‹ Essai sur l'evolution psychologique du jugementChapitre 5 sur 115 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

§ I. — L'instrument le plus habituel de la pensée réfléchie est la parole. Aussi, quand le psychologue se demande à lui-même : Qu'est-ce que juger ? et se propose l'examen de quelques types de jugement, les modèles qui se présentent à son esprit sont presque nécessairement des affirmations sous forme verbale : « La terre est ronde, l'origine de la vie est un mystère. »

Il est d'ailleurs évident, a première vue, que, si la parole est peut-être indispensable au jugement, elle ne le constitue pas tout entier. Une affirmation n'est pas une liaison de termes vides de pensée ; elle énonce ce qu'on croit être la vérité, et, si l'on retient de la vérité cette définition classique : « l'accord de la pensée avec son objet », on peut, semble-t-il, caractériser le jugement : l'affirmation de l'accord du sujet pensant avec l'objet pensé.

§ 2. — Cette définition, toute provisoire, répond sans doute assez bien à la conception populaire qui fait de juger le synonyme de croire. Mais il suffit d'un rapide

'Cxamen pour se rendre compte que, sous son apparente simplicité, cette formule dissimule mal de graves difficultés et conduit à deux nouveaux problèmes.

D'une part, le sujet pensant n'est pas, dans l'expérience, — ce qu'il est peut-être à un point de vue métaphysique, — un absolu qui se laisse définir, une substance qu'on apercevrait à travers ses modes. C'est un ensemble extraordinairement complexe d'états présents, de souvenirs et de tendances, de modes actuels, relativement peu nombreux et circonscrits, et de possibilités innombrables et flottantes. Et, dans cet ensemble, le caractère de subjectivité est très inégalement réparti. Ma connaissance du monde sensible et social, mes notions scientifiques sont loin dem'être <( intérieures » au même degré que mes convictions morales et mes émotions d'art. Dire que ce moi, dont le centre m'échappe aussi bien que les contours, affirme son accord avec un objet, est, sinon un pur non-sens, du moins une définition beaucoup plus obscure que le défini.

D'autre part, l'objet pensé n'est pas davantage un absolu simple et définissable. Par une série d'abstractions nécessaires, nous découpons dans le monde de l'expérience externe ou interne, des objets de pensée plus ou moins complexes : arbre, pesanteur, humanité. Mais, en tant qu'ils relèvent de l'espace et sont régis par des lois universelles, ces objets appartiennent à un milieu continu dont on ne les isole que d'une façon tout artificielle, pour la commodité de la réflexion et du langage ; et, en tant qu'ils sont connus dans le temps, il nous apparaissent, — ainsi que nous le verrons plus tard avec plus de détails, — comme des condensations d'un nombre variable d'expériences antérieures, de sorte que, dans l'objet, quel qu'il soit, d'une croyance, il n'est guère possible de discerner

ce qui est donné de ce qui est retrouçé, ce qui est €i{m(re» de ce qui est déjà amoiyy. Ce que j'appelle objet est déjà mien dans une certaine mesure. En d'autres termes, il n'y a pas plus, dans Texpérience, d'objet pur que de sujet pur ; et si ces deux termes, discernés par le logicien, peuvent lui suffire à définir le jugement, le psychologue est tenu de pousser plus loin son analyse.

§ 3. — Mais de ces considérations mêmes, nous pouvons retenir des indications importantes. Si le sujet pur et l'objet pur nous échappent également, de l'un et de l'autre nous avons luie représentation ; or, que je les attribue ou non au moi, mes représentations sont également des contenus de ma conscience, et personne, sans doute, ne contestera, que le jugement normal ne consiste en l'accord de certaines représentations dans la conscience. Si, regardant ma montre, je dis : « Il est trois heures », j'énonce l'accord établi dans ma conscience entre l'image visuelle de la disposition des aiguilles sur le cadran et la notion habituelle que j'ai de la division du temps.

