OUVRAGES PERDUS DE THÉOPHRASTE
précédent citée sous un titre à part, et qui traitait sans doute du principe de la comédie ; 4*" Sur la Comédie^ livre auquel s'applique plus sûrement encore la même conjecture^; ^^ Sur t Enthousiasme j sujet que Straton avait aussi traité dans un livre spécial, d'où il résulte que les péripatéticiens n'avaient pas négligé non plus cette faculté sans laquelle il n'y a pas de haute poésie, et que nous n'avons pas exagéré, à cet égard, l'analogie de leurs doctrines avec celles de Platon ; 6" Sur la MélancoliCy autre témoignage du zële de Théophraste à développer les idées de son maître *; 7* Sur les Musiciens et Sur la Musique^ traité auquel Plutarque emprunte quelques lignes ' ; 8* Sur les Mètres; 9* enfin, plusieurs autres ouvrages d'histoire et délit* térature qui appartiennent moins directement à la critique *.
Parmi les ouvrages de Théophraste qui sont
* Peut-être même les deux titres Sur le Ridicule et Sur la Comédie se rapportent-ils à un seul et même ouvrage, comme semble l'indiquer un fragment conservé par Athénée, VI, p. 261.
* Voir, plus haut, p. 497.
' Questions sympos., I, 5, { 2: « Théophraste rapporte Forigine de la musique à trois principes, la peine, le plaisir et Tenthousiasme, chacune de ces trois choses ayant pour effet défaire fléchir la voix et de la détourner de son jeu habituel.)»
^ On en trouvera la liste dans Diogène Liaêrce et dans Fabricius (Bibl, gr.,t. III), auxquels nous renvoyons, en général, pour toutes les citations d'ouvrages qui, dans ce chapitre, n'auront pas besoin d'être spécialement justifiées. Consulter aussi, pour les livres d'histoire littéraire, la collection des fragments des historiens grecs par G* MûÛer, dans la Bibliothèque Firmin-Didot.
parvenus jusqu'à nous, un seul, les CaractèreSy peut nous faire comprendre en quoi le talent de Théophraste se distinguait de celui d'Aristote, et quelle nouveauté offraient les idées du disciple après celles du maître. Un savant a conjecturé, non sans quelque vraisemblance, que ces ingé^ nieuses pages faisaient jadis partie de la Poétique de Théophraste, et qu'elles étaient, pour ainsi dire, autant d'esquisses à Tusage des poètes comiques, confime les caractères des quatre âges de la vie, qu'Aristote insère dans le deuxième livre de la Rhétorique, étaient destinés à guiderles orateurs dans les descriptions du même genre ^ Quoi qu'il en soit à cet égard, on reconnaît facilement dans les Caractères la manière d'Aristote, mais un peu agrandie et comme égayée par les traits d'une imagination plus vive. C'est le même tour dans les déiiAitions et dan^ ce qu'on pourrait appeler la mise en scène de chaque caractère, mais avec un coloris et un mouvement de style que se permet bien rarement Aristote. On croit voir un auteur déjà moi^s préoccupé d'observer que d'écrire, comme si Aristote lui eût épargné la peine d'analyser nos vices et nos travers, et ne lui eût laissé que le plaisir de les peindre. C'est bien là l'image riante et douce que les anciens nous ont tracée de Théophraste ; c'est bien cette élégante discrétion
* J. V. Le Clerc, Chre«tômaihie grecque, p. 143.
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de ratticisme qu'ik ont tant admirée. Quel dommage pour nous qu'il ne noud reste aujourd'hui que quelques lignes de ce cours de belles lettrés rédigé d'après les leçons du Stagirite par son suc* cesseur et son anii, par un des esprits les plus dé^ licats de toute l'antiquité!
Parmi les condisciples de Théophraste, nous avons signalé plus haut' Aristote de Cyrëner, auteur d'une Poétique, dont il ne reste rien aujourd'hui. Nous ne pouvons non plus que mentionner rapidement : Phanias d'Érèse, Sur les Poètes, ouvrage dans lequel il parait avoir traité de l'histoire de la musique (à en juger par les deux fragments qui nous en restent'; Praxiphane^ Sur les PoêtBê^^, Lyncée de Samos, dont Athénée cite un ouvrage sur le comique Ménandre^; Démétrius de Phalère, Sur les Poètes'% Sur f Iliade et sur t Odyssée, Sur Homère, Sur AntiphafUf [le comique?], divers morceaux sur la Rhétorique^ Reûueil de récits ésopi-
ques^; Démétrius de Byzanûe^ Sur tes Poètes et sUr
* C. Mûlle^, Fragmenta hîstor. grœcor., t. II, p. 299.
' Cité par Philodèmej dans les fragments de son traité sur le même sujel, qu'a, en partie, restitués F. Dûbner, d'après les papyrus d*Herculanuin (Paris^ 1840). ^
* Athénée, VI, p. 242, B.
s Cité dans les petites soholies sur rOdysséei III, 267.
' Quant au traité Sur le Style ou Sur le Langage^ Utpï Ep- ^iQvtîaç, que l'on cite encore souvent sous le nom de Démétrius de Phalère, on sait maintenant qu'il est d*une époque beaucoup plus moderne ; noqs en parlerons plus bas^ p. .456*
les Poèmes ; Hecatée d'Abdère, Sur la Poésie d'Homère et (t Hésiode^; Dicéarque', Sur la Mtisique^ Sur les Concours de Musique et de Poésie, Vies des hommes illustres (parmi lesquelles on cite celle du poète Alcée), Sujets des fables d'Euripide et de Sophocle ; Chaméléon d'Héràclée, Sur Thespis et sur plusieurs autres poètes, auteur qui avait aussi écrit sur les drames satyriques ; Aristoxène de Tarente, Sur les Auteurs tragiques et Sur la danse tragique ; c'est le même dont il nous reste un important ouvrage sur la musique^; Hiéronyme de Rhodes, Swr les Poètes et les Prosateurs, ouvrage qui avait au moins cinq livres et dont chaque livre traitait d'une classe particulière d'auteurs .
Mais le biographe par excellence, dans T école péripatéticienne, est Hermippe de Smyrne, tant de fois cité par les anciens, et dont le recueil, diversement intitulé par ceux qui le citent, comprenait les vies des Sept Sages, des Législateurs, des Philosophes, des Sophistes et des Orateurs, avec un livre spécial Sur les esclaves qui s'étaient distingués dans les Lettres. Il avait encore écrit sur Homère et sur Hipponax. Son traité Sur les Mages
' Suidas au mot 'Hxaraîo;.
' Dicéarque est formellement cité dans VdnàBKnç du Rhésus où le mot ^ixaioey a été justement corrigé en àixaiapx^; par M. Nauck.
' Voyez G* L. Mahne, Diatribe de Âristoxeno (Amsterdam, 1793), §g 47, 48. Le Traité sur la musique a été traduit en français par M. Ë. Ruelle en 1870.