‹ Essai sur l'evolution psychologique du jugementChapitre 49 sur 115 · IJO DOUTE ET CROYANCE · texte numérisé non relu

IJO DOUTE ET CROYANCE

dès lors, comme il Test dans le langage vulgaire, synonyme de «croire» et, en ce cas, la définition n'est-elle pas entachée de pétition de principe? A plus forte raison, cette définition ne saurait-elle valoir de la croyance naïve. Dans la croyance vulgaire, si tenace, à Texistence de corps sonores et colorés, n'entrent que des éléments intellectuels très confus. La force de la croyance n*est certainement pas, en ce cas, dans la perception dHm rapport d'identité entre une image et un objet. Le bon sens n'est pas si fin psychologue.

§ 2. — Il est, au reste, impossible qu'une délmition de la croyance ne préjuge pas de la théorie qu'on en veut proposer. Peut-être est-il plus simple, en bonne psychologie, d'éviter provisoirement toute définition, et de rappeler simplement le contraste qui existe entre la croyance et son contraire. Je croîs que la terre est habitée, je doute si Mars l'est aussi; je crois que le soleil se lèvera demain ; je doute s'il en sera de même dans cent millions d'années; je crois que la peine de mort doit être rayée de nos codes modernes ; je doute si elle contribue à retenir les mains criminelles. Le véritable contraire de la croyance est donc le doute, et non la négation. Croire qu'uJi jugement est faux est encore une affirmation.

§ 3. — Faut-il maintenant ne considérer la croyance et le doute eux-mêmes que comme autant de formes particulières du jugement? C'est à cette conclusion qu'aboutit évidemment la logique traditionnelle qui, dans la classification des jugements, inscrit les jugements « problématiques » à côté des jugements « assertoriques » et « apodictiques » ; et la logique, une fois de plus, reproduit ici la tradition grammaticale qui n'établit pas de différence verbale entre des

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