‹ Essai sur l'évolution de l'assistance aux aliénés à MarévilleChapitre 27 sur 27 · LT · texte numérisé non relu

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centes et importantes ont permis de créer un bel internat.

Au rez-de-chaussée, une salle à manger commune, un studio et une cuisine. Au premier étage, cinq appartements et une salle de bains qui demande encore quelques améliorations. Les appartements diffèrent d’importance. Les plus grands sont réservés aux internes mariés et comportent deux grandes pièces avec cabinet de toilette. Les autres, moins vastes, comportent une pièce avec petit bureau attenant et suffisent largement aux célibataires.

Le chauffage central, les W. C. à chaque étage, l’eau courante dans chaque chambre, le téléphone intérieur et extérieur, sont des éléments de perfection qui rendent le pavillon très confortable à ceux qui l’habitent.

C’est ici l’occasion de souligner les avantages de l’Internat de Maréville : recrutés par voie de concours . parmi les étudiants ayant au moins 15 inscriptions et les docteurs en médecine âgés de moins de trente ans, les internes se trouvent dans des conditions excellentes, tant matérielles qu’intellectuelles, pour préparer le médicat des asiles et pour se spécialiser dans l’étude de la psychiâtrie. Ils ont de grandes facilités d’études de par la belle bibliothèque qu’ils ont à leur disposition et par l’enseignement clinique des médecins qui consacrent une grande partie de leur temps à les instruire.

Les internes sont actuellement au nombre de huit, y compris les deux qui sont affectés spécialement au service de Sainte-Anne et qui y sont logés à demeure, comme nous l’avons vu.

= ouh — Annexes médicales.

Le Bureau médical existant dans chaque quartier est devenu souvent insuffisant. Il ne comporte pas en effet l’instrumentation nécessaire à l’examen des cas complexes. Si chez les malades femmes, on se trouve la plupart du temps devant des troubles où l’appoint mental l’emporte sur l’appoint organique, chez les hommes, par contre, nous nous trouvons souvent en face de lésions neurologiques, ou mieux, en face d’un complexe neuro-psychiâtrique, réclamant une étude spéciale et approfondie du système nerveux.

Combien de fois avons-nous regretté de ne pouvoir examiner un fond d’æœil ou l’oreille d’un malade, avant de fixer définitivement notre diagnostic. Il est vrai que nous avons toujours le loisir de faire appel à l’obligeante collaboration de nos confrères spécialisés qui pourront éclairer nos recherches de leurs renseignements, mais c’est là une aide exceptionnelle à laquelle, il faut bien l’avouer, nous hésitons parfois à recourir.

On pourrait remédier à cet état de choses par deux améliorations dont l’Asile tirerait un réel profit.

Tout d’abord, on serait en droit de concevoir, en plus de ces multiples bureaux médicaux disséminés dans chaque quartier, et qui ne sauraient disparaître, un grand service médical commun, aménagé dans un bâtiment important et isolé. Là seraient groupés tous les modes d’exploration moderne du système nerveux. Outre la salle d’examen modèle, pourvue des derniers perfectionnements, on pourrait installer des services annexes de spécialités tels qu’on les voit dans les hôpi-

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taux : cabinets d’ophtalmologie, d’oto-rhino-laryngologie, de gynécologie, des voies urinaires. Bien entendu, c’est là qu’on adjoindrait le pavillon de chirurgie, le laboratoire et la salle de radiologie déjà exis-

tants.

Service de la Pharmacie.

Le pavillon actuellement réservé au service de la pharmacie fait partie de ce vieux quartier Saint-Joseph déjà signalé. Il est placé à peu près au centre de l'Etablissement. Il ne comprenait autrefois qu’une simple officine qui subsiste encore aujourd’hui et où est installé le cabinet particulier du pharmacien de PAsile. On y trouve encore une superbe collection de pots de faïence, ainsi qu’un vieux mortier portant la date de 1603 et qui remonte sans doute à l’origine de l'Etablissement. Les locaux se sont aujourd’hui étendus et comportent en outre trois autres salles réparties de la façon suivante : une salle de distribution où se tiennent la Sœur et les infirmiers chargés de ce service ; une tisanerie; un petit laboratoire où peuvent être exécutées des analyses courantes.

Autrefois, les médications les plus employées étaient le laudanum et le chloral. Il est remarquable de noter le développement considérable qu’a pris aujourd’hui la pharmacie. Les ampoules y sont préparées et scellées sur place. Tout un arsenal de médicaments est livré à la disposition des médecins. Cette extension n’a pas eu une évolution parallèle à celle de la population

de l’Asile, mais plutôt en rapport avec les progrès de la Thérapeutique de l’aliénation mentale.

