JO L ADAPTATION MOTRICE SIMPLE
serve que, quand ranimai touche un objet par divers points de son tentacule, tous les suçoirs viennent adhérer à l'objet. Nous saisissons ici sur le vif un premier cas de composition des réactions entre elles. La réaction du suçoir excité séparément représente le type de la réaction circulaire habituelle ; mais l'excitation plus complexe, provenant d'un nombre plus considérable de contacts, provoque une réaclion d'excès diffuse qui se traduit dans tout l'organisme par l'adaptation de tous les organes à une lin utile.
§ 4- — Cette indépendance des centres décroît, comme on sait, à mesure qu'on remonte la série animale, et l'on observe, en raison inverse de cette décroissance, une solidarité de plus en plus étroite des fonctions vitales. Chez certains vertébrés cependant, chez la grenouille notamment, on a pu segmenter graduellement le cordon cérébrospinal et observer la disparition, non pas soudaine, mais successive des diverses fonctions. Le réflexe cardiaque peut même persister plusieurs heures après que cet organe a été - arraché. Le cœur du chien bat encore quand il est privé de toute communication nerveuse avec les centres supérieurs. Ce sont là, sans doute, des phénomènes de pure habitude nerveuse et rien n'autorise à croire, dans ces derniers cas, que le pouvoir d'adaptation subsiste encore. Nous trouvons, au contraire, un cas très remarquable de cette persistance dans la célèbre expérience de Pfluger sur la grenouille. L'expérience consiste, comme on sait, à dépouiller une grenouille de son cerveau, du cervelet et du bulbe rachidien, et à ne lui laisser du système nerveux central que le cordon spinal. On constate que l'animal vit encore et qu'il est susceptible de réagir avec vigueur contre les excitations violentes de la