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notamment la moelle allongée, sont aptes, dès avant la naissance, à produire les réactions nécessaires à lavie, circulation, sécrétions et excrétions, etc., qu paraissent répoiidre au type circulaire pur et simple, (i) Après la naissance, un grand nombre de réactions nouvelles sont encore subordonnées à l'exercice des centres inférieurs et d'un caractère purement mécanique. C'est ainsi que les vagissements du nouveau-né ont, d'après Kussmaul, (2) leur condition dans la moelle allongée, tandis que la région cérébrale du langage n'entrera qu'assez tard en exercice ; il n'y faudrait voir que des phénomènes connexes de la respiration, provoqués par la violence des impressions nouvelles, froid de l'air ambiant j rudesse des contacts, etc. .
Toutefois, la transition de la vie parasitaire à l'existence indépendante est trop brusque pour qu'il n'y ait pas lieu d'observer à la naissaujce d'intéressants phénomènes d'adaptation. Il faut, sous peine de mort, que l'enfant s'accommode au milieu. Mais ici, d'après une règle constante, les anomalies sont plus instructives que la règle. Il arrive que le corps de l'enfant, à la naissance, présente une rigidité cadavérique. La réaction respiratoire tarde à s'exercer. On sait qu'en ce cas l'accoucheur donne à l'enfant quelques tapes légères dans la région la plus voisine du cordon spinal, sur le dos. Il détermine ainsi une réaction motrice d'excès diffuse, et, précisément parce qu'elle est diffuse, cette réaction détermine, sauf accident, une première contraction des muscles thoraciques. Si
(i) Cf. P. Fleghsig, Etudes sur le cerveau, trad. franc, de L. Lévî, Paris, 1898, p. 66 et suiv. — Année psychologique, 1897, p. 345 et suiv.
(2) Ad. Kussmaul, Les troubles de la parole, trad. Rneflf Paris, 1884 ; P. Flbchsig, loc, cit.
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cette contraction secondaire réussit à ouvrir à Fair l'entrée des poumons, l'excitation nécessaire à la réaction respiratoire est assurée, et le rythme engendré pourra se perpétuer sans arrêt durant un siècle. Chez d'autres enfants ^ le réflexe de la succion tarde à s'éveiller. On peut y remédier, soit en faisant subir aux lèvres im mouvement rythmique, soit en habituant l'enfant à avaler du lait introduit artificiellement dans la bouche. Cette excitation est, pour le nouveau-né, d'autant plus violente qu'elle interrompt le rythme déjà acquis de la respiration. Il se produit alors dans la glotte un violent mouvement d'occlusion suivi d'une détente également forte, et, de proche en proche, ce rythme de déglutition se transmet à tout l'appareil buccal. En dehors de ces faits anormaux, il est possible d'observer sur le nouveau-né l'effet de la loi d'excès et la formation de l'habitude. J'ai observé sur mon propre enfant âgé de trois jours, qu'il suffisait, à l'heure de la têtée, de donner de petits coups léger avec im doigt sur la joue, sur le menton ou au au-dessous du nez pour provoquer im mouvement de succion tout aussi net que si Ton mettait le doigt entre les lèvres. L'excitation d'une partie quelconque de la région buccale se traduisait ainsi par une même réaction devenue habituelle. Au cours du deuxième mois, l'enfant ne s'y trompait plus.
§ 6. — De ces faits, nous pouvons tirer les conclusions suivantes :
10 L'adaptation suppose l'intervention d'une réserve nerveuse assez abondante pour se dépenser en ondes d'excès au-delà de la réaction proprement dite ;
2® Elle se greffe sur une donnée préexistante, sur une habitude. Le fœtus était déjà capable de mouvements d'ensemble. Ces mouvements se spécifient
^4 l'adaptation motrice simple
en mouvements respiratoires et le rythme respiratoire se spécifie à son tour en rythme de succion ;
3o Elle s'est faite en vue de fins utiles par le moyen de stimulations violentes, capables de susciter une vive réaction de tout l'organisme ;
4*» Elle se transforme elle-même en habitude.
Il en résulte que le nouveau-né n'est pas absolument l'être impénétrable qu'on est tenté de voir en lui. Sans doute, rien n'est inquiétant et mystérieux comme l'œil du nouveau-né. Il semble que ce petit animal aveugle et sourd soit im monde fermé, et qu'il échappe à toutes nos suggestions. Il n'en est rien. Il est possible, il est indispensable, en modifiant les excitations, de créer à volonté de bonne heure certraines réactions utiles. On habitue le nourrisson à avoir faim, à s'endormir à certaines heures. Cette dernière adaptation est particulièrement intéressante car elle nous donne la confirmation négative de la théorie. Le bercement des nourrices (i), un peu plus tard les chansons monotones, ont sans doute pour effet, grâce à la succession constante d'ébranlements à la fois égaux et variés, de noyer dans un flot d'impressions continues, les excitations prédominantes, causes de Finsomnie, comme une couleur vive s'éteint sous des hachures douces croisées en tous sens ; l'excès moteur cesse alors de se dépenser dans un sens unique ; la communication est ainsi rompue avec le monde extérieur au profit des réactions physico-chimiques assoupissantes du « milieu inté-
(i) M. Baldwin, qui a fait des expériences sur ses propres enfants, a obtenu dès la iln du premier mois le sommeil de sa ûlle en la couchant sur le ventre et en la frappant doucement dans le dos. Cette pratique devint bientôt, non seulement une provocation au sommeil, mais une condition de sa venue (Développement mental, etc., p. 99).
PÉRIODE POST-NATALE yS
pîeur » , pour reprendre l'expression de Claude Bernard • On cite de même Texpérience d'im sourd-muet paralytique et borgne qui s'endormait dès qu'on fermait son œil unique. Au reste ce retrait de l'énergie d'excès devient chez l'enfant une habitude, et l'on sait que, même chez les adultes, la meilleure façon de combattre l'insomnie est de ne pas attendre le sommeil, mais de se le « suggérer » par le contact du lit, la détente de la position horizontale, l'occlusion des yeux, le ralentissement de la respiration, etc.