En effet, le crédit alloué au service de la pharmacie qui n’était en 1929 que de 25.000 francs, atteint en 1935 le chiffre de 110.000 francs. Il a donc quadruplé pendant ces cinq dernières années. Ce seul chiffre suffit largement à montrer les progrès réalisés.

Personnel intirmier.

Nous touchons ici à l’un des éléments les plus importants dans le fonctionnement de l’asile, puisque le personnel seconde le médecin auprès des malades, et lon ne discute plus la nécessité de bons infirmiers.

Le recrutement est assez facile à Maréville du fait de la proximité de Nancy et des avantages donnés aux intéressés; néanmoins, à l’exception de certains éléments particulièrement dévoués, attachés à l’asile de longue date, il faut bien avouer qu'il y a des indésisables qui sont plutôt de mauvais gardiens que des infirmiers.

La qualité du personnel est parfois insuffisante, sa quantité permet d’assurer le service tel qu’il doit l’être. En plus des infirmiers attachés spécialement aux infirmeries et aux quartiers de chroniques, d’autres sont également nécessaires pour surveiller les travailleurs aux travaux de culture, de jardinage, de terrassement, ou aux services généraux.

On s’est efforcé d'améliorer la situation matérielle du personnel, en augmentant les salaires et les indemnités dans la mesure du possible, en favorisant les

conditions d'avancement, en perfectionnant le logement, les retraites.

Deux grandes cités ont été construites, destinées au logement d’un certain nombre d’entre eux. La création d’une pouponnière a permis l’emploi des ménages, plus stables dans l’ensemble que les célibataires.

Enfin l’organisation de l’enseignement professionnel, sous forme de cours théoriques et pratiques, permet à ceux des infirmiers qui le désirent d’acquérir une éducation professionnelle assez poussée. Depuis le 1” janvier 1937, l’application aux asiles d’aliénés de la loi du 23 avril 1919 à eu de grosses répercussions financières sur la vie de l’établissement. L’augmentation numérique du personnel, nécessitée par cette nouvelle formule ne permet pas encore d’apprécier les conséquences sur le fonctionnement du service.

Une mention particulière doit être faite des Sœurs hospitalières qui consacrent leurs soins à Maréville depuis 1818. Les Sœurs de St-Charles s’acquittent de leur rôle avec le meilleur dévouement et dirigent avec compétence le personnel laïc placé sous leurs ordres. Le service de veille est correctement organisé. Une partie du personnel de jour couche dans les chambres contiguës aux dortoirs, mais il est prévu dans chaque pavillon des infirmiers ou infirmières chargés d’assurer une garde permanente de nuit. Ce personnel spécial est absolument indispensable surtout dans les quartiers d’agités, d’épileptiques et à l’infirmerie, où les malades ont plus particulièrement besoin de surveillance et de soins. L’organisation d’un tel service de veille est très

délicate : les infirmiers qui en sont chargés connais-

sent mal les malades, le plus souvent, et doivent être consciencieusement éduqués à leur rôle; de plus, l’équipe de nuit exige une surveillance toute particulière, afin que la veille corresponde à autre chose qu’à uné vaine institution réglementaire.

Jusqu'au 1” janvier 1937, le personnel de l'asile était divisé en deux groupes : l’un de jour travaillant de 6 h. 30 du matin à 6 h. 30 du soir, l’autre de nuit occupé pendant les 12 autres heures (la première équipe étant, il va de soi, plus abondamment représentée que la seconde).

Depuis l’application de la loi de huit heures, le personnel est réparti en trois équipes qui se succèdent régulièrement de 6 h. 30 du matin à 2 h. 30 de l’aprèsmidi, de 14 h. 30 à 22 h. 30 et de 22 h. 30 à 6 h. 30, formule employée depuis longtemps dans les asiles de la Seine.

Le médecin s'efforce de choisir dans la mesure du possible les veilleurs parmi le personnel déjà mis au courant. Dans chaque service un agent de veille en chef est chargé de surveiller tous les veilleurs placés sous son contrôle dans les différents pavillons que comporte le service. Il est tenu d’effectuer dans la nuit une série de rondes, vérifiées le lendemain à l’aide de contrôleurs automatiques, et de rendre compte de ses constatations dans un rapport écrit présenté au médecin-chef.

Propreté corporelle.

C’est une question qui n’a pas encore trouvé à Maréville une solution parfaite : elle est pourtant capitale du point de vue de l’hygiène générale, et c’est plus la médiocrité des installations que la négligence du personnel médical secondaire qui est à incriminer.