Ainsi, tout jugement implique une représentation multiple. Mais il est évident qu'il ne saurait s'y réduire. Juger et avoir conscience sont deux. Deux voyageurs sont assis dans un même compartiment. Tous deux se taisent et semblent suivre des yeux le décor mouvant qui se déroule sans fin devant eux. Mais l'un, fatigué, absorbé, insensible peut-être au pittoresque de la route, voit sans regarder. Les impressions se succèdent sur sa rétine, monotones et indifférentes, aussi confuses que les mille bruits du train en marche qui se succèdent dans son oreille. L'autre, artiste, géologue ou simple touriste, épie, observe et distingue dans le panorama certaines qualités ou

caractères : il admire riiarmonie des lignes et des couleurs, reconnaît la nature des roches, combine un plan d'excursion. S'il est de tempérament expansif, il traduit ses impressions par des gestes, des exclamations, des phrases entières. S'il aime à fixer ses souvenirs, il crayonne quelques mots sur un carnet. De ces deux consciences, l'une a été le théâtre de simples représentations, l'autre l'auteur de jugements,

§ 4. — Sufïîra-t-il, pour caractériser ces deux attitudes, de recourir à la distinction, chère à l'Ecole anglaise, des « états forts » et des « états faibles ? » Dira-t-on que les impressions vives, nouvelles, sont comme un appel qui provoque la réponse de l'organisme physique et mental, à la différence des représentations incolores et fugitives qui laissent l'esprit inerte ? Nous aurons plus tard à insister sur l'importance capitale de l'attention dans la formation de la croyance. Mais il suffît, pour dénoncer l'insuffisance de l'explication fondée sur la différence intensive des états de conscience, de rappeler que, chez l'adulte au moins, — seul vivant que l'ancienne psychologie ait observé avec quelque méthode, — certains états très « forts » abolissent précisément ou amoindrissent la faculté déjuger. Telle est la peur, qui affole et rend impossible toute appréciation saine du danger et des moyens de s'en défendre. Les plus hautes jouissances de l'art, « l'extase » musicale, les transports du mystique, l'accablement des grandes douleurs (i), comme la stupeur des joies trop fortes, n'entraventelles pas le libre exercice de la réflexion et du juge-

(i) Cf. l'admirable pièce de Suliy-Prudhomme, le Dernier Adieu t

« Quand Têtre cher vient d'expirer,

On sent obscurément la perte....

La stupeur clôt l'âme et la Louche. »

ment? Le plus fort et le plus riche des sentiments, Famour, n'est-il pas de tous celui qui se dérobe le plus jalousement à l'analyse et à Texpression ?

Il resterait d'ailleurs à déterminer la nature du lien qui, dans le jugement, unit les états forts. L'Ecole anglaise ne s'est pas fait faute de chercher cette explication dans le principe habituel qui domine toutes ses théories, dans l'Association des images et des idées. « Lorsqu'une impression nous devient présente, dit Hume dans le célèbre chapitre des Causes de la croyance, non seulement elle fait passer l'esprit aux idées qui sont en relation avec elle, mais encore elle leur communique une partie de sa force et de sa vivacité » (i).

Kant (2) et Stuart Mill lui-même (3) ont fait définitivement justice de cette explication, bien que la méthode critique ait conduit le premier à laisser de côté toute théorie proprement psychologique du jugement. Il est clair que l'appel mécanique d'une représentation à l'occasion d'une autre ne saurait constituer une affirmation, une croyance. Stuart Mill remarcjue avec raison que nous pouvons très bien, par association, concevoir les choses d'une manière et les croire d'une autre ; c'est ainsi que le mouvement apparent du soleil autour de la terre, fixé dans notre imagination par de très vieilles habitudes, ne nous empèclie pas d'affirmer que la terre tourne autour du soleil. L'association constitue une série purement subjective, soumise aux hasards de l'expérience jour-

(i) Traité delà Nature humaine, trad. Renouvier et Pillon, p. i34. Cf. J. Mill, Analysis of Haman Mind, t . I, chap. xi.

