‹ Essai sur l'évolution de la civilisation indienneChapitre 12 sur 104 · LA CIVILISATION DE L’INDE CONTEMPORAINE · texte numérisé non relu

LA CIVILISATION DE L’INDE CONTEMPORAINE

Transformation de la civilisation indienne sous l’influence de l’Angleterre. — État général de l’Inde. — Les provinces et les races.

Dans le deuxième livre de cet ouvrage nous avons étudié révolution de la civilisation indienne sous l’influence de la féodalité, des peuples de l’Asie centrale et de la civilisation musulmane. Dans le premier chapitre de ce troisième livre nous avons vu comment les anglais imposèrent à l’Inde ainsi transformée la civilisation européenne. Il faut examiner maintenant le résultat de leurs efforts ; rechercher dans quelle mesure les indiens ont subi l’influence de l’Angleterre et de l’Europe.

Deux remarques s’imposent d’abord :

Voici la première. Dans leurs grandes lignes, la civilisation de l’Asie et celle de l’Europe ne sont pas distinctes; elles correspondent à des degrés inégaux d’une même évolution, encore qu’un arrêt de développement ait produit en

Asie une décadence partielle. Par suite, dans l’étude de certains phénomènes sociaux l’on distinguera difficilement l’une et l’autre origines ; tantôt une institution d’apparence européenne continuera d’anciennes institutions asiatiques; tantôt les européens auront modifié l’esprit d’une loi ou d’une coutume asiatique au point de la rendre vraiment européenne.

Une seconde remarque. De la civilisation européenne l’Inde n’a connu que cette forme particulière, la civilisation anglo-saxonne; la civilisation asiatique a pris dans l’Inde une forme toute spéciale, la civilisation hindoue. Si dans leur ensemble la civilisation de l’Asie et celle de l’Europe marquent surtout des degrés inégaux d’une même évolution, la race, le climat, l’histoire ont donné à la civilisation de l’Inde et à celle de l’Angleterre des qualités qu’on pourrait appeler nationales. Peut-être dans d’autres conditions l’Inde se seraitelle progressivement européanisée sans cesser d’être indienne; vaincue par l’Angleterre, transformée brusquement par l’Angleterre, l’Inde deviendra dans une certaine mesure anglaise, comme la Gaule se fit romaine, comme l’Angleterre garde encore l’empreinte de la domination normande. D’autre part le climat, la race, les coutumes et les institutions de l’Inde modifieront l’esprit des anglo-indiens. Actuellement la civilisation indienne et la civilisation britannique ne sont encore que juxtaposées, point fondues; mais leur fusion commence à se produire. Ce qu’il

L’INDE MODERNE

importe d’étudier, ce sont les points où les deux esprits se sont déjà pénétrés. Ensuite il faudra chercher comment l unification s’achèvera, le temps qu’elle exigera et la civilisation qui en résultera.

Voici d’abord quelques données générales sur l’Inde contemporaine.

D’après le recensement de 1901 la population s’élevait à 294,360,356 habitants, dont 231,898,807 pour l’Inde Britannique et 62,461,549 pour les États feudataires.

La population de l’Inde Britannique se répartissait ainsi :

Madras 38,209,436

Bombay et Sind (y compris Aden) 18,559,561

Bengale 74,744,866

N. W, P. et Oudh 47,691,782

Panjàb 20,330,339

Birmanie 10,489,924

Provinces centrales 9,876,646

Assam 6,126,343

Berar 2,754,016

Ajmir-Merwara 476,912

Coorg(Kurg) 180,607

Baluchistan britannique 308,246

Aden 43,974

Andamans et Nicobars 24,649

Province-frontière du N. -O 2,125,480

Sur ce nombre, seulement 169,677 européens, y compris l’armée et les fonctionnaires.

En 1891, quatre-vingt-une langues étaient parlées par plus de mille personnes. Les plus répandues étaient :

Habitants.

