‹ Essai sur l'évolution historique et philosophique des idées morales dans l'Égypte ancienneChapitre 100 sur 212 · I. Loc. cit., p · texte numérisé non relu

I. Loc. cit., p

des tabous samoans, protecteurs des maisons et des récoltes: ce sont des cliarmes destinés à appeler sur le transgresseur de l'interdiction la colère de certains animaux qui le ferait périr surnaturellement'.

Codrington lui-même, qui a paru à certains ethnographes mettre en doute en quelques passages la signification magique des tabous agraires, les rapproche cependant des malédictions dont la signification religieuse est évidente et la sanction toujours directe*.

Il faut remarquer du reste que les lustrations qui sont en usage lorsqu'on a vioic un tabou funéraire et sexuel, sont également pratiquées dans le cas de la violation des tabous agraires'.

C'est le caractère sacré des tabous agricoles de Nouvelle- Calédonie qui a été le plus vivement contesté; et cependant ces tabous sont signifiés exactement de la même manière que dans les archipels où leursignification magique est indéniable*. C'est en Nouvelle-Calédonie que sont spécialement en usage les lustrations auxquelles nous faisions allusion tout à l'heure. Lorsque le tabou consiste en l'interdiction d'user des fruits de certains arbres pendant un temps donné, il est obligatoire pour celui qui la imposé, comme pour les autres*. Un tabou spécialement édicté est observé d'autant plus rigoureusement que celui qui Ta imposé jouit d'une plus grande puissance; mais ce qui indique bien qu'il s'agit ici de puissance surnaturelle, c'est que le tabou des missionnaires en vint rapidement à être plus respecté que celui des chefs*.

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