(2) Raison pure, trad. Barni, p. 168-170.

(3) Notes de l'ouvrage de J. MiU cité ci-dessus. Cf. J. Sully, Belief, dans Sensation and Intuition, Londres, 1874, P- 7^ et sui- Tantes. — Fr. Paulhan, L'Activité Mentale, Paris 1889, p. 402 et suiv.

nalière et aux caprices de la mémoire ou de Timagination. D'autre part la série des représentations évoquées par association s'écoule indéliniment, comme il arrive dans la rêverie ; le jugement, au contraire, nous apparaît comme un arrêt dans la série des associations possibles. Quand je dis : « La terre est ronde », j'exclus de tout contact avec l'idée de terre les autres formes géométriques. Mais celles-ci peuvent, par association, se présenter en même temps à mon esprit, si bien que je puis parfaitement, en affirmant que la terre est ronde, imaginer des planètes cylindriques ou pyramidales (i). Ainsi, l'affirmation n'ajoute ni n'enlève rien au contenu de la série des images et des idées. Elle énonce simplement une attitude nouvelle de l'esprit à l'égard de cette série.

§ 5. — En quoi consiste cette attitude? Dans l'exemple choisi, qui répond à la plupart des cas de jugements complets, elle implique, comme nous le disions au début de ce chapitre, une énonciation verbale, et la question a été posée de savoir si la liaison des termes, si la proposition ne serait pas un élément indispensable du jugement. Personne, sans doute, n'est plus t3nté de soutenir, avec Hobbes, que le jugement consiste simplement en une conjonction ou une séparation des mots. Mais les théories nominalistes modernes de l'idée générale aboutissent nécessairement à une théorie nominaliste de l'affirmation : Point de concepts sans images verbales, point de pensée sans langage (2).

(i) C'est ce que rallemand exprime énergiquement par le terme Abschluss, qui signifie à la fois clôture et afflrmation, à peu près comme le français conclusion, Platon disait déjà du jugement qu'il limite : nepa/vst (Sop/i., 262 d). — Cf. Paulhan, ouv. cité, p. 248.

(2) Max Muller, Das Denkcn im Lichte der Sprache, chap. 11 et IV, Leipzig, 1888, p. 70-115, 139-164. — Taine, De r Intelligence, livre I, chap. II et III.

Or, on ne saurait trop se garantir contre cette illusion nominaliste , singulièrement forte de Tintérêt accordé par la logique à la proposition. S'il est entendu, depuis Aristote, qu'on ne peut penser sans images, ce vêtement matériel, qui précise les contours de toute pensée, est-il toujours et nécessairement le le langage? Preyer a reconnu de bonne heure chez Tenfant une «logique sans paroles », qui précède de beaucoup le développement intégral du langage. L'enfant qui se détourne avec vivacité de la bougie à laquelle il s'est brûlé la veille, n'a-t-il pas opéré un véritable jugement de reconnaissance (i) ? Chez l'adulte même, est-il impossible d'observer dans l'expérience familière une logique muette des images et des mouvements ?

§ 6. — Je me promène seul à travers champs, et je m'arrête une seconde au bord d'un fossé plein d'eau que je dois franchir: j'en « apprécie » la largeur, je « mesure » mon effort et j'arrive sans encombre sur l'autre bord. Je joue au billard et, en silence, je « calcule » la direction et la force de l'impulsion que je vais donner à ma boule. Dessinateur, « j'évalue » la dimension que chaque détail devra recevoir dans mon esquisse pour prendre place à son plan respectif. Professeur, je corrige des copies d'élèves et je les « classe » d'après un ordre que je crois juste. Ces opérations, à n'en pas douter, impliquent, non pas un acte, mais une série d'actes silencieux, de jugements, au sens rigoureux de la définition classique, car elles réalisent un accord entre un sujet pensant et un objet aperçu.

