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et le Dniester j celle de Jédisan , entre le Dniester et le Dnieper ; celle du Janbouilouck , depuis le Dnieper jusqu'à Azow ; enfin celle du Couban , entre le fleuve de ce nom et la mer d'Azow. La Circassie, sous la dépendance du khan de Crimée , commençait au Bosphore cimmérien et aboutissait à la Kabarda.
La secte mahométane d'AbouHanifa (t) régnait dans ce pays comme à Constantipople, en exceptant néanmoins une partie de la Circassie , où^Fon vivait sans croyance bien déterminée , où des restes d'idolâtrie s'étaient conservés parmi quelques tribus; tandis que d'autres suivaient au hasard et machinalement quelques pratiques des catholiques, sans avoir une idée de la religion chrétienne.
En Crimée, les mahométans étaient passable^ ment instruits ; chaque ville avait son collège ; Sélim favorisa , encouragea , fonda même divers éta-» blissemens dont l'éducation publique était le motif: l'enseignement de la religion y fit de grands progrès. Une foule de schismatiques arméniens habitaient k
(i) Abou-Hani£Ei, fondateur de cette secte , naquit l'an 80 de THégire. Ce qui constitue la difiTérence de cette secte d'avec les autres , c'est que son dogme fondamental est de ne croire que ce qui est conforme aux lumi^es naturelles, tandis que les autres sectes musulmanes exigent de leurs disciples une obéissance sans examen , à l'autorité de leurs docteurs.
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Crimée, des Juifs occupaient une manière de forteresse au-dessus de la vallée de BatchiSarai ; des Grecs, toujours remuans, exercèrent librement leur culte; le prince ne lès voyait pas avec plaisir, mais il ne les tracassait pas ; les jésuites-missionnaires, pleins du zèle ardent qui les a toujours distingués , fixèrent seuls l'attention de Sélim ; les autres n'étaient pas dignes de l'occuper un moment ; les jésuites voulurent trop entreprendre , ils furent congédiés, et leurs églises abattues.
Le gouvernement du klian de Crimée tenait le milieu entre Tétat monarchique et le despotisme : ce milieu paraît difficile à établir ; il existait cependant, puisque le prince ne pouvait ordonner des impositions ^louvelles , puisqu'il n'osait châtier un noble sans le consentement des orbéis; à cela près, il pouvait tout ce qu'il voulait.
Le Tatar ne payait pas de tribut par tête, ainsi le khan n'était riche que des bienfaits de la Porte, son revenu particulier ne s'élevant pas au-dessus de trois millions de francs : les fermes, les sels, les pêcheries et les douanes , en composaient une partie ; les tributs des princes voisins formaient le reste.
Selim pouvait mettre sur pied deux cent cinquç^nte naille hommes. Cette force paraît prodigieuse, et cependant, dans. des besoins urgens, le khan aurait encore pu ajouter cent mille bommes à ce3 levées. La population était considérable -, le Tatar n'était devenu agriculteur que forcémeat; au
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premier signal il volait aux armes avec autant de joie qu'il avait éprouvé de tristesse en les déposant. L'entretien des troupes ne coûtait rien au khan : les nobles étaient obligés de marcher à la tête de leurs vassaux , de leurs esclaves , de leurs domestiques ; chaque soldat portait avec lui des vivres que le seigneur fournissait au départ, et qu'on renouvelait sur le territoire ennemi. La sobriété des Tatars était telle, que du biscuit et du sel formait tout leur approvisionnement.
On nommait sultans tous les princes de la famille de Ghéraï ; on les considérait comme devant occuper un jour le trône , parce que , l'empereur étant le maître du choix , on ignorait sur lequel d'entre eux il pourrait tomber. Ces sultans étaient pensionnés, indépendamment de leurs apanages en Roraélie. Les jeunes nobles tatars prenaient du service chez les sultans y et chacun espérait que son protecteur parviendrait un jour au souverain pouvoir : on les nommait tnurzas. Le sultan était -il couronné, ils occupaient les premières places : mais ils restaient murzas si leur patron restait sultan.
Dans toutes les sociétés, chez toutes les nations, le respect des enfans envers les auteurs de leurs jours , est un devoir sacré qu'on ne saurait trop célébrer ; la nature , la reconnaissance , la raison , le prescrivent également partout : il n'en était pas de même dans la famille des khalis ; ce vice avait une origine assez singulière : les Ghéraïs, ainsi qu^
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la plupart des princes Tatars , n'épousaient que des esclaves circassiennes ; une politique ténébreuse les privait de rechercher, dans leurs établissemens, des filles de leur rang ; la crainte que l'allianee entre des familles puissantes ne les fortifiât au détriment des autres, servait de motif plausible chez un peuple toujours armé.
