‹ Essai sur l'histoire de la critique chez les grecsChapitre 101 sur 180 · CRITIQUE CHEZ LES ÉPICURIENS · texte numérisé non relu

CRITIQUE CHEZ LES ÉPICURIENS

ciens de l'époque impériale*, est une des causes qui nuisirent à Tinfluence du stoïcisme et qui limitèrent ses bienfaits.

On trouve parmi les écrits d'Epicure dont la mention nous est parvenue un traité Sur la Musique, et parmi ceux de Mètrodore, son élève, des livres Sur la Poétique et Sur les Poètes ; mais ces titres ne doivent pas nous tromper sûr l'intérêt que les épicuriens prenaient aux questions de critique. Leur métaphysique, comme leur morale, tendait à rabaisser au rang àeé plaisirs sensuels les jouissances que nous donnent les beaux-àrts '. Épicure. permet bien que le sage aille quelquefois se distraire dans un théâtre ou dans un concert ; mais les recherches savantes et les discussions sur la musique né lui paraissent pas dignes d'occuper même les loisirs d'un banquet '. Métrodore avait rempli son livre Sur les Poètes d*injures contre Homère ; il y didàit en propres termes « qu'il impor* tait peu de savoir si Hector était du <5ôté àéi Grecs ou du côté des Troyens, et de n'avoir pad

< Epiciètê permet le spëctàële à Son diScit^le, inâls il faut voir à quelles conditiolié (Mâriuei, g? 48 et 49). Cf. Arlrieii; Entretiens d'Epictètë, et les Pehséeft de Mafti-Aut'èle, XI, 6, et

» Voir Sextas Empirièuô, Cohtt-e les Savarltfe, I, 1 ; Dldgètie Laërce^ il, 85, et lés autres auteurs dont le témoignage est cité et commenté par M. Havaissdo^ Essai sur la Métaphy-» sique d'Aristote, t. l\y p. S3 et stiiv.

• Plutarque, Qu'on ne peut vivre agréablement selon la doctrine d'Epicure, cbc^p. xuu

retenu quelques vers du commencement ou du milieu de Tlliade *. » On aperçoit le même esprit de critique chagrine et dédaigneuse dans les livres de Philodème Sur la Musique, Sur la Rhétorique et Sur les Poèmes, dont quelques pages ont été retrouvées à Herculanum '. Dans le premier, Philodème soutenait, contre l'opinion du stoïcien Diogëne, que la musique ne saurait avoir d'influence morale sur les âmes '; le second, que nous commençons à pouvoir apprécier, grâce à d'habiles restitutions *, sous prétexte d'attaquer les sophistes contemporains, semble mettre en question l'utilité de la rhétorique elle-même. L'intention du troisième ouvrage est plus difficile à saisir sur des fragments très-mutilés : on croit voir cependant que l'auteur y discute des opinions de Zenon

* Plutarque, livre, cité, chap. ii et xii.

* Voir sur l'origine et les progrès de ces découvertes : lo notre Hellénisme en France, t. II, p. 405 et 456 ; 2o nos articles publiés dans le Journal des savants (juin et juillet 1881) sur le recueil des mémoires publiés par les savants italiens à Toccasion du dix-huitième centenaire de la grande éruption où furent détruites les trois villes d'Herculanum, de Pompéi et de Stabies ; 3o le mémoire de M. Comparetti : Relazione sui papiri Ërcoianesi, Rome 1880, in-4.

* Volumina Herculanensia, 1. 1. Voir surtout les colonnes VII et vm où : le sens est assez facile à saisir : Philodème, du restoy a bien Pair de n'y disputer que sur des mots.

^ Celles de E. Gros, publiées à Paris en 1840^ et celles de L. Spengel, qui ont paru presque en même temps dans les Mémoires de TÂcadémie royale de Munich.

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