(i) Prryer, Die Seele des Kindes, 4* édition allemande, Leipzig, 1895, p. 234 et suiv. Cf. p. 241 et suiv. les observations sur les enfants sourds-muets.

D'autres fois, ce Jugement muet implique un déroulement, en apparence tout intérieur, d'images visuelles. Au moment où j'écris ces lignes, vers neuf heures du matin, au bord de la mer, le ciel, radieux depuis l'aurore, commence à se charger à l'ouest de lourds nuages gris qui s'avancent lentement vers la terre ; je me rends très nettement compte qu'à cette heureci, la marée est au plus bas, et qu'aujourd'hui, comme les jours précédents, le flot montant va sans doute démentir les promesses du matin et amener im cortège de «grains», de vent glacé et de pluie; je songe même que nous touchons à la pleine lune, et que le temps irrégulier et maussade de cette semaine durera sans doute jusqu'à la grande marée prochaine. Voilà une série de jugements complexes. Je puis affirmer cependant qu'aucmi d'eux ne s'est déroulé en moi sous forme de proposition. Si les mots : pleine lune, grande marée, ont confusément bourdonné dans mon oreille, je m'aperçois clairement que cette « parole intérieure » n'a pas constitué toute ma pensée. Elle s'est insérée simplement dans le tissu des représentations, visuelles pour la plupart, qui se sont succédé dans ma conscience, comme les fils d'une broderie s'insèrent dans la trame du canevas.

Il est vrai que, pour communiquer ces affirmations à mon lecteur, les mots se présentent maintenant et s'enchaînent sans effort ; et la clarté, la cohésion des représentations verbales est telle que j'ai peine, après avoir énoncé ma pensée, à en reconstituer intégralement le contenu purement visuel. Aussi n'avons nous garde de contester la double fonction du langage verbal : fonction sociale, puisqu'il est de beaucoup le plus puissant instrument de communication de la pensée, — fonction individuelle, en ce sens qu'il immobilise en formules stables mes pensées les plus

fuyantes et les rend, à mes propres yeux, plus claires et plus résistantes. Mais il n'en reste pas moins que ma puissance de juger déborde les moyens d'expression que me fournit le langage. Tous ceux qui, sans posséder à fond une langue étrangère, sont cependant en état d'exprimer couramment les idées les plus familières de la vie quotidienne, connaissent bien l'état d'esprit qui se produit quand un mot vient à leur manquer. L'énonciation du jugement est brusquement arrêtée, mais non pas le jugement lui-même, et le plus souvent, en vertu du pouvoir qu'ont les mots d'une même langue de s'attirer, de se ^^nîr entre eux, ce n'est pas le terme correspondant de la langue maternelle qui se présente pour combler cette lacune, mais une image visuelle ou auditive, ou le sentiment d'une tendance, qui pourront se traduire par une mimique appropriée. Il arrive, au reste, que tel mot de notre propre langue, terme technique, philosophique, parfois même expression des plus familières, nous échappe soudainement au cours d'une conversation animée, sans que le courant de la pensée en soit immobiUsé. Bien au contraire, l'effort pour retrouver, au besoin pour créer l'expression adéquate, active la succession des représentations et en multiplie la variété. — Et quelles sont, en définitive, les affirmations que nous avons le plus de peine à traduire par des mots ? Ce sont précisément celles qui sont vraiment nôtres. Les banalités de la vie courante : formules de politesse, lieux communs de la politique, de la morale et de l'esthétique, questions familières de métier ou de commerce, s'expriment sans effort et mécaniquement. C'est quand, au contraire, à nos risques et périls, nous prenons l'initiative de l'affirmation, que parfois les mots et les tournures viennent à nous manquer. De là les tâtomiements de l'improvisation,

les lenteurs et les perpétuels recommencements de récrivain original, et, sans doute aussi, les hésitations du penseur que décourage la nécessité de fixer par des mots une pensée toujours mobile : cogitationes çolant, scripta marient, (i)