L’hindî, parlé par Le bengali, —

Le telugu, —

Le marâthî, —

Le panjâbî, —

Le tamul, —

Le gujarâthî, —

Le canarais, —

L’uriya, —

Le birman, —

Les indiens cultes :

se répartissaient ainsi d’après leurs

Religions primitives 9,280,467

Hindous 207,731,727

(1) Viennent après : malavalam (5,428,250), urdu (3,669,390), sindhi (2,592,341), santal (1,709,680), assamais (1,435,820), gond (1,379,580), les dialectes du pabari (1,523,098) et (1,153,384), marwadi (1,147,480), pashtu (1,080,931).

L’uriya est parlé dans le Bengale, Madras, les provinces centrales, l’Assam; l’urdû par la population musulmane des grandes villes ; le paharî dans le Panjâb ; le gond dans le centre de l’Inde ; le marwadi et le pashtu dans l’ouest.

Les langues parlées par moins d’un million et plus de cent mille personnes sont le karern, le manda, le tulu, le kaclihi, l’oraon, le kand, le mon, le baloch, le kachari, le korwa, le khasi, le shan, lebhil, le garo, le halbi, le khyin, le tipperah, le sawara, les dialectes naga, ceux des collines du ISipâl et ceux des tsiganes.

Si l’on tenait compte des différents patois hindi, bengali, panjâbî, etc., l’on trouverait dans l’Inde deux cents langues ou dialectes.

L’INDE MODERNE

Musulmans 57,321,164

Bouddhistes (en Birmanie) 7,131,361

Sikhs 1,907,833

Jains 1,416,638

Parsîs 89,904

Israélites 17,194

Chrétiens 2,284,380

Divers 42,763 (!)

Yoici maintenant dans ses grandes lignes la distribution des habitants par professions (1891) ;

Population urbaine 27,251,176

Population rurale 259,972,255

Il y avait à cette époque 3,645,849 pasteurs, 171,735,390 agriculteurs. Le nombre des domestiques servant des collectivités ou des particuliers s’élevait à 11,220,072; celui des fonctionnaires impériaux ou municipaux à 5,600, 153. L’armée et la marine comptaient 664,422 hommes (y compris les troupes anglaises); 5,672,191 personnes avaient embrassé les professions libérales.

Le recensement de 1881 relevait 2,889 castes principales, beaucoup doivent être subdivisées, les sections d’une caste répandue dans plusieurs provinces n’entretenant de fait aucun rapport.

En 1891, 193,291 rentiers. En 1899-1900, 482,482 personnes ayant un revenu de plus de 500 roupies. L’ensemble des revenus payant Yincome tax ne dépassait pas £ 50,630,000.

(1) Les chiffres de 1901, qui viennent d’être publics, sont assez semblables à ceux de 1891. Cependant : musulmans (62,458,061), bouddhistes (9,476,750).

Les chiffres suivants ont encore leur intérêt :

Population mâle (1891) : 146,727,296 dont 62, 120, 300 hommes mariés. (1901 : 149,95 1 ,240.)

Population féminine : 140,493,135 dont

62,448,946 femmes mariées. (1901 : 144,409, 116.)

Au-dessous de cinq ans : hommes 20,631 ,380 ; femmes 21,410,119.

De cinq à quatorze ans : hommes 37,588,905; femmes 32,844,045.

De quinze à vingt- quatre ans : hommes 23,973,688; femmes 23,954,133.

De vingt-cinq à quarante-quatre ans : hommes 43,467,650; femmes 41,102,436.

De quarante-quatre à cinquante-neuf ans : hommes 13,989,691; femmes 12,876,341.

Au-dessus de soixante ans : hommes 6,769,435; femmes 8,032,448.