Une femme de khan n'était destinée qu'à lui donner des successeurs ; à peine lui était- il permis de jouir des droits de la maternité; séparée du jeune prince, qui la méprisait parce qu'elle était née €;sclave, elle avait à son tour le respect le plus pro-^ fond pour son fils , parce qu'il était né prince. Cette monstruosité était poussée si loin , qu'à la mort du père elle n'osait plus se présenter devant son fils sans se prosterner ; il ne l'admettait point à sa table , elle restait debout jusqu'à ce que l'ennui d'être seul, ou une affection extraordinaire de la part du prince, l'autorisât à s^asseoir près de lui.
Difficilement on pourrait décider qui , de l'habitude ou de la politique, déterminait les khans à faire élever leurs fils en Circassie par les beïs tributaires : l'habitude prouverait en faveur de l'éducation ^ la politique le conseillerait aussi; car les Circassiens, toujours en armes, devaient former, dans l'art de la guerre , un prince destiné à com-* mander des Tatars; cette confiance du khan lui •attachait un peuple difficile à conduire.
3i les jeunes princes étaient élevés d'une manière
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conforme à leur politique , en revanche les princesses livrées à des esclaves n'éprouvaient aucune contrainte ; à peine osait - on leur faire une observation : on les mariait , quai\d le khan était en étal de payer leur dot , avec un murza ambitieux dont elles faisaient le tourment. Le caractère de ces princesses était si généralement connu pour mauvais, que les nobles qui soupçonnaient le khan d'avoir des vues sur eux pour l'établissement de leurs filles , préféraient de s'expatrier.
La maison du khan était composée du porteglaive, du trésorier, d'un premier valet de chambre, de deux intendans, d'un échanson, et d'un officier de bouche dont l'office consistait à goûter de toutes les viandes , de toutes les boissons présentées au souverain ; il y avait , en outre , un grand-maître d'hôtel , quarante pages nobles et douze esclaves.
Après le khan , la première dignité était celle de kalga; il suppléait le prince dans certaines occasions, et remplissait, à sa mort, sa place par i/iterîjn jusqu'à la nomination de son successeur. Au défaut du khan et du kalga , c'était le nouradinsultan qui en faisait les fonctions ; venait ensuite l'orbéi , les séraskirs ou généraux. Tous ces premiers officiers de la couronne avaient leurs visirs , leur divan-effendi , leurs kadis.
Un conseil de guerre , composé de ces officiers, décidait des plans de campagne , où le visir étaû admis, ainsi que les commandans des. tribus cliar-
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gés des approvUionnemens. On introduisait dans ce conseil des personnages experts , que leur âge éloignait du service; leur opinion était prise la première ; ils s'inclinaient pour se retirer après lavoir donnée , mais le khan les retenait.
Lorsque la Porte ordonnait une guerre , il n y avait plus de conseil à rassembler, l'obéissance était la loi générale. Dans ces circonstances , le grandseigneur payait tous les frais, et récompensait chaque officier de l'armée avec de l'argent , et chaque Tatar, en accordant plus souvent le pillage.
Le muphti était le chef de la justice , le directeur des mosquées, des hôpitaux, des collèges, des chemins et des fontaines publiques ; le visir remplissait les fonctions de premier ministre , et avait plus de pouvoir que le muphti, quoique la place de ce dernier fut plus élevée que la sienne. Le visir des Tatars habitait sans cesse le pays qu'il dirigeait; c'est ce qui l'empêdiait de commander les armées ; il différait par là de celui de Constantinople. Excepté les discussions entre nobles , toutes les autres étaient portées devant le kadi de chaque district ou cadilik ; on pouvait récuser ce tribunal avant qu'il n'eût prononcé : l'appel était au divan. Lorsque l'arrêt était rendu, il fallait s'y soumettre, ou attaquer le kadi comm^ ayant jugé contre la loi.
Le cazi-asker était le juge de la noblesse, et le -divan le tribunal suprême. Les principaux officiers de l'état composaient ce dernier ; le cazi-asker y
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représentait no» procureurs - généraux , le mupbti était le président , le klian confirmait ou cassait la sentence.
Avant Sélim , le ?ol n'était pas au rang des crimes : un peuple vivant de pillage ne devait pas être scrupuleux à cet égard.
Comment chez une nation si peu éclairée-, si familiarisée avec le désir de s'emparer du bien d'autrui, comment, dis -je, pourrait -on expliquer la délicatesse et la pureté des juges?Nî les promesses, ni les présens , ni l'intrigue , ne pouvaient égarer les juges : invariables comme la loi , ils ne connafesaient qu'halle ; une injustice était considérée comme une chose impossible ; les procès devenaient tous les jours plus rares.
