IV Raw.,pl
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Cet hymne débute par une longue énumération des titres du dieu célébré et se termine par une prière, lig. 26 : « Bel
)) matati, nurigigi, qabuu damqati... Seigneur do tous
» les pays^ lumière dés esprits célestes, prophète de toute
» joie...
. 29 » Habitant du temple du soleil, ne repousse pas les
» mains que je tends vers toi.
30 » Répands t<îs faveurs sur la ville dé Babylone.
31 » Incline ta face sur ton temple d'Ésaggil.
32 » Exauce les prières de ton peuple, les fils de Baby- » lone. »
Je constate des faits; cola n'empêche que je me permets de signaler, en passant, le grand souffle poétique et religieux qui anime cet hymne et sa prière finale !
L'ordre des temps nous amène à parler de la grande solennité religieuse de la confection des briques, au mois de Sivnn (mai-juin).
A ce moment, les eaux du Tigre et de l'Eupliratc ont fini de baisser et laissent à découvert une épaisse couche de limon, unique ressource et bienfait signalé pour un pays dépourvu de carrières.
Tout aussitôt, les rives des deux fleuves sont converties en un immense atelier; mille escouades d'ouvriers manipulent le précieux limon, lui donnant les formes multiples qui répondent aux exigences de la civilisation. Ce sont d aboixl les briques destinées â la construction des temples, des palais et des quais.
Puis viennent les barils, destinés à recevoir les contrats, les observations astronomiques, les annales des rois. En dernier lieu figurent les tablettes, d'un grain plus blanc et plus fin, que les scribes réservent aux honneurs de l'épopée*.
A ce premier travail d'adaptatioJi succédait l'œuyre
1. Voir au Musée Britannique les belles tablettes du XT chant d« l'épopée d'Izdubar.
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délicate de Timpression. Lorsque le texte avait reçu sa forme définitive, officielle, le graveur s'en emparait; il traçait les caractères en relief sur des planchettes de bois. Le limon moulé sous forme de briques et encore assez humide pour recevoir une empreinte, était appliqué sur la planchette de bois. De la sorte, on obtenait en creux et à des milliers d'exemplaires, s'il en était besoin, les caractères tracés en relief. Ce travail accompli, on exposait la brique aux rayons du soleil. Seul le soleil du mois de $ivan avait les qualités requises. Assez chaud pour sécher et durcir la brique, il n'était pas assez ardent, comme le soleil d'Ab, pour la faire éclater.
Pour saisir l'importance du moulage et de l'impression des briques, il ne faut pas oublier que la Babylonic, comme l'Assvrie, est absolument dénuée de tout autre élément de construction.
Non par ignorance, ni par impossibilité de se le procurer, mais par mépris pour sa fragilité, en de si humides contrées, les Babyloniens et les Assyriens ne firent que rarement usage de parciiemin*.
Dans une circonstance aussi grave et étant connue l'âme dévote de l'Assyrien et du Babylonien, on peut prévoir que la religion jouait son rôle dans ces fêtes du travail.
Tout d'abord une prescription rituelle fixait l'époque de la cérémonie du moulage des briques. « C'était le dernier jour » de Çivan que commençait la Confection des briques pour » les édifices sacrés et royaux. 57. Ina arhu Sivan...
58 » ana labaan libnat épis ali u bit*. »
Dans ce même texte, Sargon donne la liste des dieux sous l'invocation desquels le travail commençait. D'imposantes
1. A rissue des batailles, par exemple, un scribe inscrivnrt sur parchemin le nombre des tôtes coupées. Voir TSBA, vol. VI, page 211, Un article de M. Pinches sur Tusage du parchemin en Assyrie.
2; Oppert, Dour Sarkaijan, pi. 18, lig. 57 etsqq. ; I R., 36, lig, 47, 48.
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cérémonics,accompagnéesdechants, d'hymnes, de sacrifices', de bénédictions et de prières marquaient le début du moulage des briques et lui donnaient son caractère religieux ; — ainsi qu'en témoigne la suite de cette inscription.
Chose curieuse et qui prouve une fois de plus qu'il n\v a rien de neuf sous le soleil : « parmi les coutumes rétablies » se trouve la prière publique en faveur du roi, le Domine saloani fac Rempublicam, de ces temps*.
Que les dieux accordent au roi :
11 « De longs jours, yume rukuti ; — des années sans » nombre, sanati daraati ; — une flèche invincible, kakku » dannu; un règne prolongé, pala arka; — des années » remplies d'immenses honneurs, sanati qabdi rapsati ; — » la primauté sur tous les rois, asaridut sarrani. » De toutes les fêtes rétablies la plus solennelle était sans contredit la fête de Zakmuku*.
Ce jour-là ce n'était plus seulement la ville de Babylone qui entrait en grande liesse, c'était la Chaldée tout entière qui s'ébranlait. De la bourgade la plus humble on s'acheminait vers Babylone; les sentiers les moins fréquentés voyaient se dérouler l'interminable théorie des pèlerins. En tét« de chacune de ces théories, assise dans sa nef, et portée sur l'épaule des plus dignes, s'avançait majestueusement la statue du dieu local. Tant que durait le pieux pèlerinage, nuit et jour, l'air retentissait de chants en son honneur.
Aux approches de Babylone, la scène devenait plus imposante; la foule des dieux et des pèlerins grandissant à vue d'œil, chaque flot nouveau apportait un surcroît d'enthousiasme; les cantiques se multipliaient; chaque groupe, épris d'un saint orgueil pour son dieu, redoublait d'.irdeur à
1. Voir la gravare reproduite, page 207 des Lectures historiques de M. Maspero.