‹ Essai sur l'évolution de la civilisation indienneChapitre 13 sur 104 · DE Ç I V A · texte numérisé non relu

DE Ç I V A

(Bourne et Shepherd)

L’INDE MODERNE

tés, serpents, ornements entrelacés, le toit peint ou couvert d’or ou d’argent. L’on atteint la pagode par un long escalier bordé de boutiques en boiset flanqué de monstres aux couleurs criardes. A toutes les heures de la journée, mais surtout le soir, les birmans se rendent au temple : c’est le lieu de réunion. Dans les chapelles, sous des parasols, au milieu des fleurs, d immenses statues du buddha couché, debout, accroupi, des milliers de bougies dont les lueurs se perdent dans la fumée de l’encens. Sur le seuil les moines au visage, au crâne rasés, avec la robe et le manteau jaunes. Partout une foule joyeuse. Les hommes au menton large, au nez camard, au teint jaune, turban de couleur, casaque blanche, sari bariolé (put-soo) youlé autour des hanches, jambes et pieds découverts. Les enfants presque nus montrant leurs cuisses et leurs reins tatoués. Les femmes de taille moyenne, minces, élancées, charmantes. Les cheveux haut peignés, avec des fleurs ; le front découvert, le visage ovale, le nez fin sous des sourcils écartés, de longs yeux obliques au regard doux et rusé, la bouche sensuelle, le menton volontaire. Gomme vêtement, le tha-mein : un sari de soie bigarrée auquel sont cousues une balayeuse et une casaque blanches. Une écharpe. Hommes et femmes vêtus de soie. Pour chaque âge sa couleur : le rouge pour les personnes jeunes, le violet dans le milieu de la vie, le vert pour les vieillards. Les teintes des écharpes vives mais point franches : orange, rose,

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bleu-vert, et le soleil jette les reflets de ces nuances sur le teint jaune qui s’anime et rend les yeux plus brillants.

Ainsi dans l’immense empire des races, des peuples divers transforment suivant leur esprit et leurs besoins les arts et les institutions reçues de l’Europe comme ils ont transformé ceux de l’Asie centrale, de la Perse, de l’Arabie. En décrivant l’état de l’Inde contemporaine, il faudra donc distinguer ce qui appartient à l’Inde en général et ce qui appartient à chaque peuple en particulier; chercher avant tout quelles sont les races qui marqueront de leur empreinte la civilisation nouvelle (1). Mais déjà une idée générale doit domi-

(1) Calendrier des hindous. — Eres. Kali yucja. Chaque âge du inonde a 432,000 ans. Le 11 avril 1855 finissait l’année 4956 de l’âge actuel. Ere samvat [ 57 av. J.-C.). Ere çaka (78 av. J-C.). Ere San (593 A. D) dans le Bengale. Ere de Paraçu Iiâma (1176 av. J.-C.) dans le Malabar.

Les hindous ont douze mois solaires : baisakh (avril-mai) ; jeth (mai-juin) ; asârh (juin-juillet); sâwan (juillet-août); bhâdon (août-septembre); âsin ou kuàr (septembre-octobre); kâtik (octobre-novembre); oghan (novembre-décembre); pûs (décembrejanvier); mâgh (janvier-février); phâgun (février-mars); chait (mars-avril). L’année commence le 11 avril. Les fêtes ne sont pas calculées d’après ces mois solaires, mais d’après les mois lunaires, de sorte qu’un mois est censé commencer le jour où a commencé la lune qui finit dans ce mois. Tous les trois ans il y a deux nouvelles lunes dans un même mois; l’on compte alors treize mois dans l’année.

Calendrier des musulmans. — L’ère des musulmans est celle de l’hégire. Ils comptent par mois lunaires (inuharram, safar, rabî ul-awwal, rabî us sânî (rabî ul âkhir), jumâd al-awwal, jumâd as sânî (jûrnad al âkhir), rajab, shabân, ramazân, shawwâl, zî

(Beato)

L’INDE MODERNE

ner cette étude. La société indienne est confusion, incertitude, effort, lutte entre les tendances européennes et les tendances asiatiques, en même temps que conciliation progressive des tendances hostiles.

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