‹ Essai sur l'évolution de la civilisation indienneChapitre 38 sur 104 · I . ENSEIGNEMENT PRIMAIRE · texte numérisé non relu

I . ENSEIGNEMENT PRIMAIRE

Le gouvernement de la Compagnie, qui de lionne heure favorisa renseignement supérieur, négligea longtemps l’enseignement primaire. Quand la question fut mise à l’étude, l’on se trouva embarrassé. L’Etat devaitil donner lui-même l’enseignement primaire ou seconder les efforts des maîtres de village ? La réponse fut que l'État devait aider ces derniers, mais que, pauvres et médiocrement instruits, ils pouvaient peu ; que force était donc de recourir à l’enseignement d’Etat. En quelle langue l’enseignement primaire devait-il être donné? L’on finit par comprendre que c’était dans les langues vernaculaires. Cet enseignement devait-il s’inspirer du christianisme? Non, le gouvernement indien s’était engagé à respecter les religions de l’Inde, l’enseignement ne devait avoir aucun caractère confessionnel. (Nul ne contribua plus à l’adoption de ces idées que M. Thomason, lieutenant gouverneur des provinces du Nord-Ouest de 1843 à 1853.)

Voici quelques chiffres sur l’enseignement donné par les écoles de village (dont quelques-unes étaient aidées par le gouvernement). En 1826 il aurait existé, d’après sir Thomas Munro, environ 12,000 écoles dans la présidence de Madras; un tiers des garçons en âge d’être instruits aurait fréquenté ces écoles (une évaluation assurément exagérée). Dans la présidence de Bombay, vers 1830, 1,705 écoles avec 35,143 élèves. Dans le Bengale, d’après le rapport de M. Adam (1835-38), les chiffres variaient beaucoup : dans le district de Bhawara, 2,3 pour 100 seulement des hommes avaient reçu une instruction quelconque; dans la ville de Mursliidabad, 7,5; dans le district de Gulna, 9,01. A

Murshidabad, 1,259 enfants recevaient une instruction quelconque soit à l'école, soit chez leurs parents, 13,833 n’en recevaient aucune ; dans le district de Culna, 2,919 et 15,257 ; à Bhawara, 348 et 13,061 (Cf. Bose, III, p. 194).

Au dix-huitième, au dix-neuvième siècle, les missionnaires catholiques et protestants s’efforcèrent de répandre l’instruction dans le peuple, l'ondation de la Calcutta school society (1818) sous la présidence du marquis de llastings : en 1821, 115 écoles et 3,823 élèves. Comité de l’instruction publique pour le Bengale (1823). Enquête de M. Adam (1835-38). Dans le Bengale, presque aucun progrès dans l’instruction publique jusqu’en 1855. Dans la présidence de Bombay, trois divisions sous des inspecteurs et 120 écoles du gouvernement donnant l’enseignement dans les langues indigènes avec 7,750 élèves (1842). Dans les provinces du Nord-Ouest, 897 écoles et 23,638 élèves (1854).

Lettre des directeurs de 1854 réformant l’instruction publique. Fondation d’un départaient de l’éducation dans toutes les provinces. L’on n’adopta pas un système général : il y a des écoles du gouvernement, des écoles surveillées ou inspectées. Dans toutes les écoles renseignement est donné dans les langues vernaculaires; les élèves apprennent seulement à lire, à écrire et à compter. — (Rapports de la commission de 1882 et nouvelles "éformes sous Lord Ripon.)

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