La noblesse dédaignait tous les emplois subalternes. Un gentilfaonameiie voulait être que guerrier, et cette même contradiction, si remarquable entre l'avidité du peuple et l'honnêteté du juge , existait entre le soldat et le noble qui le comman* dait. Sans foi, sans délicatesse, le soldat ne connaissait que son sabre pour lui frayer le chemin du pillage ; le gentilhomme , par sa modération ,. son désintéressement,, ajoutait à la valeur une grâce qui Fennoblissait phis que sa naissance.
De celte aménité , de cette politesse , de cette valeur calculée , s'il m'est permis de parler ainsi , il résultait un commerce facile entre les nobles : en présence de l'ennemi ils paraissaient des lions ,
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Itiicun danger ne les faisait pâlir , aûêune force reculer ; ils savaient périr : rendus ^^l^iirs foyers,, ils auraient cru se couvrir de honte en se mesurât les uns contre les autres pour vider des discussions particulières : toute contestation était terminée par l'opinion du plus ancien gentilhomnobc, qui en était témoin ; ils regardaient comme criminel de répandre sur leur pays un sang qu'ils se faisaient çloire de verser pour lui. Leur générosité était portée si loin, qu'un vieux proverbe tatar disait : « A-t-on » jamais vu un murza mourir de faim! » Aussi rien n'était à eux , et l'exemple de leur khan contribuait à les entretenir dans cet esprit.
Il était d'usage, parmi les nobles de Crimée, de faire travailler leurs terres par des esclaves, hês gentilshommes nogais regardaient toute culture comme un affront ; des iroupeaux et des esclaves composaient leurs richesses : la sotte vanité était la base de leur caractère; chaque vassal payait une redevance annuelle d'un mouton , de trente livres de grains et de huit livres de miel.
Quoique le khan eût des terres en Circassie, ses sujets ne lui payaient point d'impôts et ne lui tenaient .pas compte du revenu de ses domaines. A son avénencient au trône ils apportaient leur tribut. Avant Sélim cette redevance consistait en trois cents esclaves ; ce prince l'augmenta jusqu'à sept cents. Dire que les Circasses fournissaient leur tribut efn esclaves, c'est assez faire connaître que leurs richesses
86 composaiant d'hommes achetés ou pris. Les Circassestscherkesses, ou Circassîens soumis à la Crimée y étaient partagés en quatre classes : les Beïs^ les Sipahisy les Usdens et les Kouls. Treize kalibés ou tribus formaient leur état* Chaque kalibé était possédée en toute souveraineté par une famille noble ; le plus ancien de la première branche était le premier beï de cette famille^ par conséquent celui auquel toute la tribu obéissait. Chaque tribu étant perpétuellement en guerre , l'industrie principale des habitans consistait à faire des prisonniers; on les vendait au plus offrant ; quand on échouait , on était vendu. Cette réciprocité stimulait l'astuce et était la honte du courage.. Une loi toujours respectée obligeait le vainqueur de laisser libre ïe beï vaincu ou surpris; de cette manière les cKefe de tribu n'ayant rien à risquer , recommençaient une nouvelle expédition quand la précédente était bien, pu mal terminée.
Les Tatars de Crimée étaient plus grands et mieux faits que leurs voisins, et néanmoins ils avaient beaucoup de rapport avec les Calmouks. « Un teint brûlé, des yeux de porc peu ouverts^ N le tour du visage plat, la bouche assez bien prise , » les dents blanches comme de l'ivoire , des cheveux » noirs, rudes comme du crin , la barbe rase; » tel est le portrait qu'on nous a transmis des anciens Tatars de Crimée ; il diffère de celui que nous connaissons maintenant.
Les Nogais étaient moins bien proportionnés et avaient la peau ridée comme celle d'une vieille femme. Les Circasses sont ces mêmes Tatars qui quittèrent la Perse lorsque les Saphis s'en emparèrent ; ils prirent d'abord la route des montagnes du nord du Schirvan , puis ils comnumiquèrent avec ceux de leur nation , mattres des royaumes de Casan et d'Astrakan. Ces montagnes servirent d'asile à différentes époques à des réfugiés de diverses nations. Les races se croisèrent , et le sang des Circasses s'embellit, surtout parmi les femmes. C'est une singularité remarquable qu'un sexe soit doué des attributs qui caractérisent la beauté, tandis que l'autre conserve une partie des traits des nations dont il est issu.
Le costume de ces Tatars consistait « dans une » chemise courte et des caleçons de toile de coton , » des culottes trè&-Iarges d'un gros drap, une veste » de toile de coton , piquée à la manière des caffe- » tans des Turcs , des bottes lourdes de cuir de » cheval , un manteau de feutre avec une longue » robe de peau de mouton , servaient d'enveloppe » pour l'hiver et de matelas dans toutes les saisons. » Leurs cheveux étaient coupés à quatre doigts audessus de la tête ; ils la couvraient d'un bonnet de feutre noir, rond, haut de forme et bordé de pelleterie. Leurs armes de prédilection étaient le sabre, l'arc et la lance ; quoiqu'on leur fournit des armes à feu , ils ne les estimaient pas et s'en servaient
moins bien. L'arc était travaillé avec élégance ; il fallait beaucoup de force et d'adresse pour le tendre, et riiabitude qu'ils avaient de s-'en servir faisait porter chaque flèche.
