ARISTOTE. — ŒUVRES DE PHILOLOGIE
du coloris d'Aristote et des richesses de son style : ces éloges s'appliquent en partie à des ouvrages du Stagirite que nous ne lisons plus, et qui appartenaient tous, ce nous semble, à la première période de sa vie.
C'est à la même période, un peu aussi à la seconde, qu'appartiennent les travaux d'histoire littéraire et de philologie que nous allons énumérer, en nous arrêtant à chaque livre selon l'intérêt qu'il nous offrira pour la suite de nos recherches.
l'* Recueil des traités de Rhétorique (SuvotycoyT) T6)^vôv), dont Cicéron* faisait grande estime, et dont les fragments, réunis et commentés avec une grande érudition par M. Spengel, forment un curieux chapitre de l'histoire des lettres grecques.
2" Extraits et analyses des ouvrages de divers philosophes, Archytas, Timée, Platon, etc*.
à divers, I, 9. Cf. à Atticus, II, 1 ; Académiques, II, 38, 46 ; De r Orateur, I, 11.
« De rOrateur, II, 38.
' Voyez Jes biographes d'Aristote, le catalogue de ses ouvrages perdus, dans Fabricius, et la Dissertation de M. Jacques Sur Aristote considéré comme historien de la philosophie (Paris, 1837). A un point de vue spécial, Aristote est considéré comme un précurseur des érudits qui ont fait des recueils des opinions des philosophes (AoSoypayoi). Voyez sur cette classe d'érudits : 1^ Herm. Diels, Doxographi grœci (Berlin, 1879) ; 2* Victor Egger, Disputationis de fontibus Diogenis Laertii partie ula de successionibus philosophorum (Paris, 1882, 8*>).
y Traité des Proverbes. Synésius transcrit, dans son Éloge de la Calvitie^, la définition qu'Aristote donnait des proverbes : il disait que c'étaient des débris de la philosophie primitive conservés, grâce à leur concision heureuse, à travers les plus grands désastres de Thumanité. Un scholiaste d'Homère * cite un exemple particulier des historiettes auxquelles l'auteur rapportait l'origine de chaque proverbe. Céphisodote, disciple d'Isocrate, auteur de quatre livres dirigés contre Aristote, lui reprochait d'avoir perdu son temps à une telle compilation^.
4"* Traité des Inventions, analogue à celui que composait, vers le même temps, le célèbre historien Éphore de Cyme, et qui nous intéresse surtout ici parce qu'au nombre de ces inventions comptaient celle des lettres et celle de divers genres de compositions littéraires^. Il n'est pas certain d'ailleurs qu'Aristote ait, en effet, formé luimême un recueil sous ce titre ; mais ses divers ouvrages contenaient une foule de détails sur l'ori-
' P. 85, éd. 1623. Aristote, dans ses traités de philosophie, surtout dans ses traités de morale, cite et commente un grand nombre de proverbes.
* Sur rOdyssée, XXIII, 9-12, dans le recueil de scholies publié par Buttmann.
« Athénée, II, p. 60 D.
* Voyez sur l'ouvrage d'Éphore le recueil des fragments de cet historien par M. C. Millier, dans le premier volume des Fragments des historiens qui fait partie de la Bibliothèque grecque de F. Didot (Fragm. 256-260),