Les lavabos ne sont encore pas assez nombreux dans certains quartiers et ils sont souvent mal placés pour la commodité de leur emploi. Dans tel quartier, par exemple, il existe seulement dans le vestibule des cuvettes fixées au mur où les malades ne se trouvent pas dans de bonnes conditions pour effectuer leur toilette. Les serviettes individuelles sont tout à fait exceptionnelles et dans beaucoup de pavillons de chroniques, tous les malades s’essuient l’un après l’autre avec le même drap de lit ou la même alèze. Ce sont là, il faut bien l'avouer, des procédés tout à fait critiquables et qui peuvent être l’origine de contagions graves. Un détail important qui laisse beaucoup à désirer est l’impossibilité dans laquelle se trouvent presque tous les malades de soigner leurs dents: il serait pourtant facile de procurer, sauf à quelques rares agités, des brosses à dents qui seraient rangées soigneusement avec les autres objets de toilette. dans des casiers personnels aménagés. par exemple. à la tête du lit de chaque malade. De même les dispositifs facilitant les bains de pieds et les soins intimes. s'ils existent dans quelques pavillons. ne sont pas encore généralisés et gagneraient à l'être. Un gros effort a été fait dans ce sens durant

ces dernières années. En tout cas, les bains-douches existent partout maintenant et permettent de compenser dans une certaine mesure les toilettes quotidiennes trop souvent insuffisantes.

Moyens de contrainte.

Les moyens de contrainte ont régressé devant les progrès de la balnéation et de l’alitement ; ils n’existent plus actuellement qu’à titre exceptionnel à Maréville et, fait capital, sont exclusivement réservés aux prescriptions médicales (Art. 105 du Règlement de 1857) faisant à ce titre l’objet de mentions régulières au rapport quotidien. Jamais leur emploi n’est laissé au libre arbitre du personnel.

La camisole a presque totalement disparu, et c’est un bien dont nous ne pouvons que faire l’éloge. Si nous sommes parfois contraints à recourir à son emploi, le cas se présente de plus en plus rarement. Le célèbre MaGNAN disait déjà « qu’on doit en faire usage avec la plus grande réserve, qu’on doit réduire son emploi à la simple contention des bras, qu’on doit entourer son application de sages précautions. On ne conteste plus sa fréquente nocivité; on ne la justifie qu’en la mettant sur le compte de manœuvres abusives qu'il appartient au médecin de réprimer. Or, ces manœuvres se perpétuent infailliblement entre les mains de gardiens ignorants et paresseux : c’est un instrument qu’il faut de toute nécessité leur enlever des

mains ».

La camisole est remplacée dans les cas nécessaires, par l’emploi d’une simple attache en toile forte que l’on fixe à l’un des bras et au cadre du lit. Si nous n’avons pas la possibilité de supprimer radicalement les moyens de coercition, nous évitons, le plus que nous pouvons, leur application prolongée, comme le réclamait déjà DAGONET : « Pour ceux qui sont dominés par des idées de suicide ou qui cherchent à s’évader, on leur attache un infirmier qui ne doit pas les quitter un seul instant et qu’on change assez souvent, afin que cette perpétuelle surveillance ne devienne pas à son tour une torture pour celui qui en serait chargé. »

Déjà en 1899, la camisole de force était rarement employée, puisque sur un total de 1610 malades traités, on ne comptait que 35 camisolés par jour, et encore n’était-il fait usage de cette répression que pour les malades les plus agités qui, laissés libres de leurs mouvements, se livreraient sur eux ou sur leurs compagnons à des actes de violence regrettables. Dès cette époque, on remplaçait même le plus souvent possible la camisole par une ceinture laissant les bras presque en liberté et ne comprimant pas la poitrine.

L’isolement cellulaire devient également de plus en plus rare, il relève aussi, bien entendu, de la seule prescription du médecin et doit être aussi discontinu que possible. À Maréville, il n'existe actuellement qu’une douzaine de cellules, sur le total desquelles la moitié seulement est occupée en permanence.

Ces cellules sont, pour la majorité, groupés dans le quartier de sécurité. Elles présentent d’ailleurs un

aménagement suffisant et sont à vrai dire de simples chambres d’isolement.

Tant que l’asile ne fut qu’une garderie, l’alitement était limité aux grabataires et aux aliénés atteints de maladies intercurrentes. Aujourd’hui l’alitement est devenu la base de la thérapeutique de l’aliénation mentale ; il est en particulier l’un des meilleurs moyens de calmer les états d’agitation. De plus, il facilite grandement la surveillance des sujets traités et favorise l’adaptation des entrants à la vie asilaire.

En pratique, tous les malades arrivant à l’asile, méme indemnes de troubles physiques, sont systématiquement soumis à la clinothérapie, pendant la première quinzaine de leur séjour. Ils en tirent toujours le plus grand profit, ce repos les aidant à retrouver les forces souvent anéanties par la première évolution de la maladie. Cette méthode a en outre l’avantage de placer le malade dans des conditions optima pour être -rvveillé par le personnel dans ses moindres réactions, et par le médecin, dans tous les symptômes qu'il peut présenter.

