F. — INSTRUCTION PUBLIQUE
Avant d’étudier le système d’enseignement établi par les anglais, il faut examiner ce que les indigènes avaient fait eux-mêmes pour l’instruction publique.
Beaucoup de villages avaient des maîtres d’école. L’enseignement supérieur, donné en sanscrit, était réservé aux brahmanes. Les écoles sanscrites s’appellent toi. Leur nombre est considérable. En 1881, l’on en comptait 1,010 dans la province du Bengale avec
CIVI LIS ATI ON INDIENNE
7,680 élèves, et 235 dans POudli et les provinces du Nord- Ouest avec 4,100 élèves.
Un rapport de M. Adam (1837) explique bien ce qu’étaient autrefois ces écoles :
« Les collèges hindous pour l’enseignement supérieur sont des maisons de terre : de trois à onze pièces. Généralement le maître bâtit la maison uses frais : il recueille des aumônes pour mener à bien cette entreprise et même pour nourrir ses élèves... Le maître éprouve-t-il quelque difficulté à trouver des élèves, il réunit d’abord quelques jeunes parents; les succès obtenus dans les concours publics établissent sa réputation... L’école s’ouvre de bonne heure le matin : le maître et les élèves prennent place dans la véranda et chaque élève fait à son tour la lecture. On travaille jusqu’à midi ; puis trois heures consacrées aux ablutions, aux prières, au repas, à la sieste; à trois heures, l’étude reprend jusqu’à la tombée du jour. Deux heures de répit : on fait les prières du soir, on dîne, on fume, on se repose. Et de nouveau l’on travaille jusqu’à dix ou onze heures, ou même jusqu’à deux ou trois heures du matin.
« Le Bengale a trois sortes de collèges : les uns pour la grammaire, la littérature, la rhétorique, l’étude des grandes épopées et le droit; les seconds exclusivement pour le droit; les troisièmes pour la logique. Dans tous ces collèges le maître lit des œuvres choisies et les commente, mais sans faire de cours. Les élèves de la première classe apprennent par cœur des leçons de grammaire ; ils les répètent et le maître leur en donne l’explication. Plus tard, on répartit les élèves en classes suivant leurs progrès. Les élèves de chaque classe s’assoient en face du maître, placent leurs livres devant eux ; l’élève qui a la meilleure voix, lit la leçon et le maître l’explique. .. Dès qu’un étudiant saitassez de grammaire pour comprendre un poème, un livre de droit ou un ouvrage de philosophie, il commencera cette étude tout en continuant d’apprendre la grammaire. Ceux
APPENDICES
qui étudient le droit ou la logique restent dans les collèges six, huit ou même dix ans. »