‹ Essai sur l'évolution de la civilisation indienneChapitre 36 sur 104 · E. — ARMÉE · texte numérisé non relu

E. — ARMÉE

Les officiers anglais de l’armée indigène sortent de Sandhurst; ils servent deux ans dans l’Inde, un an dans un régiment britannique, un an ou deux dans un régiment indigène, passent un examen, principalement sur les langues, et sont portés sur la liste de l’état-major indien {Indian staff corps) ; ce terme est impropre, car la liste ne comprend pas seulement les officiers de 1 étatmajor, mais tous les officiers de l’armée. Il y a\ait autrefois trois staff corps pour les trois armées du Ben-

gale, de Madras et de Bombay, mais cette mauvaise disposition a été abandonnée en 1891. Les grades sont donnés ou pour faits de guerre ou à l’ancienneté : après onze ans de service l’officier passe capitaine, après vingt ans major, après vingt-six ans lieutenant-colonel, après trente et un ans colonel. Mais les postes sont donnés au choix. Le grade de colonel appartient de droit aux lieutenants-colonels qui exercent certains emplois.

Dans l’armée indienne comme dans l’armée anglaise, l’unité réelle n’est pas le régiment mais le bataillon commandé par le lieutenant-colonel. Certains lieutenants-colonels commandent des brigades ( second class districts ) avec le titre temporaire de brigadier général. Les divisions ( first class districts ) sont commandées par des majors généraux (qui ne sont cependant que des généraux de brigade). Le commandant en chef, les lieutenants généraux commandant les quatre armées et d’autres officiers supérieurs appartiennent à l’armée britannique. L’armée indienne compte environ 2,400 officiers anglais, certains postes sont occupés par des officiers de l’armée britannique.

Les officiers indigènes sont dans la même position qu’au temps de la Compagnie (voir p. 74).

Comme l’armée britannique, l’armée indienne se recrute par voie d’engagements volontaires. Dans les armées de Madras et de Bombay, le système adopté est celui des mixed recruits : les hommes d’une même compagnie appartiennent à des provinces, des races et des religions différentes. L’armée du Bengale a des class company régiments : dans chaque compagnie ne servent que des hommes de la même race, de la même religion, de la même caste, mais le régiment est formé de compagnies d’origines différentes. L’armée du Panjâb a des régiments mixtes et des class régiments où tous les hommes sont de la même caste. Ainsi les gurkhas. Dans l’infanterie, l’Etat donne aux soldats les armes et l’équipement, mais pas la nourriture ; dans la cavalerie, les

APPEN D1CES

hommes se défraient eux-mêmes, l’État ne leur fournit que la carabine.

En 1857, avant l’insurrection, l’armée indigène était de 233,000 hommes, l’armée européenne de 45,322. Pendant l’insurrection, les chiffres varièrent constamment; l’armée indigène, différemment recrutée, se maintint au chiffre de 1857. Mais après l'insurrection l’armée indigène fut diminuée. En 1862, armée indigène, 140,507 hommes; armée européenne, 75,337. En 1869, 133,358 et 61,942.

Voici les effectifs pour 1899-1900 :

Armée du Panjâb : troupes britanniques, 17,409; troupes indigènes, 49,547. Total, 66,956.

Armée du Bengale : troupes britanniques, 20,407; indigènes, 31,282. Total, 51,689.

Armée de Madras : 10,292; 29,855. Total, 40,147.

Armée de Bombay : 15,473; 30,839. Total, 46,312.

Contingent d’Haidarâbàd : 7,472. Divers : 363.

Total général, 212,939. Réserve indigène, 18,752. Volontaires, 31,036 (effectif réel, 29,994).

Dépenses : en 1898-99, £ 15,390,819.

— en 1899-1900, £ 14,165,743.

(Cf. S tellement exhibiting moral and mater iat progress . . . (blue book), 1899-1900, p. 202 et suiv.

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