Ces premières données nous permettent de tirer les conclusions suivantes. Le grand nombre de langues, de religions et de castes prouve que l’œuvre de l’unité politique et sociale ne s’accomplit que difficilement. Les neuf dixièmes des habitants s’adonnent aux travaux agricoles ; la population est pauvre; les enfants sont nombreux et la moyenne de la vie est courte. Quelques riches, dont plusieurs fort riches ; la classe moyenne peu nombreuse. Seuls les fonctionnaires et les personnes exerçant des professions libérales subissent l’influence de la civilisation européenne. Mais fonctionnaires et lettrés ont encore peu d’ac-

L’INDE MODERNE

tion sur la masse : de plus ce sont souvent des déclassés. Ainsi un examen sommaire du dernier recensement suffit à nous faire comprendre quelles résistances la civilisation européenne rencontre dans l’Inde, combien il lui sera long et malaisé de vaincre ces résistances.

Cherchons maintenant comment les principales races de l’Inde ont adopté le régime nouveau, quelle aptitude elles ont montrée à s’assimiler les arts et les mœurs de l’Europe.

Les bengalis. — Dans un climat énervant, sur un sol d’une merveilleuse richesse, soixante-dix millions d’habitants (1). Race mêlée, de teint brun ou noir, de type moitié aryen, moitié mongolique. Souple, intelligente, beaucoup de mémoire, une grande faculté d’assimilation, aimable, portée à la flatterie, manquant de franchise, de courage et de ténacité. Un millier de castes. Toutes les professions, depuis le chasseur de la jungle et le batelier des lagunes jusqu’au juge et au journaliste de Calcutta.

Chez les riches, chez les pauvres, nombre de gens formés à la civilisation européenne, que les anglais imposent au Bengale depuis un siècle et

(1) De fait il n’y a de bengalis que les 41 millions qui parlent le bengali. Les autres trente millions appartiennent aux races les plus diverses.

demi. Les bengalis instruits recherchent les fonctions publiques et les professions libérales. Des marchands, des banquiers, dont quelques-uns très riches. Les zamindârs possédant des terres immenses que cultivent des milliers de tenanciers. La presse, la littérature développées. Des tendances révolutionnaires. Tous les costumes : le babu habillé à l'européenne ; le lettré, l’étudiant avec la tunique et le manteau jaunes; les marchands en robe blanche, le peuple presque nu. Les femmes de hautes castes ne sortant que voilées, celles du peuple vêtues seulement du sari. Un tiers de musulmans, mais presque tous dans les basses castes de l Est. Gomme langue principale le bengali.

L’Oudh et les provinces du Nord-Ouest; un climat plus sain que celui du Bengale, le sol moins riche, mais moins détrempé. Les grandes villes de la vallée du Gange : Agra, Gawnpore, Lucknow, Allahâbâd, Bénarès. Une race presque homogène : l’hindostanî au teint brun, au visage ovale mais court; grand, mince, souvent émacié, très fier, surtout dans les hautes castes. Race militaire autrefois et qui conquit l’Inde pour l’Angleterre. Très religieuse, surtout dans la région de Bénarès, mais sans les honteuses superstitions du bas peuple bengali. Gardant le souvenir de sa grandeur passée, car la vallée du Gange est l’Inde véritable où se formèrent et la civilisation antique et la civilisation du moyen âge : aussi l’hindos-

L’INDE MODERNE

tanî n’adopte-t-il qu’à regret les idées et les mœurs de l’Europe; il recherche peu les places du gouvernement et les carrières libérales. L’instruction se répand lentement. Un nombre restreint de marchands et de grands propriétaires. Les neuf dixièmes des habitants vivant de l’agriculture; dans les villes, de petits commercants et d’habiles artisans. Les costumes »

les plus variés. Treize pour cent de musulmans. Gomme langues, les différents dialectes de l’hindî.

Dans le Panjâb tous les peuples de l’Inde et de l’Asie Centrale : pathàns ou afghans immigrés, hindustanis, jâts d’origine scythique, ràjputs, gujaràtis, des persans, des turcs, des mongols. Ceux-ci, des hindous demi-nus et la tête rasée ; ceux-là, des musulmans avec le burnous et la longue robe, ils laissent pousser leur barbe; les tribus de la frontière ont conservé leurs armes. Quelques beaux types, surtout chez les sikhs. Tous guerriers autrefois, et fournissant encore les meilleurs soldats de l’armée. D’humeur difficile, pleins de préjugés aristocratiques : chez les ràjputs et les banias le mariage d’une veuve suffit pour faire déchoir une famille. Agriculteurs pour la plupart; beaucoup cependant se formant au commerce; les paysans pauvres sont la proie des usuriers. La masse illettrée. La majorité musulmane ; peu d’hindous dans l’Ouest. Comme langue le panjabî, un dialecte de l’hindî .

