CHAPITRE IV
L'ADAPTATION SENSORI-MOTRICE I. l'enfant au second mois
§ I. — Au cours du second mois, se produit chez Tenfant un changement qui frappe les moins clairvoyants. Que nous apprend d'abord à cet égard l'anatomie ?
Les travaux de Kussmaul (i) et de Flechsig (a) ont jeté quelque lumière sur la question si obscure de l'évolution cérébrale chez le nouveau-né. De ces études, il résulte que, chez l'enfant comme chez tous les vivants, les sensations viscérales précèdent toutes les autres, et que les « sens esthétiques », la vue et, plus tardivement, l'ouïe, apparaissent après les K sens chimiques », goût et odorat. C'est tlans cet ordre, en effet, que les fibres servant aux diverses sensations se revêtent de la myéline nécessaire à leur fonctionnement. Les fibres aboutissant aux centres corticaux de la vue et de l'ouïe ne se myélinisent qu'après la naissance. D'autre part, le cerveau arrivé à ce degré de développement, s'il est capable de dif*
(i) Untersuch. ueb. das Seelenleben des neugehor, Mmêvhfin. (a) Oavr.cité.
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férencier les sensations, ne peut encore les combiner, les intégrer. Il ne peut traduire chacune des données sensorielles dans la langue de l'autre, faute d'un organe d'association. C'est à cette élaboration des « centres d'association » qu'est affectée la période qui suit le premier mois de la vie de l'enfant. « Déjà au second mois de la vie,' écrit Flechsig (i), » de nombreuses fibres pourvues de myéline com- » mencent à devenir visibles, qui partent des centres » sensitifs pour se développer dans les parties envi- » ronnantes et s'y perdre.... Quelque opinion que » l'on ait sur leur signification fonctionnelle spéciale, » on ne peut leur refuser la propriété d'assurer » l'union des éléments nerveux constituant les diver- » ses régions corticales et, par là, d'établir entre eux » une uniformité d'action. A mesure que se développe » le nouveau né, il se forme dans les parties inter- » médiaires, des milliers et des millions de ces fibres » d'association, qui peu à peu s'accroissent en dehors » des sphères sensitives et des régions qui les avoisi- » nent. Plus tard enfin, dans les cellules de ces par- » tics intermédiaires, prennent naissance des fibres, » en particulier des fibres à ramification, qui.... vont » se terminer, en partie du moins, dans les sphères » sensitives du côté opposé.... C'est ainsi qu'on voit » se réunir des fibres ayant pour origine la sphère » de la vision et celle du tact, ou bien la sphère de » l'audition, celle du tact et celle dé la vision. »
§ 2. — Au point de vue psychologique, on reconnaît simultanément l'apparition évidente de la conscience, et celle de nouvelles adaptations motrices, provoquées notamment par les sensations de la vie
(i) Flecusig, p. 79.
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et de rouïe. Non pas qu'il faille retarder jusqu'à cette date l'éclosion de sensations tactiles et visuelles. Il est probable que celles-ci se produisent avant de se traduire sous forme de réactions. Mais ces réactions seules méritent de nous intéresser, car elles sont la première trace d'adaptation consciente, là forme la plus élémentaire du jugement.
§ 3. — A cet âge, en effet, Tenfant répond à des excitations différentes par des réactions , non plus diffuses, mais précises et localisées dans des organes distincts de Torgane sensible affecté. L'audition d'une voix familière le fait gesticuler ou gazouiUer, im objet lumineux lui fait tendre les mains et amène la convergence des deux axes visuels. En un mot, ses sensations, à mesure qu'elles se diversifient et s'enrichissent, provoquent des adaptations motrices si bien appropriées à leur fin, qu'on est tenté d'y apercevoir déjà la trace d'un choix intelligent.
