux et du cuisinier-chef de l'asile, allèrent visiter les principales installations parisiennes. Un programme fut arrêté et réalisé par M. Gauny, chef du servicé des travaux de l'asile, qui restaura et aménagea les anciens bâtiments pour grouper dans un même service toutes les dépendances nécessaires à un bon fonctionnement.

L’amenée et la distribution d’eau de Moselle et d’eau de source à Maréville a été mise à exécution en 1905, Dès cette époque, grâce à une double canalisation, d’un développement de dix kilomètres environ, l’asile reçoit quotidiennement 253 mètres cubes d’eau de Moselle et 75 mètres cubes d’eau de la forêt de Haye, et chaque quartier bénéficie de cette double distribution. L’eau de Moselle est refoulée au point culminant de l’Asile par la ville de Nancy, dans des réservoirs en ciment armé d’une contenance de 500 mètres cubes et à une pression suffisante pour atteindre les bâtiments les plus élevés en cas d’incendie. L’eau de source est également refoulée dans des bassins, partie par nos soins, à l’aide d’une pompe électrique, pour permettre l’alimentation de tous les quartiers.

Les travaux d'installation de la lumière électrique dans tous les quartiers pour remplacer l'éclairage au pétrole ont été effectués en 1905 et ont coûté environ 20.000 francs.

De nombreux travaux ont été effectués pendant les

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années 1910 et 1911. Voici à peu près la situation au 1” juin 1912 : des travaux de restauration des bâtiments de l’asile. Ces divers travaux ont été poursuivis avec toute la célérité possible et sans entraver le fonctionnement des différents services de l’établissement.

Construction et réfection des chemins.

La porte du cimetière et le chemin d’accès ont été déplacés. L’avenue au dehors de l’asile a été rectifiée et aménagée. On a créé un chemin spécial de service pour la ferme et une cour pour l’abattoir.

Épuration dec eaux et égouts :

La plupart des pavillons ont leurs branchements d’égouts terminés. Tous les cabinets extérieurs des quartiers ont été transformés et remplacés par le tout à l’égout.

Ferme et abattoir :

L’abattoir est construit ainsi que les écuries. Les quatre bâtiments de la porcherie sont termin::.

Buanderie :

La lingerie est installée. Le grand séchoir couvert fonctionne.

La nécessité de conserver des locaux suffisants pour le logement des malades, a retardé certaines constructions qui pourtant s’imposaient avec beaucoup d'urgence. C’est ainsi que malgré les projets de l'Administration, le quartier Saint-Roch n’a pu être encore démoli en 1911, faute de place dans les autres pavillons pour loger les épileptiques de ce quartier. Il a fallu attendre l’adjonction d’une aile au bâtiment d’infirmerie Pinel, pour y transférer provisoirement

les épileptiques, et pouvoir ainsi réaliser la démolition du vieux quartier Saint-Roch.

L’éloignement du service d’infirmerie Pinel, son accès difficile, avaient engendré le projet de placer l'infirmerie et de l'installer dans le pavillon des hommes travailleurs (Saint-Charles). Mais il fallait transférer ces derniers au quartier Pinel, où leur nombre s’élevait alors à 170 et le quartier Pinel n’en pouvait recevoir que 90 et ne pouvait être, du point de vue architectural, exhaussé d’un étage. Ainsi donc, Pinfirmerie demeura à Pinel. Un chemin facile fut aménagé pour en rendre l’accès moins pénible. Dès cette époque l'infirmerie est approvisionnée d’eau chaude et d’eau froide. Cette infirmerie fonctionnera avec beaucoup d'avantage de par sa situation hygiénique et de par sa disposition intérieure. Tout le rez-de-chaussée est réservé aux malades nécessitant une observation continue, dans une des ailes, les malades calmes, dans lautre les malades agités, séparation qui jusqu’ici n’était pas possible. Le premier étage est affecté aux aliénés atteints de maladies incidentes dont l’état délirant ne nécessite pas d'observation constante. Une aile est affectée aux malades non contagieux, l’aile correspondante aux contagieux. De plus, quatre chambres d’infirmiers sont aménagées et destinées à recevoir ceux-€i en cas de maladie momentanée.

Sur l’emplacement du vieux bâtiment Saint-Roch, on poursuit activement l’achèvement du nouveau pavillon des agités. Les épileptiques du vieux Saint-Roch ont été évacués, partie dans l’aile nouvelle du quartier Pinel et les autres répartis dans les quartiers Renau-

pl lues din, Saint-Julien et Saint-Louis qui, au début des travaux, ont été aménagés pour recevoir provisoirement un surcroît de population. Ce nouveau pavillon, entièrement neuf, a 88 mètres de long et est divisé en trois sections : le pavillon des agités chroniques (côté Nancy), celui des agités dangereux (côté forêt) et les chambres d’isolement occupant l'intervalle entre ces deux pavillons. Construit à flanc de coteau, les fondations de ce bâtiment présentaient d’assez grandes difficultés d'exécution : les eaux d'infiltration, s’écoulant sur la couche de marne, entraînaient par un glissement long et continu les terres de la partie supérieure. Il a donc fallu construire des fondations pouvant non seulement supporter la charge du bâtiment mais répondre à la poussée de cette masse de terres en mouvement.

Le quartier des pensionnaires hommes, autrefois Saint-Paul, maintenant Pensionnat Morel, a été aménagé. La superficie des cours et du jardin a été doublée et les palissades ont été remplacées par des murs en maçonnerie avec saut de loup; on procède aux différents travaux intérieurs d’améliorations.

Durant l’année 1912, d'importants travaux ont été également effectués dans la division des femmes : la disparition des salles de jour du quartier Sainte-Euphrasie; il s’agissait d’une construction en briques reliant sous forme de pont couvert le bâtiment de la chapelle au quartier Sainte-Lucie. Cela a permis le dégasement de ce dernier pavillon dont la cour a été agrandie. Le quartier des femmes convalescentes. qui porte aujourd’hui le nom du docteur Bonfils, date également de cette époque. Il est situé en avant et au-

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dessus du Pensionnat Sainte-Marie, à la lisière de la forêt, avec une vue superbe sur Nancy. Dès 1913, l'aménagement intérieur en fut terminé et l’on put y loger les malades travailleuses et convalescentes, jusqu’alors disséminées dans des bâtiments différents.

Un autre petit pavillon, primitivement destiné à recevoir des enfants, fut également édifié. Modifié dans son affectation, il constitue aujourd’hui un quartier pour les malades femmes aiguës et tranquilles. Il porte le nom du docteur Christian. Ce quartier, dont nous insérons le plan ci-joint, présente une disposition intérieure particulièrement heureuse en ce sens qu’elle est entièrement adoptée au traitement et à la surveillance des malades qui s’y trouvent. Il comporte tous les éléments d’un quartier de classement : deux dortoirs symétriques où l’on peut grouper les aliénées suivant leur état, deux réfectoires permettant de prolonger la même division, un vaste promenoir et un jardin particulièrement accueillant. Il est, de plus, doté de tous les dispositifs hydrothérapiques nécessaires à l'hygiène et à la thérapeutique. Comportant un seul étage, il ne peut recevoir qu’un nombre limité de malades, et celles-ci se trouvent ainsi dans un milieu très favorable.

L’exécution de ces travaux a été ralentie par les difficultés à surmonter et provenant notamment de ce qu’il ne fallait point entraver les services de l’asile, alors qu’on devait évacuer nombre de malades occupant de vieux bâtiments à démolir et reconstruire sur le mème emplacement les nouveaux quartiers.

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