‹ Essai sur l'evolution psychologique du jugementChapitre 56 sur 115 · CBOYANCH AU MONDE EXTERIEUR · texte numérisé non relu

CBOYANCH AU MONDE EXTERIEUR

% 1- — L'adaptalion motrice inslitue tout d'iiboid la croyance vulgaire à rexistenee du monde extérieur. Celle exislcnce ne larde pas à devenir chez reniant autre chose que le vague sentiment de réalité propre aux sensations non contrariées. Toutefois, elle demeure bien différente de la croyance conceptuelle que le philosoplie [leut avoir en l'existence objective de Ibrces ou de substances. Sans doute , si je demande à un homme d'intelligence moyemie, mais satis éducation philosopluque. ywuiquoî il croit qu'en son absence sa maison resle réellemeul telle fju'il la voit en imagination, verticale, rigide, hlanclie, percée de fenêtres, divisée en chambres, il cherchera, pour peu qu il comprenne le sens de la que si ion, des arguments de raison pour justifier sa croyance, II invoquera, sous vme forme plus ou m* uns embarrassée, la véracité des sens, laconslance de leurs données. Mais, en fait, celle dialectique inventée après coup n'entre pour rien dans sa croyance proprement dite, A tel

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point que, si la question est posée à un esprit sans culture ou à un enfant, même intelligent, elle lui semble absurdité pure. La raison abstraite ne discute pas les croyances qu'elle-même n*a point établies.

§ 2. — Et cependant, la croyance au monde extérieur suppose un doute préalable, mais un doute dénué de tout caractère rationnel, ce doute primaire, si Ton peut dire, que nous avons défini par Toscillation de l'attention . A l'origine, disions-nous, la réalité se confond pour Tenfant avec ses propres impressions. Mais, en face de ces impressions variables, le besoin se révèle, préformé par Thérédité ou Thabitude, et permanent. Que le stimulus propre à satisfaire le besoin soit absent, — que le biberon, soit vide, par exemple, — voilà la lutte engagée, entre les sensations auxquelles Tattention réussit à s'adapter et les efforts de l'attention qui se débat dans le vide. Or d'une part, le retard de la satisfaction ne peut qu'exaspérer le besoin. Mais si, d'autre part, le stimulus utile s'offre enfin, il distrait aussitôt l'attention des représentations indifférentes et corrobore la nouvelle adaptation de toute la force du plaisir ressenti. Dès lors, ces excitations, toutes les fois qu'elles se produiront, — elles-mêmes ou leurs analogues, — prendront un relief et un coloris plus saisissant ; à leur égard, l'enfant ne tardera pas à éprouver un sentiment tout spécial de « réalité », c'est-à-dire, encore une fois, une aisance toute particulière de l'attention à s'y adapter. Qu'on observe un enfant ou un jeune chien en présence d'une glace ; ce redoublement des images divise d'abord leur attention d'une façon parfaite et ils tendent à se comporter vis-à-vis de l'image réfléchie de la même façon qu'à l'égard du modèle. De là, l'amusante indécision de leur attitude. Mais, de ce reflet insaisissable, ils

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