‹ Essai sur l'hellénisme égyptien et ses rapports avec l'hellénisme classiqueChapitre 65 sur 83 · Cité par Pictet [loc. clt,, t. HT, p · texte numérisé non relu

Cité par Pictet [loc. clt,, t. HT, p

53. Sur la Da-mater achéenne, voir le bel article de M. Scaglio dans son Dictionnaire des antiquités grecques au mot Cérès.

54. Les Dodoniens adoraient Zeus Pater parce qu'il arrosait régulièrement Jeurs champs, et la Terre-Mère parce qu'elle faisait pousser les plantes nourricières ; la principale prière que le Grec chrétien adresse à son Créateur, c'est de lui envoyer le pain quotidien «TÔvapTOv fjfJLôv tÔv ÊTCiou'aiov 5ôç f)[xîv (jrjfxepov »•

53. Les plus anciens oracles de Grèce étaient dédiés à la Terre- Mère, et la révélation s'y faisait directement, par l'apparition de la divinité au suppliant, en songe. Ce ne fut que plus tard qu'à la place de la Terre-Mère nous voyons apparaître Apollon, et, encore plus tard, aux lieu et place de celui-ci, Jupiter.

56. Cette signification honorifique du mot Arii n'est point primitive, mais secondaire, et se rapporte aux bonnes moeurs qui distinguaient les peuples adonnés aux travaux de l'agriculture. Nous verrons dans un autre endroit qu'il en a été de même du mot v àvapto^ » ; d'étranger, de barbare, de paysan, qu'il signifiait au début, il finit par désigner l'homme parfait.

57. Rapporter « rex » au verbe « rego », c'est renverser les rôles de deux mots; l'assimiler à l' 'Opeyw, c'est oublier que l'équivalent latin de ce dernier verbe est erigo, et que, dans tous les deux, la voyelle initiale est radicale et non prothétique. D'ailleurs la signification principale de rego n'est pas régner j mais diriger un navire; et l'homme qui est chargé de ce travail est appelé, jusqu'à nos jours, chez les Turco-Arabes, Reis.

58. S'il est vrai que dans la Bible le nom Elohim ne désigne qu'un seul dieu, celui que les Juifs adoraient au temps de la Bible, il est aussi certain qu'à Torigine ce mot était un pluriel véritable et servait à désigner tous les dieux qui dirigeaient les affaires du monde. Abraham parle des dieux qui Vont fait sortir de la demeure de son père; Jacob élève un autel à l'endroit où les dieux lui sont apparus, « Si vous mangez ce fruit, dit le serpent à Eve, vous serez comme les dieux », et Jéhovah lui-même, quand la faute est commise, dit à son tour avec ironie : « Voilà que l'homme est devenu comme un de nous ». Quant à ce dernier dieu, il est aujourd'hui reconnu qu'il n'appartenait pas en propre aux fils d'Israël, et les orientalistes penchent à croire qu'ils l'ont pris à la Chaldée. Voir E. Havet (Le Christianisme et ses origines, 1. 111, p. 11 et suiv.).

59. Le mot Djaus ou Tchaus a été de tout temps en usage chez les Turcs pour désigner tout d'abord les rois (Tzar, Shar, Shah), ensuite les hauts commissaires du Sultan. Anna Gomnène (liv. VI, p. 170) nous, apprend que le Sultan de son époque avait envoyé à l'empereur Alexis un Grand Tchaus, et le luxe et l'originalité de son costume avaient tellement frîjippé les Byzantins que l'empereur ne

tarda pas à adopter ce titre pour certains fonctionnaires de son palais. Et, jusqu'à nos jours, le chef de la gendarmerie du palais du Sultan, de même que de la Sublime-Porte, est connu sous le nom de Bash'Tchaus.

60. Le mot Osoç n'est par conséquent que la forme isossyllabe par laquelle le peuple a remplacé l'ancienne forme périttossyllabe du mot. Elle est tirée du génitif de ôsùç de la même manière queXaoç l'a été de Xeù^, >.aY(o6ç de Xa^wç, vaoç de vaùç. Quant à ses réductions successives, elles trouvent leur analogue dans ZàXaaaa, SàXaaaa, OàXaaaa et aXaaaa.

61. Lorsque nous parlerons des origines et de l'histoire grecque, nous signalerons les faits qui nous semblent justifier cette manière de voir.

62. ïl faudrait distinguer par conséquent les Ariens des Aryens ou Aryas pnmilifSy de même que V Arien (idiome) de l'Aryen. Sous le premier de ces termes, il faudrait entendre le peuple primitif qui, à l'aube de l'histoire, habitait encore, sous le nom d'"Aptoi, au nordest du Haut-Tigre, et auquel ses voisins, les Kasdes, appliquaient le nom d'Akkades ; tandis que le peuple connu sous le noms d'Aryens ou d* Aryas primitifs était un mélange de Kasdo-Akkades ou, pour mieux dire, des Kassites plus ou moins arianisés. 11 en est de même de leurs langues. Sous le nom d'Arien, il faudrait entendre la langue primitive des Ariens, laquelle unie au kassite, donna naissance à ï Aryen primitif, la souche de toutes les langues dites miennes. Étant donné donc que bien avant de s'unir avec les Kassites, les Ariens avaient subi plus ou moins l'influence de leurs voisins, les Allaro* diens et les Couchites, il n'est pas surprenant que les langues aryennes contenaient, dès leur création, des termes empruntés à ces derniers idiomes.

63. Ai(iSvT)(Juno) était le nom matrimonial delà Terre-mère. Mais, tandis qu'en Grèce la déesse a dû le quitter de très bonne heure pour reprendre celui qu'elle portait étant jeune fille, "Hpa, en Italie, elle l'a conservé si bien que le peuple a pu ignorer qu'avant de se marier, elle en avait un autre. Ne serait-ce pas- un indice que les deux peuples qui ont contribué à former les Aryens s'étaient bien plus assimilés en Italie qu'en Grèce?