Le Sind. — Des agriculteurs, des bergers sous des chefs baluchîs, musulmans fanatiques, guerriers aux mœurs féodales. Eux-mêmes doux, indifférents, illettrés, mais en voie de progrès depuis que les grands travaux d’irrigation ont transformé en terres fertiles les déserts et les marais. Parlant le sindi, un patois de l hindî.

Le Râjputâna. — Des États féodaux sous des dynasties qui se prétendent issues de Krishna et de Râma. Grands, élancés, les ràjputs ont le visage large, le teint plutôt clair, le nez souvent aquilin, les yeux bruns ; beaucoup laissent pousser leurs favoris, quelques-uns les nouent sur leurs cheveux. Un costume partie hindou, partie musulman, partie européen. Bons soldats, bons cavaliers, amoureux des belles armes, méprisant la population réduite au servage. Déjà les plus intelligents s’adonnent au commerce. Hindous fanatiques. Peu de musulmans. Parlant ou le gujaràtî ou un dialecte de l'hindi.

Dans le Gujarât, qui possède de bons ports, les descendants de toutes les races indiennes, surtout les gujarâtis souples, adroits, bien doués pour le négoce; Bombay est la capitale industrielle et commerciale de l’Inde. Les plaines fertiles du Gujarât nourrissent aussi de bons agriculteurs. Une grande variété dans les costumes, depuis le paysan, vêtu seulement du dhuta blanc, jusqu’aux riches marchands avec la robe, le large

manteau et le turban aux plis savants. La grande majorité de la population est hindoue. Un douzième de musulmans. Gomme types particuliers le marwâri, l’usurier originaire du Mârwâr, un État du Râjputàna, le vâkil, l’homme d’affaires qui exploite paysans et commerçants.

Quatre-vingt mille pârsis, descendants des sectateurs de Zoroastre : chassés par les musulmans, ils s’établirent d’abord dans l’ile d’Ormuzd, puis à Surat : la majorité (60,000 sur 90,000) se trouve aujourd’hui à Bombay. Les riches, habillés à l’européenne, vivant à l’européenne, quelques-uns possédant d’énormes fortunes comme le défunt Sir Jamshidji Jijibhài, dont les libéralités s’élèvèrent à plusieurs millions de roupies. A la tête de toutes les entreprises industrielles et financières, banques, manufactures de coton, maisons de commerce, compagnies maritimes. Le peuple diligent, fin, laborieux, s’adonnant aux petits métiers, d’esprit égalitaire, très tenace dans ses préjugés religieux; les hommes avec la mitre et la lévite noires; les femmes roulées dans un grand sari blanc. S’expatriant volontiers pour faire le commerce ou l’usure dans les différentes provinces de l’Inde, le Baluchistan, la Birmanie, la Chine; il y a des maisons pârsies dans la colonie d’Aden et même à Londres. La communauté pârsie est gouvernée par un panchayet (conseil de cinq membres, qui en a compté jusqu’à vingt) ; prêtres et laïques y sont représentés, mais le gouvernement n’accorde pas de sanction exé-

cutive aux décisions de ce conseil, dont 1 autorité s’affaiblit. Hindous, musulmans et pârsîs se servent du gujarâtî.

