‹ Essai sur l'évolution psychologie du jugementChapitre 26 sur 103 · L'ADAPTATION IDEO-MOTRICE · texte numérisé non relu

L'ADAPTATION IDEO-MOTRICE

§ I, — Nous n'avons encore aperçu dans la conscience qu\m écho de Texcitation dont le retentissement, semblable au retour des ondes sonores réfléchies, reprend le chemin parcouru et réagit sur Texcitation même. Muni de ce pouvoir, le vivant est, sans doute, capable déjà d'adaptations utiles et complexes. Riche d'habitudes tout organiques, dont le plaisir et la peine ont déterminé la sélection, il est capable de se prêter ou de se refuser aux excitations déjà éprouvées. Mais nous ne tardons pas à constater que l'accommodation se produit, non plus seulement en vertu du caractère directement utile ou nuisible de certaines sensations actuelles, mais en vertu de sensations passées, plus ou moins neutralisées ou contrariées par les sensations présentes. Lorsque l'enfant de cinq mois manifeste de la colère à la vue de la bougie qui l'a brûlé, de la joie en apercevant son biberon ou sa nourrice, il est évident que la qualité propre de la sensation visuelle ne suffit plus à expliquer l'émotion ; car la vue du biberon ou de la nourrice n'est plaisante qu'à titre de promesse d'une jouissance, et la vue de la bougie.

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naguère agréable, n*excitcrait pas la colère si elle n'était interprétée comme une menace. L'attention de Tenfant dépasse donc manifestement la sensation présente pour s'appliquer à un état possible, par rintemiédiaire de l'image actuelle d'un état passé. Nous assistons ainsi à l'éveil de fonctions nouvelles : V attention secondaire, la reconnaissance, Vassociation des idées. Et qu'on ne s'étonne pas de cette soudaine entrée en scène de trois « facultés». C'est, en fait, un processus unique, bien qu'incomparablement plus complexe, qui se dégage ici de la vie affective et motrice.

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