‹ Essai sur l'histoire de la critique chez les grecsChapitre 28 sur 180 · COMÉDIE SICILIENNE · texte numérisé non relu

COMÉDIE SICILIENNE

qu'il ait rédigé des préceptes ou des observations sur la comédie. Il est même à remarquer que la satire littéraire parcdt avoir tenu fort peu de place sur le théâtre de Syracuse. Parmi les nombreux fragments de la comédie dorienne, c'est à peine si Ton trouve cités deux ou trois noms d'artistes ou de poètes. Héraclitus est le titre d'une pièce d'Épicharme ; les sophistes sont persifflés dans deux vers des Mimes de Sophron. Mais dans toute cette comédie domine la peinture du sensualisme sicilien, avec une sorte de parodie directe, parce qu'elle ne s'attaque pas, comme celle d'Aristophane, aux fables arrangées par les tragiques^ mais aux traditions elles-mêmes. Quelle que soit donc l'importance de la comédie sicilienne, elle n'offre que peu d'intérêt pour la recherche que nous poursuivons dans ce livre. C'est aux philosophes de profession que nous devons maintenant demander la théorie de l'art ; encore n'y sont-ils arrivés que par une suite de timides essais, et par les longs détours d'une polémique plus sérieuse, il est vrai, mais aussi vive que celle dont la comédie nous a offert le spectacle.

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