64. Les.flari^ ou Kharu et leurs compagnons les Ta-karu occupaient la partie de la Syrie qui unissait l'Egypte à la Phénicie. Ils avaient par conséquent au sud-ouest la Méditerranée, au nord-est les Shasu, et plus au nord les Amou ou les Rolenou de la Syrie du Sud; mais leurs rapports avec les Shasu étaient si intimes que les Égyptiens ne tardèrent pas à les confondre avec eux pour en former leurs ilaroushas, qui ont joué un si grand rôle sous les rois de l'ancien Empire. Les Kasdes ou Kades, et plus communément Kodes, s'étendaient au contraire de la Palestine jusqu'à la Kilikie, et de là vers le

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nord-est jusqu'à TArménie. Ce peuple, qui ne différait en rien des Haru de la Palestine, confinait donc à Touest avec les Alasias et les Dahi, peuples industrieux, très probablement d'origine égéenne ; et un peu plus au nord, avec les Schakalasa de la Kilikie, qui correspondaient aux Ta-karu de la Palestine. A l'est, les Kades confinaient aux Lotanou ou Rotenou de la Syrie du Nord, auxquels leurs voisins, les Mattes ou Mittani, appliquaient le nom d'exclusion de Ha-Matta (Hamath), et un peu plus au sud, aux nomades du désert de la Syrie. Voir Max Mûller (Asien und Europa, p. 229 et 242). Le seul point sur lequel nous nous séparons de cet auteur, c'est que pour lui kad est un terme égyptien signifiant le cercle, et qu il a été appliqué, dans cette circonstance, pour indiquer la disposition circulaire (?) du littoral respectif, tandis qu'à notre avis, il est le nom ethnique d'un peuple bien déterminé de l'antiquité, les Kasdes,

65. Sur l'identité de Baal Kastiu des Phéniciens, de Kalsiu des Kilikiens, de Kamos des Moabites, de Jéhovah des Israélites, voir de Vogué (Syrie centrale et Mélanges d'archéologie orientale),

66. Les plus anciens habitants de la Kilikie s'appelaient Tîtayaioi (Hérod., VII, 91) et il n'y a pas de doute qu'on leur aitdonné ce nom composé pour pouvoir les distinguer des 'A'/iolioI ou des Akkades du Haut-Tigre. On distinguait également les Syriens en Rotenou supérieurs et en Rotenou inférieurs. Or, étant donné que les Achéens de la Kilikie parlaient le même dialecte que les Arcades du Péloponèse (voir Gustav Meyer, GriecJiisc/i Grammalik, 2» éd., p. xxvui), qu'ils portaient le même nom et adoraient la même divinité que les Akkades du Haut-Tigre, il ne peut y avoir aucun doute sur Tôrigine commune de ces trois peuples.

67. 'A(x(xaç 5) Tpoçôç 'ApTé|xi8o$ xai t) 'Péa xal t) At){x7)Tt)P xai KuCéXïj, f^ (X7)TT)p T(ûv ÔEôv, xal 7] 'Af poÔiTT) ; àXXoi 8è TT)v "ApTEjxiv. (Hésychius.)

68. Kaaiov opoç. C'est une colline qui termine au nord-est la Basse- Egypte, et qui, au dire de Strabon (760), était à une distance de 300 stades de Peluse. Les Arabes l'appellent jusqu'à nos jours Aa$-«/- Carunit « la colline des Cariens, » et il n'y a pas de doute que la montagne homonyme de la Syrie (Strab., p. 751) de même que celle de l'Arménie {id,, 518) aient été appelées ainsi pour avoir été les montagnes par excellence des Cariens et sur lesquelles on adorait plus particulièrement le dieu de la foudre et de la montagne, le Baal Casliu. Quoi qu'il en soit, comme sur ces deux dernières montagnes, il existait, jusqu'aux plus basses époques, sur le Casium égyptien, un sanctuaire et un oracle de Jupiter Karien, très estimé par les Diadoches, et auquel Julien l'Apostat n'a pas manqué de sacrifier. Le dieu qu*on y adorait est mentionné dans la Bible sous le nom de Baal Zephon (ExodCy XIV, 2-9) et correspond au Baal Ktsiu, le dieu de la montagney que nous avons connu dans la Syrie. Ce même Baal est encore men-

tionné dans les inscriptions nabatéennes (de Vogué, Syrie centrale), et il n'y a pas de doute que ce fut cette même divinité installée dès la pJus haute antiquité sur le mont de Thabor, dans la péninsule sinaïque, dont les Juifs firent leur grand dieu Jéhovah.

69. La ville de Bouto était située sur la branche sebennytique du Nil, à Tangle nord-ouest du Delta (Strab., 802). Elle correspond à Burlos de nos jours (Ritter Erdkund, I, 822). Les Égyptiens l'appelaient Fa-Uat, c'est-à-dire la ville de la déesse Uat, mais cette déesse n'avait rien de commun avec Tlsis égyptienne. Hérodote (II, 59) l'assimile à Létô et la considère comme une des huit plus anciennes divinités de l'Egypte. Le fait est qu'on la représentait sous la forme d'un serpent, et ce reptile entre également dans la légende de l'oracle d'Apollon. Mais ce qui importe plus à relever, c'est que, nonobstant les nombreuses péripéties par lesquelles a passé la première population (arienne) de Bouto, son oracle a pu conserver, jusqu'aux plus basses époques de l'histoire égyptienne, sa renommée aussi bien que son caractère primitif, celui de révéler ses sentences directement aux intéressés.

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