Dans la région montagneuse et aride qui forme le nord-ouest du Deccan, les marathes, peuple de paysans, dont les hautes castes elles-mêmes sont peu estimées par les hindous du nord. De taille moyenne, très bruns, le type brachycéphale des dravidiens mais corrigé par des croisements hindous. Portant la barbe. Encore fiers et d’humeur belliqueuse, gagnés cependant par la civilisation européenne, s’adonnant au commerce ou à l’usure. Dans les royaumes maràthes de l’Inde centrale seules la maison souveraine et quelques familles de fonctionnaires sont d’origine marat he ; la population se compose d’hindous, de dravidiens et de montagnards appartenant à des races plus rudes, mais la langue et les mœurs sont celles des conquérants.

Peu de musulmans dans le centre de l'Inde, fors dans la capitale du Nizâm, Haidarâbâd, où se trouvent des immigrés, arabes, persans et même nègres. Dans tout le centre comme langue le marâthî.

Dans le sud un mélange inouï de races : aborigènes, immigrés venus du nord, immigrés venus par mer. Cependant le type dravidien prédomine. Les côtes fertiles, surtout la côte de Malabar. L’intérieur aride : les habitants presque nus, maigres, chétifs.

L’INDE MODERNE

Deux peuples surtout se développent, les telugus et les tamuls. Ceux-ci, la plus forte race de la péninsule : plutôt petits, de teint sombre, brachycéphales, de grosses lèvres, les yeux vifs. Très tenaces. Rudes cultivateurs qui s’expatrient volontiers. A Ceylan l’on en compte six cent mille : ils émigrent aussi dans la basse Birmanie, dans le Siam, à l’île Maurice et dans les Antilles. Les australiens ont arrêté l’immigration indienne; les coolies apportent la fièvre partout où ils s’établissent.

Civilisé de bonne heure par les anglais, Madras est avec le Bengale la province où l’instruction est le plus développée. Dans les rues des villes, dans les cours des temples, les étudiants se réunissent le soir pour discuter. Ainsi sous le beau cloître blanc et rouge de Tanjore. Des jeunes gens, la poitrine nue, avec la tunique blanche et le manteau blanc jeté en écharpe sur l’épaule. Les dernières lueurs du soleil dorent le haut vimâna, se jouent sur les plumes de paon sculptées ; des plaques de lumière et d’ombre rayent les colonnes, le pavé, les murailles du cloître et les manteaux. Assis sur le parapet qui relie les colonnes, debout, accroupis, les étudiants à la voix criarde discutent de politique, de philosophie, de religion. Quelque voyageur européen visite-t-il le cloître, on l’assaille : son opinion sur le panthéisme, l’immortalité de l’âme, la nature de Çiva ou de Vishnu. Surtout que pense-t-il du progrès humain? Élevé dans le culte de la tradi-

tion, l’oriental ne peut abandonner l’idée que l’humanité soit en décadence. C’est au milieu d’une troupe d’étudiants que l’européen regagne le bangalow; le soleil est tombé, un vent chaud soulève la poussière épaisse; dans le ciel les corbeaux, dans les arbres les perroquets font un bruit assourdissant. Les étudiants continuent de discuter, mais le voyageur distrait songe à l’avenir de cette race, où les jeunes gens se passionnent pour des questions difficiles. Simple race de rhéteurs ou race d’hommes véritables qui, pareils aux européens du moyen âge, mettent à discuter toute l’ardeur, toute la force qu’au jour favorable ils consacreront à la lutte et au travail.

La fertile Birmanie aux immenses forêts arrosées par l’Irawaddy et ses affluents. Un peuple de caractère souple et d’intelligence ouverte, qui adopte volontiers la civilisation européenne. Les hommes insouciants, paresseux. Les femmes très libres, séduisantes, adroites, influentes, bien douées pour les affaires. Tous bouddhistes; seuls les immigrés indiens professent l’hinduisme (284,880), et l’islam (339,430).

Le birman met un peu de beauté dans ses plaisirs. Voici, au sommet des collines, les hauts dagobas recouverts d’or ; dans de larges cours les monastères de bois sculpté : des rectangles fermés par des planches, trois pyramides de pavillons aux toits débordants, leurs angles surmontés de pointes. Partout des statues, des reliefs : divini-

TANJORE

( V l M A N A DU TEMPLE

(xie siècle)

Page 1