Voir Hom., lliad., VII, v
32. Voir Ueuzey (Extrait des comptes rendus de V Académie de Vinscrip., 1892, p. 262-274).
33. Au dire de M. Delitzsch, qui s'est occupé plus spécialement de la question (Die Sprache der Cossàer, Leipzig, 1884), la langue des Kasdes ne ressemblait ni à l'arien, ni à Talarodien, ni au sémite. Mais lorsque ce peuple est devenu maître de la Babylonie, il doit avoir adopté la langue qui alors était en usage dans le pays, et qui» d'après les beaux travaux de Lenormant (La langue primitive de la Cfialdée et les idiomes touraniens, Paris, 1875), et de Homme! (Babylon, undAssyrisch., Geschichte, p. 125 et 244), entrait dans la famiJJe des langues touraniennes. Quant à la langue des Akkades, elle ne pouvait pas différer sensiblement de celle parlée, jusqu'aux temps historiques, par leurs colons, les Akkades de la Kilikie, et nous savons aujourd'hui que ce dernier idiome ressemblait, jusqu'à l'identité, avec la langue parlée par les Arcades du Péloponèse. Voir Georg. Meyer (Gnech Grammatik., 2" éd., p. 28.)
34. Sur la langue des Serfs, voir Tiele {Babylon. und Ass. GeschL, p. 60). F. Lenormant (La Langue akkadienne et la magie chez les Chaldéens, Paris, 1874). Delitzsch (Paradies, p. 134).
35. Voir Tiele (lac. cit., p. 64). Renan (Histoire des langues sémiteSj p. 144).
36. La dynastie fondée par Sargon en Babylonie ne paraît par avoir été d'une très longue durée. La tradition fait mourir ce roi sous les coups d'un assassin, peu après son retour de son expédition, et elle nous cache obstinément les successeurs immédiats de Naramsin, tandis que les rois qui suivent ont tous des noms kassites. Ce qui prouve que les Kasdes ont saisi la première occasion pour s'emparer du pouvoir. Nous verrons tout à l'heure qu'il en a été de même des Kassites dans la vallée du Nil.
LES SHA'SU ET. LES HÀ-NEB-U EN EGYPTE (nOTBS). 187
37. Sur les idées religieuses des Kàsdes, voir plus bas, p. 173.
38. Voir Dumichen [Hist. Inschrift., il, '47, 3 et suiv.). Lepsius, DenkmUler, llf, 73 et 236). Max Mttller (Asien und Europa nach AUœgyptischen Quelletiy p. 19). Deux autres inscriptions tout à fait du même genre ont été copiées tout dernièrement par M. Legrain, à Karnak (communication orale). Mettons cependant le lecteur sur ses gardes en lui disant que notre traduction de ces inscriptions diffère essentiellement de celle en cours. Ainsi que nous Tavons dit plus haut (p. XVI ), la plupart des égyptologues de nos jours attribuent, avec M. de Rougé, à la syllabe « neb » le sens de « tout » et traduisent les Neb-u et les Ha-neb-u de ces inscriptions par << tous les pays^ tous les pays étrangers de la grande mer » aile LcLnder, aile Fremdlànder des grossenMeeres (Max Mûller). Toutes les plaines, toutes les montagnes, tous les marécages, enfin tout (Legrain). Mais après ce que nous avons dit (p. xvi), sur l'interprétation de M. de Rougé, et après avoir exposé in extenso les raisons qui nous font croire à Torigine étrangère et à la signification ethnique des mots Neb-u et Ha-neb-u, nous pensons que le lecteur n'a pas besoin d'autres explications pour se faire une idée juste à ce sujet.