Des dispositions inhérentes à chaque service permettent de grouper les malades en petits dortoirs de calmes et d’agités. Au moment du certificat de quinzaine, le médecin décide de lever de tel entrant, s’il le juge à propos. D'ailleurs, il y a longtemps que la valeur thérapeutique de la clinothérapie est reconnue à Maréville.

Cuisine.

La cuisine de l’Asile, élément primordial pour lhygiène générale de l'Etablissement, a été l’objet, durant ces années dernières d’améliorations judicieuses et profitables.

Elle est installée dans un vaste pavillon situé au centre de l’Asile et comportant un rez-de-chaussée en surélévation. Elle est contiguë aux magasins de vivres avec lesquels elle communique intérieurement.

Lorsqu'on pénètre dans cette grande nef rectangulaire, la première chose qui frappe est l’aspect vaste, clair et aéré. La circulation autour des différents appareils est large et facile. C’est un long hall, très haut, bien aéré par des fenêtres haut placées. On a réalisé la disparition des buées à l’aide de divers dispositifs : un aspirateur vient les rechercher dans le couvercle des marmites et les évacue par une simple tuyauterie. Un puissant ventilateur fait disparaître celles qui peuvent rester en les chassant vers les fenêtres.

Les murs de la cuisine sont revêtus de carreaux de faïence blanche. Le sol, carrelé en grès cérame, présente des rigoles d'écoulement avec caniveau. La partie supérieure de la nef est parabolique. De chaque côté s'étendent deux ailes d’égale longueur; dans l’une se trouve une batterie de 12 marmites à vapeur. Une même poignée permet le relèvement des couvercles et linclinaison des marmites. L’autre aile est réservée aux préparations de pâtisserie et comporte un grand fourneau à gaz. Quant à la nef centrale, elle est occu-

pée presque tout entière par une vaste cuisinière.

De larges tables, des placards profonds et soigneusement fermés, facilitent le travail.

La laverie, encore désignée sous le nom de plonge, est installée dans une petite pièce contiguë à la cuisine ; elle comporte essentiellement un grand bac d’eau chaude divisé en trois compartiments. De plus, on y a aménagé des égouttoirs et des tables.

La cuisine est située à Maréville au centre même des pavillons de malades, ce qui permet une distribution rapide des aliments. Ceux-ci sont placés dans la salle de distribution sur des buffets chauds en tôle, chauffés par la vapeur et destinés à recevoir les récipients après remplissage, avant leur départ.

Le transport des récipients est fait par les malades, sous la surveillance des infirmiers; il gagnerait certainement à être effectué à l’aide de chariots, mais cette amélioration reste encore à l’état de projet. On pourrait même concevoir un tracteur unique remorquant un train de chariots et Les emmenant à leur pavillon de destination; une telle organisation nécessiterait un réseau de pistes ou routes lisses goudronnées reliant la cuisine aux différents quartiers. La distribution gagnerait en rapidité et aussi en propreté.

Sommellerie.

La sommellerie de l’Asile est placée dans une vaste cave située sous le bâtiment de Ste-Françoise. C’est un couloir ménagé entre deux rangées de cuves. Celles-ci ont une contenance variable allant de 30 à 300 hecto-

litres. Elles sont en ciment avec revêtement intérieur en verre.

Le vin est recu dès son arrivée à l’Asile dans un bac souterrain de grande capacité; de là, une pompe électrique permet de le répartir dans les différentes cuves où une échelle graduée indique constamment son niveau. Une sage précaution consiste à ne jamais laisser une cuve à moitié vide, car la couche d’air superficielle suffit à provoquer la fermentation.

Le vin distribué à l’Asile est mouillé à 18 Fo; la consommation journalière est, dans ces conditions, de 7 hectolitres en moyenne.

La température de la cave est suffisamment basse pour ne pas nécessiter de dispositif spécial de réfrigération. On a bien soin d'éviter de laisser séjourner dans le cellier toute autre substance alimentaire, les fromages en particulier, dont la seule présence en ce lieu pourrait amener une fermentation anormale du vin.

Le vin est ainsi conservé dans les meilleures conditions et peut être aisément distribué aux besoins de la population, par les soins d’un seul employé, assisté le plus souvent par un ou deux malades bénévoles. Il est à remarquer que la distribution n’est faite ni par la cuisine, ni par les magasins et que l’agent est exclusivement chargé de ce service, en quelque sorte autonome.

Une cave plus petite, contiguë à la précédente est réservée pour recevoir d’autres liquides, bière et limonade en particulier.

Exploitation Agricole et Horticole.

Nous avons déjà signalé l’insuffisance du domaine cultural de l’Asile, dont la superficie n’est pas en rapport avec sa population et nous avons expliqué comment pendant longtemps on avait été contraint de négliger la culture, pour porter tous les efforts sur les transformations et les constructions.