Toujours à cheval, le repos paraissait être pour eux un état contre nature ; ils étaient si adonnés au brigandage qu'ils ne pouvaient concevoir qu'un effet de prix fut en sûreté ailleurs que sur eux ; voilà pourquoi ceux qui avaient des habitations imitaient ceux qui étaient sous la tente; les uns et les autres emportaient dans leurs voyages, ce qu^ils avaient de précieux, bien persuadés que leurs voisins et ami» viendraient visiter leur domicile et s'emparer de ce qu'ils y auraient laissé.
Sélim eut toutes les peines du monde à les rendre confians; c'est alors qu'il fit des loî$. centre le vol; maïs comme le préjugé ne diffamait pas le voleur, elles furent infructueuses.
Le principe religieux était presque nul^ un peu-pie qui n'a pas d'habitation fixe, comme étaient les Nogais , n'a point de temple ; il ne tient qu'à ce qu'il voit, et le butin qu'il convoite, l'emporte sur toutes les règles que la religion dicte à la conscience.
Excepté en Circassie, les compagnes des Tatars étaient aussi laides qu'eux : elles ajoutaient même à la laideur , une malpropreté dégoûtante ; elles remplissaient les fonctions les plus viles ; elles paîtrissaient continuellement un fromage de lait aigri.
dont on composait une boisson; elles n'avaient qu'un seul vêtement pour toute Tannée, et chez les Nogais , elles couchaient pêle-mêle avec leurs troupeaux.
Les Circassiennes , au contraire , ajoutaient à la plus grande beauté le soin recherché dé leur personne; une propreté constante leur prêtait un charme de plus , et la coquetterie en inventait mille autres. Une taille libre et svelte se dessinait sous* une simple toile de coton ; ce vêtement déjà bien leste, était ouvert jusqu'au-dessous de la gorge que l'on montrait sans indécence , puisque c'était l'usage du pays, mais que la plus novice des Circassiennes embellissait par quatre rangs de perles de verre noir , ce qui faisait ressortir la blancheur de la peau , et ce qui était bien innocent sans doute , puisque l'usage Tautorlsait aussi. La beauté du teint de ces femmes était remarquable ; c'est des Circassiennes, que l'art empruntant les couleurs de, •la nature, plaça les nuances du rouge d'après le coloris de leur visage; mais la coupe de leurs yeux noirs, leur expression , leur vivacité étaient au dessus des ressources de l'art : un petit bonnet placé de côté et avec grâce, relevait une partie de leur$ cheveux, tandis que l'autre flottait avec tant dené-^ gligence^ se bouclait si heureusement, qu'on ne remarquait pas le travail que cette parure avait coûté.
£n hiver ^ une robe pareille à celle des Russes ^
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ne gênait ni leurs formes, ni n'embarrassait leur démarche ; elle était simple y mais cette simplicité conservait toutes les grâces que la coquetterie empruntait du désir de plaire.
Ce que nous nommons éducation, ne consistait, chez les Circassiennes , que dans la recherche habituelle des moyens à ajouter aux dons extérieurs de la nature: il semblait que ces femmes, destinées pour la plupart à être vendues ou enlevées , missent toute leur étude à séduire le vainqueur ou le marchand. Eh ! comment eussent-elles eu d'autres idées ? Les pachas les recherchaient pour remplir leurs harems ; les souverains de Crimée ne choisissaient leurs épouses que parmi elles ; l'empereur turc les accueillait avec un empressement qui ne leur permettait pas de penser qu'elles le verraient souvent bailler à leur coté. Le calcul le plus faux que ces dames faisaient , consistait dans la progression des plaisirs avec la progression du pouvoir ; elles ignoraient les privations que le harem impose , le despotisme qu'on y exerce , la barbarie de ses gardiens , qui n'ont que cette puissance-là. L'espoir d'un avenir heureux aveuglait les premières années des Circassiennes, et redoublait le soin qu'elles prenaient de leurs charmes : mais quel avenir, quand on n'a que de là beauté ! Les jours se succèdent, le teint s'altère, la peau se flétrit, les grâces s envolent , les rides paraissent , et la plus belle femme se trouve, à cette époque, ou malheureuse
devant son miroir , ou consolée par les ressourcée d^ ses talens et de son esprit, (i)
(i) Je donnerai, dans mon Voyage, un tableau des mœurs actuelles des Tatars , de leurs habitudes et d% leurs moyens d'industrie*