Mais ce qu'il faut surtout relever, c'est qu'au temps des Tutmès, le culte de Nebo était aussi répandu en Syrie que celui du Dieu de la montagne. Les auteurs de la Bible nous apprennent que, lorsque les enfants d'Israël vinrent s'établir en Palestine, ils y trouvèrent grand uombre de villes et de localités dédiées au dieu Nebo, qu'ils durent détruire ou convertir en sanctuaires de Jéhovah. Woir [Nombres, XXXllj 34-38.) Il y avait dans la tribu de Juda une ville de ce nom, dont Eusèbe prétend avoir vu les ruines. Il y en avait une autre dans la tribu de Rubin, non loin d'une montagne dédiée au môme dieu, et sur laquelle la légende faisai t mourir Moïse (Dewfdronome, XXXIV, 11), et, à s'en rapporter au langage de Néhémie (VII, 33) : « En voilà encore une Nebo », on peut conclure que les villes de ce nom étaient très nombreuses dans la Syrie du Sud. Or, nonobstant l'insistance avec laquelle les Israélites poursuivaient la conversion des peuples allophyles, nous savons par l'inscription de Mesas, que les Ncbu de la tribu de Rubin ont pu conserver leur religion jusqu'au huitième siècle avant notre ère, et qu'ils ont préféré être immolés au dieu des Moabites Karnos plutôtque de renoncer au culte du dieu de leurs ancêtres. Or, ce qui est arrivé dans la Syrie du Sud ne pouvait pas manquer de se reproduire dans la Syrie du Nord, dont la population consistait presque exclusivement en Sumériens; Tutmès avait donc parfaitement raison de se servir de l'expression « Nebu et Ha-nebu » pour indiquer qu'il venait de conquérir la Syrie d'un bout à l'autre.
39. On appelait dans l'antiquité « Mitanni » la partie occidentale de la Mésopotamie cohfiprise dans la boucle de l'Euphratc du Nord. Voir
188 l'hellbnismb égyptien.
Max Muller (loc, ciL, p. 281). Vis-à-vis de cette contrée s'étendait, de L'autre côté du fleuve, la Parapotamie de la Syrie — le Naliarin — avec les villes de Karkerais, de Pitra, d*Arrakan, si souvent mentionnées dans les annales de Tutmès. Or, au temps de ce roi, ces deux pays étaient habités par deux peuples de races différentes. Les habitants de Mitanni paraissent avoir appartenu aux peuples primitifs du Haut- Tigre, les Alarodiens, dont ils parlaient encore fes dialectes (Voir Brunnow {Die Mitanni Sprache, dans la Zeihs ri ff Fur AssyrioL, t. V, p. 209-259). Sayce [The Langergeof Mitanni, dans le même. périodique, t. V, p. 260-340); tandis que ceux de la Parapotamie syrienne formaient une population mixte, semblable aux Sumers, et parlaient une langue apparentée à l'ancien Babylonien ou aux idiomes parles de Tautre côté de Taurus. Voir Maspero {Hist, des peuples d'Orient, t. II, p. 15). Winkler {Gesch. BaL un dAssyr. p. 103). Or, tout en ayant depuis longtemps renoncé à Tadoration du dieu Nebo, ces derniers n'en conservaient pas moins leur appellation religieuse d'autrefois. Ils s^appelaient Nebu, et c'est sous ce nom qu'ils sont cités dans les inscriptions de Tutmès Ifl, à Karnak ». Les Neb-u qui habitent la Parapotamic (die Teuchlànder) tout près du pays de Mitanni, » Voir Max Muller (loc, cit,, p. 281). Or, comme TEuphrate était à ce moment la limite des possessions égyptiennes en Asie, il n'est nullement surprenant que le pays de Nebu ait été considéré en Égyple comme la fin de l'univers et l'expression « Nebu et Ha-nebu » comme l'équivalent de la Syrie entière, du Nil à l'Euphrate.
40. Lorsque nous étudierons les origines grecques, nous nous appliquerons à prouver que les deux noms ethniques, Nebu et Ha-nebu, ont passé également en Grèce et qu'ils s'y sont conservés jusqu^à l'époque d'Homère. C'étaient les NItcoSêç et les 'Avé^oSeç que, par ignorance plutôt que par caprice, les Alexandrins ont transformés en
flCTIOÔSÇ et àviTTTOTUoBeç.
41. Nous avons vu plus haut (p. XVIL) qu'en Egypte le nom de « Jouni » n'a fait son apparition que sous les rois de la XVIII* dynastie, c'est-à-dire après l'invasion des Hyksos; tout porte à croire qu'il en a été de même dans les îles de la mer Egée et dans la Grèce continentale.
42. Ot [xèv ouv aXXoi"Ia)vsç xal oi A6r)vatoi Içu^ov t6 oî)vo(xa ou PouXd{i.evoi 'îltovÊÇ xexXfjaôai, èXkk xai vuv çaîvexai [xot ot ;coXXoi auiôv Inaïa/^iSvgvOon tô ouvofxaii. (Hérod., I, 143.)