Maréville possède néanmoins un jardin potager et une ferme. Si quelques hectares de son domaine sont situés en dehors de l’enceinte de l’Asile, ils en sont toutefois assez proches et font de ce domaine, un ensemble d’un seul tenant. Il n’y a donc pas ici comme on en trouve dans certains asiles, de colonies agricoles dsitantes de l’établissement où les malades échappent trop souvent au contrôle médical régulier.

Les différents éléments constituant l'exploitation agricole ne présentent rien dans leur ensemble qui soit particulièrement asilaire et nous ne nous attarderons pas dans des descriptions banales, nous réservant d’insister seulement sur quelques points caractéristiques de l’organisation marévilloise.

Le groupe de la ferme forme un ensemble homogène disposé à l’écart des pavillons de malades et des services généraux, englobés cependant dans l’enceinte, mais relié à l’extérieur par une porte spéciale avec concierge. L’étendue ménagée entre les différentes installations réserve toutes les possibilités d’agrandissements éventuels, sans qu’on risque d’être gêné par la disposition des locaux primitifs.

Passons rapidement en revue les différents éléments de cette exploitation agricole.

Les écuries sont peu importantes, les chevaux étant peu utilisés à l’Asile. En 1935 il n’y en avait que 7 au total. Du fait de l'extension des services automobiles, l'emploi des chevaux se trouve maintenant limité à quelques besoins. Ouire la traction de quelques tombereaux, il faut pourtant mentionner que tous les transports de malades de Maréville vers la ville se font encore de nos jours dans un vieux fiacre qui, malgré tous les services rendus, trouverait mieux sa place dans un musée. Il est à souhaiter qu’il soit un jour remplacé par une ambulance automobile.

Les étables, et surtout la vacherie, présentent un développement beaucoup plus important : son effectif au 31 décembre 1935 était composé de trois taureaux, quarante vaches, et quatre génisses. L’asile peut ainsi satisfaire une grande partie de ses besoins de lait.

La porcherie de l’Asile est sans doute l'élément de l'exploitation agricole qui suscite au maximum la curiosité et l’'émerveillement des connaisseurs. Elle est placée à une extrémité de la ferme, en un endroit un peu écarté. Rien n’a été négligé pour tenir ce lieu dans un excellent état de propreté. L’aération, le chauffage, l'abondance en eau et toutes les dispositions nécessaires à l’évacuation des déjections liquides ont reçu des solutions parfaitement adéquates. La porcherie se compose de trois constructions; chacune d’elles est divisée en compartiments ou loges d'environ 4 mètres carrés pour le moins. Les auges sont cimentées dans l'épaisseur du mur et suffisamment larges. La porche-

rie de l’Asile ne compte pas moins de 500 pores, ce qui permet d’abaiïsser au minimum le prix du kilogr. de viande produit.

L’asile possède également des abattoirs, ou plus exactement ce qui est désigné sous le nom de tuerie particulière.

Le service horticole n’est pas moins bien représenté que le service agricole. Un chef jardinier, logé à l’asile, l’assure avec l’aide de malades placés sous ses ordres. Si la culture maraîchère et arboriculture fruitière tiennent une grande place, on ne néglige pas non plus la culture des fleurs. Une installation de serres chaudes est prévue à cet effet et depuis quelques années le visiteur est frappé par la disposition élégante des massifs et des corbeiïlles de fleurs qui ornent l’avenue d’entrée et lui donnent un aspect accueillant.

Mieux que ces descriptions les chiffres fournis par le rapport du Directeur sur le service économique pendant l’année 1935 donnent une idée du rendement de l’exploitation agricole.

En tenant compte du prix d’entretien, du produit de l’asile et de l’achat supplémentaire le prix de revient du kilogr. de viande se monte :

4 fr. 80 pour la viande de bœuf; 8 fr. 87 pour la viande de veau; à 9 fr. 27 pour la viande de mouton; à 2 fr. 69 pour la viande de porc.

Le montant du lait donné par les vaches de l’Asile a atteint 73.745 fr.

Travail des Aliénés.

L’action bienfaisance et moralisatrice du travail des aliénés n’est plus niée par aucun médecin d'asile. S’il aide la convalescence des malades atteints de psychoses aiguës, il est également l’un des meilleurs modes de traitement pour les malades chroniques. Nous sommes obligés de reconnaître que l’organisation du travail des malades est l’un des points qui laissent le plus à désirer à Maréville.

L'importance même de l’établissement engendre des besoins variés et nombreux, source de travail. L’extension du domaine cultural permettrait l’emploi d’un nombre plus élevé de travailleurs agricoles. Ces derniers sont cependant les plus faciles à recruter parmi la population de l’asile, une grande partie de celle-ci étant fournie par la campagne. De même l’utilisation des malades dans leurs métiers n’est pas réalisée à Maréville dans la mesure où elle pourrait l’être. Malgré l’existence de vastes ateliers où sont groupés des services de serrurerie, de menuiserie, de chaudronnerie, d’ébénisterie, l’administration n’utilise pas suffisamment la main-d'œuvre hospitalière.