Mais nous sommes loin encore d'être quittes envers la physiologie. N'oublions pas, en effet, que tout appareil sensible est pourvu d'un appareil moteur d'expansion et de retrait, et que, sous le nom d'accommodation, l'adaptation d'im organisme sensoriel à l'excitation extérieure est invariablement un phénomène musculaire. Les deux sens les plus indis- . pensables à la représentation, la vue et le toucher, doivent précisément leur perfection à l'exercice d'un.; appareil musculaire vif et délicat. La finesse . du toucher est proportionnelle à la mobilité des muscles aboutissants (i), et l'on sait l'extrême aisance
(i) Cf Wbber, Tastsinn u. Gemeinfàhl, Brunswick, i85i ; Kissow, Ueh, Vertheil, u. Empjindliehkeit der Tastpnnkte, dans : Philos. Studien, t. xix, p. 260 el suiv.
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des mouvements d'adaptation de l'œil. On peut donc prévoir que le système musculaire, réparti dans tout l'organisme, depuis la périphérie jusqu'aux viscères, saura, en bon courtier, assurer les transactions entre tous .les autres sens. Nous savons déjà qu'il subit à quelque degré toutes les réactions de l'excès d'énergie nerveuse caractéristique de la vie. Le grincement d'une plume contracte mes muscles faciaux, le déchirement d'une étoffe de soie me crispe jusqu'aux orteils. On conçoit donc qu'une impression , vive de n'importe quel organe puisse se traduire par une réaction de n'imf>orte quelle région musculaire, que le jaillissement d"une lumière éblouissante, par exemple, ou la production soudaine de l'obscurité fasse crier un enfant. Mais ce qui reste à expliquer, c'est qu'après les tâtonnements indécis des premières semaines, à telle excitation réponde régulièrement telle réaction. La réaction diffuse d'excès sera-t-elle capable de rendre compte de ce précieux progrès ? N'est-ce pas le lieu de faire intervenir, avec le discernement, la conscience ?
.. § 4- — Il n'en est rien,, et. la loi d'excès, n'a pas encore épuisé son effet. Considérons, par exemple, l'accommodation visuelle. Elle n'est, à ce qu'il semble, ni un acte instinctif, comme le croit M. Hœffding (i), ni une opération consciente. On peut admettre simplement qu'au nombre des mouvements diffus provoqués dans l'appareil musculaire de l'œil par l'excès d'énergie nerveuse, celui qui amène la convergence des rayons visuels doit se produire fréquemment. J'ai eu, pour ma part, Toccasion d'observer de près ces tâtonnements préparateurs deraccom-
(i) Esquisse (Tune Psychologie, trad. franc, de Poitevin, Paris, 1900, p. 1 54-155.
modation visuelle. Pendant le premier mois, mon enfant sembla ne s'intéresser qu'à l'intensité lumineuse des objets, indépendamment de leur distance et de leur forme. Au cours de la cinquième semaine, il lui arriva très fréquemment de loucher, quand on écartait ou rapprochait de ses yeux l'objet qu'il regardait (i). Il est plus que probable que ce croisement des axes visuels amena plus d'une fois les deux images à coïncider. Or, cette superposition des deux images, renforçant, comme on sait, Timpression lumineuse, doit être suivie de la décharge spéciale qui suit toutes; les adaptations heureuses. Si donc on admet, comme nous avons tenté de l'établir, que le propre des réactions circulaires est de tendre à renouveler l'excitation favorable, il est évident qu'après un certain nombre d'expériences, toute impression lumineuse se traduira par ime décharge spéciale, propice à la convergence des axes visuels.
n. APPARITION DE LA CONSCIENCE
§ 5. — C'est alors, mais alors seulement, croyonsnous, que le psychologue peut en toute sécurité admettre l'intervention de la conscience. Tandis, en effet, que nous n'apercevions chez l'enfant qu'un faisceau confus d'impressions où prédominait l'élément musculaire, et qui n'avaient d'importance qu'à l'égard dû bon ou du mauvais état des organes vitaux, nous le trouvons maintenant capable d'une différenciation radicale, entre impressions hétérogènes. Au contraire des premières impressions gustatives ou
(i) Cf pRBTBR, ouvr. cité, p. 33.
