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LE DOUTE PRIMAIRE

perception délinie est, dès lors, sollicitée au profit d une tendance donlTobjet n'est ni présent, ni même, sans doute, représenté par la mémoire au tout premier stade du développement mental. A une attention dirigée vers un contenu sensible, s'oppose ainsi une attention ii vide, dont les manifestations motrices deviennent graduellement aussi intenses, aussi étendues et aussi conscientes que les réactions provoquées par des excitations externes.

§ 5. — Ainsi Tabsence des excitations liabituelles nécessaires à la vie n'est pas moins que leur présence suggestive de réactions motrices. Mais le ton émotionnel de ces états psychiques est évidemment très différent. Il est, sans doute, malaisé de préciser ces différences telles qu'elles sont ressenties par l'enfant. Mais l'adulte n'éprouve-t-il pas, lui aussi, des sentiments « d'absence » très caractéristiques, inquiétudes de la faim, de la soif, du repos trop prolongé, de la solitude, de l'ennui ? N'avons-nous pas parfois conscience d'avoir « oublié quelque chose », sans pouvoir définir l'objet, le lieu ou le moment de cet oubli? Si l'on nous dit mystérieusement que derrière un mur il se passe « quelque chose », nous nous préparons vaguement à jirôter attention de tous nos sens à la fois à cet inconnu. Il y a des joies et des craintes sans causes, des désirs sans objets, des attentes d'on ne sait quoi, d'obscurs pressentiments qui donnent à la pensée de l'avenir sa couleur poétique.

§ 6. — Nous trouvons dans cette différence d'attitude en face de la sensation et de la tendance, l'origine première du contraste, si important pour notre thèse, entre le sentiment du réel et celui de l'irréel, du donné et du possible. Or cette opposition correspond

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trxacteinenl, croyons-nous, à celle que nous avons signalée entre raccommodation et Thabitude. L'accommodation nous est apparue comme Teffort de l\>rj^anisnie })om* rcimndre d'mie façon appropriée à celles des excitations externes qui intéressent notre défense et notre conservation. A Torif^ine, l'enfant s'aceonnuode de toute sa personne aux excitations vives cpii le sollicitent; aussi sont-elles pour lui tout le réel. Or, le besoin qui contrarie ou reclilie cette adaptation a toujours pour origine soit une disposition héréditaire, soit une acquisition antérieure, c'est-à-dire, de toute fa^on, une habitude, lue a donnée intérieure », si l'on peut dire, est toujours présente, qui favorise ou contrarie l'adaptation aux données externes. Le sentiment de l'irréel, source première du doute, n'est autre» chose, selon nous, que l'émotion propre à une attention habituelle qui cherche, sans le trouver d'abord, son objet coutuniicr.

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