C’est que, tant en ce qui concerne le travail des champs que celui des ateliers, une organisation rationnelle donnant des garanties suffisantes au point de vue de la surveillance et de l’observation des malades, est indispensable pour permettre au médecin d’étendre au maximum le bénéfice de la cure du travail. Cette organisation est partout difficile; à Maréville elle est restée vraiment rudimentaire.

Ph Nr

En tout cas, c’est au médecin seui qu'il appartient de prendre des initiatives en ce qui concerne le choix des, travailleurs et d’adapter chacun au travail qui lui convient le mieux. Les infirmiers chargés de la surveillance des travailleurs devraient présenter des aptitudes professionnelles parfaites, ils ne devraient surtout jamais perdre de vue qu'ils ont sous leurs ordres, non pas des ouvriers ordinaires, mais des malades envers lesquels ils sont tenus d’user de la plus grande bienveillance. Ils devraient également connaître chaque travailleur en particulier, afin de prévoir dans la mesure du possible les réactions auxquelles il peut se livrer et de pouvoir avertir le médecin au moindre symptôme anormal. C’est dans ce but que certains médecins avaient demandé que tous les chefs d’ateliers ou assimilés fassent un stage comme infirmiers, mais c’est une méthode qui ne s’est pas encore généralisée.

L'Enseignement.

Maréville a été de longue date un centre d’études et d'observations pour les maladies mentales. C’est à Maréville que fut pratiqué pour la première fois en province, à notre connaissance du moins, l’enseignement de la Psychiâtrie.

C’est le 11 mai 1851 qu’eut lieu à Maréville le premier cours clinique des maladies mentales, fait par le Docteur MorEL.

« Le cours se fait tous les dimanches et l’ordre et la discipline de l’asile, ainsi que la susceptibilité des malades n’ont aucunement à en souffrir. Les élèves de

l'Ecole de Nancy qui viennent assister à ces conférences ne sont pas introduits dans le quartier des femines et l’on a soin de ne présenter à leur observation que ceux des malades qui peuvent soutenir cette visite sans inconvénient. »

Dans son rapport de 1851, le Docteur MOREL s’exprimait ainsi :

« Nous avons le ferme espoir que l’internat de Maréville deviendra une pépinière de médecins spécialistes distingués. Maréville destiné à devenir l’un des principaux établissements, non seulement de la France, mais encore de l’Europe, doit être un centre scientifique où des jeunes gens soient formés à l'étude si difficile de la thérapeutique mentale. Nous sommes tout disposés à ouvrir les portes de l’Asile aux jeunes élèves de l'Ecole de Nancy. »

MorEL reste l’une des figures les plus remarquables parmi les noms qui s’attachent à Maréville. II était né à Vienne en 1809. IL fut dès sa jeunesse très lié avec le célèbre Claude BERNARD, d’une amitié si étroite qu’ils partageaient même leur costume, l’un le portant pendant que l’autre restait couché. Après de brillantes études, 1l fut nommé médecin de Maréville en 1848. SEMELAIGNE, dans son ouvrage « Les Pionniers de la Psychiâtrie Française », réserve ce passage au célèbre médecin :

« À son arrivée, Morel trouva dans une cour, dite de sûreté, 25 à 30 malades réputés dangereux, la plupart camisolés et violemment agités; un changement de milieu et une occupation salutaire mirent un terme à l’excitation. Il y avait aussi des cellules en bois sur

deux rangs, séparées par un couloir et des loges voûtées en pierre. Rien n’y manquait au point de vue solidité, barreaux en fer, portes épaisses en bois de chêne bien assises sur leurs gonds et verrouillées d’une manière formidable, Mais il ne put en obtenir la destruction. »

MorEL, esprit frondeur, indépendant, ennemi de la routine, eut de fréquents démêlés avec PARIsoT, le Directeur, homme froid, d’une ponctualité désespérante et chez lequel le règlement s’était incarné avec une spirituelle malice. MorEL ne manquait jamais, quand l’occasion s’en présentait, de répéter à Parisor la phrase de Falret :

&« Dans un asile d’aliénés, j’ai beau chercher les fonctions d’un directeur et celles d’un médecin, je ne trouve que celles du médecin. »

Parmi les principaux médecins qui furent successivement chargés de la clinique des maladies mentales, citons M. le Docteur LaAncLois, M. le Docteur PARIS, qui a laissé des « Leçons cliniques » remarquables, M. le Docteur LALANNE, qui, après sa longue et brillante carrière, fut remplacé dans cette tâche par M. le Docteur HaMeEtr. L’enseignement suscite visiblement l'intérêt des étudiants qui le suivent nombreux avec régularité. Ces remarques seraient bien incomplètes si nous ne faisions une mention particulière de la préparation au Concours du Médicat des Asiles, dont les médecins se sont faits depuis quelques années une tâche essentielle et à laquelle ils consacrent une grande partie de leur temps. Les brillants résultats obtenus dans ces quinze dernières années en sont un témoignage éloquent.