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olfactives, qui semblaient se fondre dans le courant des impressions vitales, les excitations lumineuses constituent pour l'enfant une classe spéciale d'impressions distinctes de la cœnesthésie, du jour où. il tourne régulièrement la tête vers la lumière et fixe avec prédilection les objets brillants. Car sur Tarrière-fond obscur de ses réactions vasomotrices, digestives, respiratoires, se détachent en clair relief, non plus seulement im, mais deux états vifs, contemporains, l'un musculaire, l'autre visuel. De ce jour donc, on peut affirmer qu'il saisit, par le dedans, à la fois une succession et une simultanéité, et qu'il a rompu ainsi avec la monotonie du rythme des premières impressions.
§ 6. — Un autre indice nous révèle ici l'éveil de la conscience. Les premières impressions du nouveau-né sont franchement utilitaires. Elle satisfont les besoins immédiatement impérieux d'un organisme tout constitué. Avi contraire, l'adaptation visuelle est déjà, dans son existence, un surcroît à la rigueur inutile, un luxe. Elle ne satisfait plus un besoin, elle cause simplement un plaisir. Le plaisir, tel est donc le premier élément de l'adaptation consciente. Nous retrouverons cet élément dans les plus hautes adaptations de l'esprit, dans le jugement le plus abstrait.
Il faut donc bien se résoudre à reconnaître, à un moment donné, l'existence du processus conscient. Ce coup d'Etat, sans doute, coûte au psychologue. Mais reconnaître n'est pas introduire. C'est, au contraire, un prudent aveu d'ignorance que d'attendre l'apparition d'im signe décisif pour tenir compte d'im facteur nouveau, dont le métaphysicien peut, d'ailleurs, faire remonter aussi haut qu'il voudra le rôle biologique. Au reste, si mystérieux que soit l'éveil d'une vie inté-
rieure au sein de phénomènes biologiques qui ne tarderont pas à en subir Finfluence, n'oublions pas que nous avons rencontré déjà Fanalogue du processus double, plaisir-douleur, dans les réactions d'expansion et de retrait, et jusque dans Fopposition des muscles d'extension et de contraction. Le plaisir est le signe constant des processus physiologiques favorables à Fexercice normal de la fonction ; la douleur dénonce les processus physiologiques hostiles à la fonction. Le rapprochement est trop banal pour que nous insistions. Tout ce qu'il importe d'en retenir, c'est la subordination des deux processus, musculaire et émotif, à la loi d'excès. Non seulement le plaisir n'apparaît que là où il y a dépense normale d'une énergie d'excès, mais, comme toute réaction heureuse, il produit une exaltation de l'énergie centrale, et, par là, favorise le retour des accommodations de l'organisme aux excitations favorables. Il est à la fois signe et source de dépense efficace, effet et cause du bien-être (i).
§ 7. — L'éveil, une fois constaté, de la conscience du plaisir et de la douleur est le signal d'adaptations infiniment plus variées et plus efficaces.
Un enfant de quatre à cinq mois aperçoit un obj et brillant, par exemple, un hochet garni de grelots d'argent poli. Il s'en empare et l'agite. Ce cas d'adaptation est
(i) U n'y a pas lieu ici de discuter la nature et le rôle biologique du plaisir et de la douceur. Dans les organismes supérieurs, des adaptations compliquées peuvent modifier et, en un sens, corrompre si bien tel sens particulier, que celui-ci recherche des satisfactions nuisibles à l'ensemble (alcoolisme, morphinomanie, érotomanie, etc.). Mais on peut soutenir que, même ainsi dépravé, chaque sens recherche le bien qui lui est propre, et Malebranche avait raison de dire qu'en un sens le pécheur lui-même cherche un aspect du bien absolu et tend à se rapprocher de Dieu. (Recherche de la Vérité, Uvre IV, chap. i, § 4.).
