RAPPORTS AVEC LES PANTHÉONS MEXICAINS
Par Georges RATNAUD
Ce n'est pas sans une appréhension quelque peu véhémente que je me suis décidé à écrire ce court essai dans lequel, tout en citant les principales divinités de l'Amérique Centrale, j'ai tenté d'étudier les rapports que quelques-unes peuvent avoir avec certains membres du panthéon mexicain. En effet, si de récents et assez nombreux travaux nous permettent de nous former un ensemble important d'idées sur l'ancienne religion nahuatl, il n'en est point de même lorsqu'il s'agit des mythes des Mayas, des Quiches et des Cakchiquels, c'est-àdire de tribus appartenant à une même famille linguistique et très probablement à une même race et dont la semi-civilisation, quoique supérieure à celle des Aztecs, forme avec celle-ci un véritable bloc.
En dehors des ouvrages de Cogolludo et de Landa pour les Mayas et du Popol Vuh pour les Quiches et les Cakchiquels, nous ne trouvons que de ci, de là, en quelque sorte par hasard, de vagues, bien vagues renseignements dans certains
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écrits indigènes, tels que les Annales des Xahiia, dans les livres de Lizana, Herrera, Clavigero et autres auteurs espagnols, et parfois dang'les xlictionnaires.
Il ne faudrait point d'ailleurs s'exagérer l'importance au point de vue des études religieuses des trois volumes cités tout d'abord. Dans sa Relation des Choses du Yucatan, Diego dé Landa' s'étend t|uelqué peu sur les fêtes fixes ou rhobiles et cite un certain nombre de divinités, mais sans nous décrire, sauf pour cinq ou six, leurs fonctions et leurs attributs. Plus longue, mais d'une désespérante sécheresse, est \ti\'\s\^ de noms, de V Histoire du, Yucatan de CogoUudo. Enfin le Popol Vuli, bien que ne parlant que du Guatemala, permettrait une ample moisson, si Brasseur de Bourbourg et Ximenez n'avaient'été'bèaùcoup trop souvent des traditoriel non des traduttoriV
Nous possédons bien k Uxmal, à Palenqué, à Copan, à Chichen-ltza et dans maints autres lieux une splendide bibliothèque hiéroglyphique de pierre ou de bois, mais nous ne péiivoris guère espéret* les comprendre tant que nous ne saurons pas lire couramment les trois Codices hiératiques que nous conservons*; or c'est k peine si ceux-ci, des tjolante, des rituels où sont représentées de nombreuses divinités et
1. D'après son auteur, le Popol Vuh ne serait que la copie d'an ancien ouvrage hiéroglyphique disparu. Je ne le crois point. Ce livre a pour moi une double origine: il est composé d'une pari a l'aide d'anciens hymnes at d'anciennes traditions que les Quiches conscrcaicnt par la taie orale ^ d'autre part à l'aide de courts textes hiéroglyphiques. On lai a souvent reproché d'être trop christianisé et, par suite, peu sûr ; au contraire, sans nier totalement l'influence espagnole, il faut reconnaître la marque aborigène dans ces métaphores si étranges parfois, dansées expressions tantôt viles et tantôt sublimes, dans ces répétitions qui font penrser au parallélisme hébraïque, en un mot, dans toutes ces formes qui sont non pas bibliques, mais bien américaines et que Ton retron^e dans les hymnes nahuatls du Sahagun et dans d'autres poèmes d'nne ancienneté et d'une authenticité incontestables. • 2. Un à Madrid : le Troano-Cortésianus ; un à Paris : le PérosiaiMis ;