N. B. — Treize internes de Maréville sont entrés dans le cadre des Asiles depuis 1923.

Laboratoire Hamel

KE

Aspect général de la Ferme

FR LA FFE:

Pavillons construits par les Docteurs Lalanne et Paris

N.B — Ces clichés sont dus à la généreuse amabilité de M. le Docteur LauzEr, Médecin Directeur de La Chartreuse à Dijon, à qui nous exprimons tonte notre reconnaissance.

Maréville est le second des asiles de province de France par son importance numérique. Îl comptait au 1” janvier 1937 un effectif total de 2.444 malades; ce chiffre est bien loin de celui de PARCHAPPE qui, en 1853, n’admettait pas une population supérieure à 400 aliénés dans un asile. Il dépasse encore les conceptions plus modernes du Docteur PACTET, rapporteur de la Commission d’études du 7° asile de la Seine, en 1913, qui écrivait : Le souci de l’élément financier et le désir de se tenir, au point de vue budgétaire, dans de sages limites, ont conduit la Commission à se rallier à l’idée de la construction d’un asile unique destiné à 2.000 malades. » Il prévoyait, dans un tel asile, « la création de cinq services médicaux, chacun devant disposer d’au moins huit pavillons pour y répartir les différents malades qui en composeraient la population ».

Maréville dépasse donc largement ce maximum de 2.000 malades; il possède lui aussi cinq services médicaux, mais plusieurs médecins-chefs de service ont sous leur garde 5 à 600 malades, ce qui dépasse vraiment les possibilités.

En effet, les aliénés doivent être soumis à une visite médicale quotidienne. À côté du traitement thérapeutique, il doit y avoir aussi un traitement moral. Il est critiquable de voir à Maréville des services où un seul médecin a à sa charge 600 malades, avec un mouvement de population atteignant plus de 200 admissions par an.

On conçoit que dans de telles conditions, le médecin ne puisse pas davantage suivre l’évolution de la mala-

die. D’après les conclusions du rapport de BOURNE- VILLE, de celui du Docteur 'WauL, de celui du Docteur MicnoT, dans les asiles où il y a beaucoup de chroniques et 200 admissions annuelles, on ne doit pas confier à un médecin plus de 400 malades.

Le Docteur VERNET écrivait, dans le même ordre d'idées : « Le médecin doit autant que possible connaître tous ses malades, les particularités de leur folie, leurs besoins, leurs tendances. Pour traiter les malades, il doit les connaître et pour les connaître, il doit en avoir un nombre raisonnable. »

L’encombrement a toujours préoccupé les administrateurs et les médecins.

En 1851, RENAUDIN écrivait déjà : « Il existe une véritable périodicité dans la recrudescence de la folie, périodicité qui dépend, non seulement d’une loi naturelle, mais qui s’aggrave encore sous l’influence des conditions dans lesquelles se trouve la société à diverses époques. »

On ne doit cependant pas s’y tromper, les commotions sociales n’ont que rarement la folie pour conséquence immédiate. L’aliénation mentale est presque toujours un effet consécutif qui survient au moment où la cause première a disparu.

C’est l’accroissement rapide du nombre des malades en 1850 qui a rendu nécessaire et urgente la bifurcation du service médical. Ce service, qui reposait en entier sur la tête du Docteur MorEL, pendant que le chiffre de la population oscillait entre 700 et 900 malades, reçut une première modification qui ne tarda pas à paraître insuffisante. La décision qui a scindé

l’asile en deux divisions distinctes, indépendantes l’une de l’autre, et qui créa ainsi deux services juxtaposés fonctionnant séparément au point de vue médical et concourant au même but administratif, a marqué à Maréville une nouvelle ère de prospérité morale et matérielle.

En 1898, dans le rapport médical, on peut déjà lire ce passage :

Il ne faudrait évidemment pas plus de deux années consécutives comme celle qui vient de s’écouler pour que nous constations des effets d’encombrement. Sans être bien élevé, le nombre des cas de marasme et de diarrhée chronique est cependant en progression sensible. Il serait imprudent d'augmenter la population de Maréville, étant donnée fl'erreur que l’on a commise en composant cet établissement de véritables bâtiments-casernes agglomérés, pour le service des femmes au moins, dans un espace extrêmement restreint.

