‹ Essai sur l'evolution psychologique du jugementChapitre 14 sur 115 · O L ADAPTATION MOTRICE SIMPLE · texte numérisé non relu

O L ADAPTATION MOTRICE SIMPLE

serve que, quand ranimai touche un objet par divers points de son tentacule, tous les suçoirs viennent adhérer àTobjet. Nous saisissons ici sur le vif un premier cas de composition des réactions entre elles. La réaction du suçoir excité séparément représente le type de la réaction circulaire habituelle : mais Texcitationplus complexe, provenant d'un nombre plus considérable de contacts, provoque une réaction d'excès diffuse qui se traduit dans tout l'organisme par l'adaptation de tous les organes à une lin utile.

§ 4. — Celte indépendance des centres décroît, comme on sait, à mesure qu'on remonte la série animale, et l'on observe, en raison inverse de cette décroissance, une solidarité de plus en plus étroite des fonctions vitales. Chez certains vertébrés cependant, chez la grenouille notamment, on a pu segmenter graduellement le cordon cérébrospinal et observer la disparition, non pas soudaine, mais successive des diverses fonctions. Le réflexe cardiaque peut même persister plusieurs heures après que cet organe a été arraché. Le cœur du chien bat encore quand il est privé de toute communication nerveuse avec les centres supérieurs. Ce sont là, sans doute, des phénomènes de pure habitude nerveuse et rien n'autorise à croire, dans ces derniers cas, que le pouvoir d'adaptation subsiste encore. Nous trouvons, au contraire, un cas très remarquable de cette persistance dans la <3élèbre expérience de Pflûger sur la grenouille. L'expérience consiste, comme on sait, à dépouiller une grenouille de son cerveau, du cervelet et du bulbe rachidien, et à ne lui laisser du système nerveux central que le cordon spinal. On constate que l'animal vit encore et qu'il est susceptible de réagir avec vigueur contre les excitations violentes de la

L ANIMAL ET L ENFANT Jl

peau. Si Ton irrite avec un acide la cuisse droite, on voit rextrémité de ce membre essuyer vigoureusement la partie blessée. Mais si Ton recommence Texpérience après avoir coupé l'extrémité du membre îppité, on voit parfois, après quelques hésitations, le membre adverse suppléer à l'impuissance du premier. Ne semble-t-il pas ici que Thabitude soit singuliè-. rement dépassée et qu'il faille, en présence de mouvements improvisés avec une précision aussi soudaine, admettre chez im vivant si gravement mutilé quelque reste du pouvoir d'adaptation ? 11 est vrai que l'expérience, qui réussit rarement, ne peut-être entreprise que sur des sujets adultes, riches de toute révolution ancestrale et individuelle ; et peut-être Torganisme de ces derniers est-il déjà coutumier des substitutions de centre nerveux à centre nerveux, dont on retrouve tant d'exemples chez les vivants supérieurs et jusque chez l'homme, (i) Mais il n'en reste pas moins que l'habitude ne saurait à elle seule réaliser une adaptation appropriée à une excitation aussi exceptionnelle, et que Ténergie d'excès intervient encore chez la grenouille privée d'encéphale pour déterminer de nouveaux essais et appliquer une habitude à im cas nouveau.

§ 5. — Que va nous apprendre à ce sujet l'étude de Tenfant? On sait que, dans la période embryonnaire, les hémisphères ne recouvrent que tardivement l'encéphale moyen et le cervelet, et n'apparaissent pas encore propres à leur fonction organisatrice. En revanche, les appareils inférieurs de l'encéphale.

(i) Notamment dans Irs cas où Fusage normal de la parole reparaît sans que la région corticale affectée soit guérie.

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