‹ Essai sur l'évolution psychologie du jugementChapitre 47 sur 103 · II. LE DOrTK SECONDAIRE · texte numérisé non relu

II. LE DOrTK SECONDAIRE

ïijj. — La trausformation, parla mémoire, de ces états primaire en états secondaires ne saïu'ait manquer d\Mi couq)liquer profoudément la nature. Nous assis- Ions ici à l'éclosion du doute, et, après lui et par lui, de la croyance propreuu*Jit dite.

Il n'est pas, en i^lfel, besoin de beaucoup de irllexion pour reconnaître ([ue nos croyances sont, par rintervention du doute, réparties en deux classes l»ieu distinctes: celles (pii n'ont jamais subi l'épreuve du doute, et celles qui en ont triomphé. M. Baldwin (i)

( i) ilandh. of PsychoL, t. ii, p. i56.

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remarque avec raison qu'il y a quantité de choses dont nous n'avons jamais eu l'occasion de douter : Taffection de nos parents , Tautlienticité de notre naissance, de notre nom et de notre nationalité, notre existence, la nécessité de sortir vêtu, etc. Nombre de notions enseignées à Tcnfantpar l'autorité ou l'exemple présentent ce même caractère de réalité irréflécliie, caractère d'autant plus accentué qu'il s'agit de notions plus invérifiables. Les croyances religieuses en sont le type le plus parfait. Elevé dans des habitudes de piété, l'enfant croit aux anges, à la Vierge et à la présence réelle, sans que l'ombre d'un doute ait etUeuré son adhésion. Il y croit d'emblée, sans hésitation, parce qu'il a acquis l'iiabitude d'accepter intégralement les affirmations de ses parents et de ses maîtres (i). Il y croit comme à l'existence de Périclès ou de Clovis (2) ; il y croit même bien autrement, parce que ces leçons religieuses, docilement apprises, sont fortifiées tous les jours par des habitudes motrices, prière, agenouillement. Ainsi ces aflirmations s'incorporent sans contrôle à la conscience, et leur force vient précisément de ce qu'elles se sont mêlées étroitement au tissu de nos habitudes les plus intimes et les plus agissantes. A leur égard, l'enfant ou le primitif éprouvent le même « sentiment de réalité », c'est-à-dire la même sécurité dans l'attitude attentive, que le nourrisson à l'égard des très proches objets qui lui sont familiers. L'image naïve que l'enfant

(i) Nous renvoyons à dessein au chapitre suivant rexplication de cette docilité, qui est évidemment d'origine imitative et sociale.

(2) Une dame de notre connaissance nous affirme que, jusqu'à l'âge de douze ans, elle a cru que 1' « histoire» de France était lin conte à apprendre, comme 1' « histoire» de Peau d'Ane ou de Barbe- Bleue. C'est évidemment que 1' « histoire», comme les contes, se trouvait sans contact réel avec sa vie quotidienne.

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