Il semble en effet que, depuis longtemps, le chiffre global de la population dépasse notablement celui des places réelles. Le cube d’air nécessaire par malade est souvent inférieur à ce qu’il devrait être; l’espace superficiel individuel qui devrait atteindre 7 à 10 mètres carrés en dortoir, 12 mètres carrés en chambre, est souvent réduit de moitié. Mais c’est surtout l’espacement réglementaire des lits qui n’est pas respecté dans les dortoirs.

Il est inutile d’insister sur les funestes conséquences qu’une telle situation peut entraîner sur le classement clinique des malades et sur l’hygiène de l’Etablissement, Nous y reviendrons plus loin.

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C’est une des conséquences de l’encombrement de voir subsister à Maréville de vieux pavillons comme le quartier St-Joseph, par exemple, qui auraient dû être démolis depuis longtemps.

Ce quartier St-Joseph est un des plus vieux bâtiments de l’Asile; si on ne peut en préciser exactement la date, on peut cependant affirmer qu’il est antérieur à 1820. Les murs en sont d’une épaisseur énorme et les fenêtres peu larges. Le rez-de-chaussée est une vaste salle dallée en surélévation qui sert de réfectoire et de salle de jour aux chroniques qui l’habitent. Le premier étage est un long dortoir comportant une cinquantaine de lits, très bas de plafond, noir, aéré cependant par de nombreuses petites fenêtres. On y a aménagé des W. C. et des lavabos qui lui donnent un cachet anachronique.

Il est curieux de constater, en examinant le mouvement des entrées sur une longue période de temps, que celui-ci présente de véritables pointes avec des périodes intercalaires de calme.

La folie est généralement un fait consécutif aux grands bouleversements sociaux. La période qui a suivi la Grande Guerre vient à l’appui de cette idée.

Dès la fin du fléau, quelques traumatisés ont présenté des psychoses courtes et curables sans gravité qui créèrent un gros va et vient dans les asiles; puis, un peu plus tard, dans les années qui suivirent, on vif arriver dans les asiles les vrais malades mentaux résultant du choc qu'avait porté la guerre : ce furent les veuves qui avaient vécu dans la misère et l’épuisement et chez qui l’ultime choc moral avait déchaîné une

psychose hélas grave et souvent fatale; ce furent des hommes chez qui le surmenage physique et moral, supporté vaillamment durant cinq années, avait en fin de compte réveillé la prédisposition latente pour faire d’eux les lamentables chroniques qui peuplent certains de nos pavillons.

Outre l'intérêt philosophique de cette idée, elle sert à expliquer les pointes dans l’évolution de la construction des asiles.

Cette situation s’est aggravée de jour en jour, et, dans une intervention récente, un délégué de l’Inspection générale attirait l’attention sur la situation d’encombrement qui atteint tous les asiles et en particulier Maréville. Dans certains pavillons, le surpeuplement est tel que les lits ne suffisent plus et doivent être suppléés par des literies posées à inême sur le plancher. C’est là, on ne peut le nier, une situation très grave qui réclame une solution urgente. Tous les moyens possibles ont été mis en œuvre pour décongestionner les quartiers les plus encombrés. L'ouverture des nouveaux pavillons Archambault et Pasteur, l’aménagement d’une annexe au quartier St-Charles, dans un local qui, jusqu'ici, avait été considéré comme inhabitable, n’ont que peu modifié la situation, en raison du nombre toujours croissant des entrées. Le meilleur, remède réside dans la perspective de l’ouverture prochaine d’un Asile d’aliénés dans le département des Vosges, qui décongestionnera un peu l'établissement

de Maréville.

En conclusion, ces quelques documents nous suggèrent les réflexions suivantes : Maréville est un vieil asile, qui est le résultat de multiples transformations ct qui, à l’origine, avait été conçu dans un but tout différent. Il est donc loin d’être parfait, mais son histoire prouve que si l’on ne peut faire du neuf avec du vieux, on peut au moins parvenir, au prix de longs et patients efforts, à créer dans des locaux imparfaits un service parfaitement adapté au traitement des maladies mentales.

« Ce n’est qu’en abandonnant la plupart des vieux errements, disait en 1897 le docteur Paris, en suivant ‘ranchement et sans tergiversations toutes les indications des progrès de l’hygiène et de la physiologie pathologique, que l’on parviendra à donner aux aliénés les soins et la thérapeutique que la société réclame pour eux en les plaçant dans des établissements spéciaux que l’on doit s’efforcer de faire passer de la catégorie des renfermeries à celle des hôpitaux. »

Cette opinion semble avoir guidé tous les efforts qui ont présidé à l’évolution de Maréville et qui ont fait de lui aujourd’hui un véritable hôpital des ma-

ladies mentales.

N. B. — Qu'il nous soit permis enfin de rendre ici un hommage respectueux à la mémoire de M. l’Inspecteur général RAYNIER, prématurément décédé, et à qui nous aurions été heureux d'offrir ce modeste travail.

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