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beaucoup plus complexe déjà que raccommodation de l'œil. Il suppose rentrée en exercice d'un appareil moteur tout à fait distinct de l'appareil visuel. Aussi ne saurait-on admettre que l'enfant s'élèvera d'emblée à cette opération difficile. Or un très grand nombre de mouvements des membres supérieurs se sont déjà trouvés associés accidentellement à des impressions visuelles vives et agréables, notamment la vue et le toucher du biberon ou du sein de la nourrice. Nous ne pouvons donc, ici encore, prétendre décrire un commencement absolu. Contentons-nous d'examiner le fait à la lumière de notre théorie. Nous trouvons :
i^) Une excitation visuelle vive et plaisante ;
20) Une réaction diffuse d'autant plus vive que l'excitation est plus agréable ;
30) Une dérivation de cette énergie d'excès dans les canaux déjà tracés par d'anciennes réactions heureuses (ici l'habitude motrice des membres antérieurs) ; d'où rencontre de l'objet ;
4*^ Une excitation tactile agréable (plaisir du contact d'un objet poli) ;
5*> Une nouvelle réaction diffuse particulièrement répartie dans les bras en vertu des habitudes déjà acquises ; appréhension de l'objet ;
6° Excitation musculaire agréable (plaisir de l'effort facile) ;
70 Réaction diffuse : l'enfant agite le hochet ;
&> Modification daiis l'impression visuelle (plaisir du changement) et, si le hochet porte des grelots, vive excitation auditive ;
90 Réaction diffuse générale : l'enfant trépigne, crie ; circulation rapide, respiration plus active, etc.
§ 8. — Pour détaillé que soit ce tableau, on pourra le trouver incomplet. Ne manque-t-il pas, entre les
moments 2 et 3, un intermédiaire, le plus important même, à savoir le lien psychique qui rattache le mouvement du bras à la sensation visuelle ? C'est précisément ce lien que Bain, Spencer et bien d'autres encore ont cherché dans l'association. Quoi de plus simple en apparence ? Grâce à des accidents heureux^ certains mouvements antérieurs (par exemple une contraction des muscles du bras et de la main) ont procuré une sensation agréable (par exemple le bruit du hochet ou son déplacement dans le champ visuel). Le souvenir de ce plaisir s'associe, dans la conscience, à la fois au souvenir du mouvement qui l'a provoqué, et au souvenir des circonstances extérieures (vue du hochet) où il s'est produit. Le retour de ces circonstances suggère à l'individu la réédition du mouvement, et la répétition de ce processus fixe solidement cette adaptation nouvelle sous forme d'habitude.
Cette interprétation ne nous paraît pas exacte. Elle a d'abord l'inconvénient de faire intervenir prématurément un état psychique complexe, le souvenir, dont on ne peut, à l'aube de la vie intérieure, se faire une idée vraiment claire. Cn ne peut guère admetttre que , chez l'enfant de cinq mois , un mouvement musculaire s'effectue en vertu de la représentation intérieure de ce mouvement et du plaisir qui pourra en résulter. Pense-t-on, par exemple, que le chant de la nourrice provoque Vidée du sommeil, ou même que la vue du hochet rappelle le souvenir du son argentin des clochettes et celui du mouvement propre à saisir et à agiter le hochet? D'autre part, ainsi que le remarque justement M. Baldwin(i), le plaisir n'est pas, dans l'espèce, attaché au mouvement même de préhension, mais aux modifications organiques internes
(1) Ouvr. cité, p. i63 et suir.
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dont ce mouvement n'est que Tantéeédent ou le conséquent. Bien plus, le mouvement peut faire défaut sans que le plaisir soit modifié. C'est ainsi que l'enfant pourra manifester le même plaisir si on lui met le hochet dans la main ou si on l'agite devant lui. On ne conçoit guère, dès lors, que le souvenir d'un mouvement, qui n'a été qu'un incident dans l'ensemble du processus, réussisse à lier invariablement certaines perceptions à des réactions invariables.