§ ^. — Qui ne voit qu'ainsi débarrassé de ses limites verbales, le domaine du jugement s'étend hors de la pensée abstraite et réfléchie à toute l'activité mentale ? Les actes que nous prenions pour exemples : saut du promeneur, mouvements du joueur de billard et du dessinateur, et cent autres analogues, sont bien, comme le jugement, des attitudes intelligentes prises par l'esprit en face des choses. Faut-il donc étendre cette remarque à tous les cas analogues^ et apercevoir un jugement dans tous les gestes heureux, dans tous les mouvements appropriés à une fin ? Peut-on, en un mot, négligeant le caractère représentatif de toute affirmation, n'en retenir que la manifestation motrice ? Peut-on définir le jugement une action ?

Préoccupé d'un souci pratique ou absorbé par un problème abstrait, je parcours, dans une grande ville, une rue qui m'est familière. Je ne perçois clairement qu'un très petit nombre des qualités des objets qui m'entourent, tout juste le minimum indispensable à l'orientation et à la régularité de mes mouvements. Je descends un trottoir, contourne un arbre, et, à moins de distraction complète, m'en-

(i) Descartes a médité sa « méthode » pendant dix-huit ans. La préparation de V Apologie inachevée de Pascal a rempli au moins les dix dernières années de sa vie. Montesquieu a mis vingt ans a écrire V Esprit des Lois ; Kant, dix années à achever la Raison pure qu'il n'a publiée qu'à 67 ans. Cf. à ce sujet, V. Egger, La parole inté^ rieure. chap. v, § 4 et 5.

gage au moment opportun dans une rue transversale. La complexité précise des mouvements accomplis n'a d'égale que la simplicité obscure des états de conscience correspondants. Pure habitude, dira-t-on, mécanisme analogue à l'instinct de la bète qui regagne son gîte. Nous le voulons bien, si l'on consent à accorder à ce terme d'habitude la valeur et le caractère d'une véritable opération mentale. Car cette habitude comporte une richesse d'adaptation et une souplesse qui la différencie du mécanisme pur. C'est ainsi que l'habitude de circuler à travers la foule servira au Parisien de passage à Londres ; dans son quartier même, d'ailleurs, il ne rencontre pas exactement à la même place les mêmes badauds ni les mêmes liacres. De leur côté, le pianiste qui déchiffre à première vue, le peintre qui dessine sûrement un portrait nouveau, ou simplement l'enfant qui lit sans hésiter une leçon nouvelle, accommodent constamment une disposition, un pouvoir intérieur à l'excitation du moment. Entre cette accommodation active et l'attitude mentale qui constitue l'afRrmation, aperçoit-on aucune différence essentielle ?

A vrai dire, les exemples ne prouvent rien, et l'on doit convenir que l'assimilation dujugement à l'action paraît autrement artilicielle quand il s'agit d'affirmations abstraites et sans application concrète immédiate, telles qu'une formule algébrique ou une sentence morale. Ce sera précisément l'objet de ce travail^ d'établir que l'adaptation de l'esprit aux choses ne se borne pas à établir entre l'organisme et les résistances extérieures les relations les plus efficaces,. mais que les images, les souvenirs, les habitudes individuelles et la vie sociale créent autour du moi, en quelque sorte, une série de milieux secondaires auxquels le sujet doit s'accommoder sans trêve ni relâche.

Si donc, au total, le jugement ne se ramène ni au jeu mécanique des représentations, ni à Tagencement coutumier des mots, c'est qu'il est, à nos yeux, une attitude active, un geste, achevé ou ébauché, visible ou eJIacé, peu importe, mais réel ; c'est qu'il est, comme toutL* attitude, une réaction défensive ou agressive de l'organisme contre mi milieu ambiant plus ou moins proche, ou une attitude également active de l'esprit à l'égard de ses propres modifications internes ; — et c'est cette attitude qu'il s'agit d'expliquer, c'est de ce geste qu'il nous faut retrouver le mécanisme.

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