L'objection est plus frappante encore si l'on examine le fait sous son aspect négatif, c'est-à-dire la réaction produite par la douleur. On connaît le « schème » classique de Meynert. Un enfant approche son doigt de la flamme d'ime bougie; il le retire, et, si une expérience n'a pas suffi, il ne faudra pas la renouveler souvent pour lui apprendre à se méfier du feu. Mais le résultat sera le même si la douleur ne provient pas d'un mouvement, si, par exemple, c'est la bougie qui est tombée sur la main de l'enfant. L'enfant apprend ainsi très vite à détourner la tête pour éviter la cuiller pleine d'un remède amer. On ne saurait évidemment, «n ce cas, expliquer l'adaptation sensori-motrice par l'association qui se produirait entre le souvenir d'un mouvement accidentel et celui d'une réaction agréable ou pénible.
§ 9. — L'explication est très simple , au contraire, si l'on se contente de recourir au principe de l'excès moteur, complété par la loi des effets dynamiques du plaisir et de la douleur. En effet, ce ne sont pas des mouvements quelconques qui procurent plaisir ou douleur ; ce sont ceux qui ont pour l'organisme une signification favorable ou hostile, parce qu'ils créent entre lui et le milieu ime relation utile ou malfaisante. Nous pouvons donc redire ici.
sans modification essentielle, ce que nous énoncions déjà à propos de la cellule : les mouvements d'expansion, caractérisés maintenant par le plaisir, accroissent les processus centraux et tendent à renouveler les excitations favorables à l'organisme . Parmi les décharges motrices, multiples et variées, que provoque le plaisir, celles-là seules tendront donc à la répéti-^ tîon qui ont réussi à hâter le retour de la sensation. L'enfant tend les bras vers son hochet, non pas parce qu'il se souvient du geste qu'il convient d'accomplir pour le saisir , mais parce que le succès d'un geste antérieur de préhension dérive de préférence versles^ membres antérieurs l'énergie d'excès mise en liberté par une sensation visuelle agréable. Et la douleur suscite le processus inverse. Malgré l'apparente énergie des réactions diffuses qu'elle engendre, elle produit, dans les profondeurs de l'organisme, le repliement des forces d'excès en une attitude de réserve et de défense, et favorise ainsi les seules réactions qui éloignent ou raréfient l'excitation.
On peut ici noter, en passant, l'exagération de la thèse poétique qui fait de la douleur l'éducatrice du genre humain et l'ouvrière impitoyable du progrès» On connait les vers sombres de Virgile :
« Pater ipse eolendi » Haud faeilem esse viam voluit, primusque per artem » Movit agros, curis acuens mortalia corda, » Nec torpere gravi passus sua régna veterno. » (i).
En fait, l'enseignement de la douleur est purement négatif. Un être qui n'éprouverait du besoin que l'angoisse et la peine ne tarderait pas , après des soubresauts confus, à tomber dans une inerte apathie^
(i) Géorgiques, I, i3i-ia{.
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présage de mort à brève échéance. Seul, le plaisir, au ^ens large du mot, est Taiguillon deSl'effort créateur, car c'est lui qui donne son sens à la douleur même et la justifie quand elle est consentie ou^oulue.
§ lo. — En résumé, l'adaptation sensori-motrice nous a paru se ramener au processus suivant : sur un fond d'habitudes héréditaires, ou acquises durant les toutes premières semaines, certains états conscients complexes, agréables ou pénibles, ont dessiné des tendances nouvelles propres à assurer des relations utiles entre l'organisme psycho-physiologique et un milieu plus ample et plus riche en sources d'émotions. Dans ce travail de différenciation, nous retrouvons la confirmation du rapport reconnu plus haut, entre l'habitude et l'adaptation, celle-ci grossissant Infatigablement les réserves de la première. Quant à la conscience, nous ne lui avons reconnu encore^ qu'un pouvoir affectif et dynamique : le plaisir fortifie l'énergie de l'excès moteur et en précise la puissance de sélection. On peut, pour marquer la coïncidence de cet exposé avec d'autres théories, donner le nom d'attention primaire, ou d'attention réflexe, à ce premier acte de conscience lié à un {processus sensorîmoteur. Avec l'attention secondaire et la représentation, nous allons parcourir luie nouvelle et importante étape.