CRITIQUE CHEZ LES STOÏCIENS. ZENON
était-il bien réellement, comme le veulent Pline et Diogène Laërce, un exposé authentique des doctrines de Zoroastre ? On aimerait à le croire, et ce serait alors un des beaux résultats de la conquête d'Alexandre d'avoir ouvert à l'Occident ces mystères, souvent loués, mais si peu compris, de la philosophie orientale. Enfin Satyrus le Péripatéticien, dont le principal ouvrage a de l'analogie avec celui d'Hermippe, est auteur d'un livre riepl 7apa.cT7;p(i)v dont l'unique fragment, cité par Athénée, montre évidemment une grande ressemblance avec Théophraste*.
Avec l'école stoïcienne, nous rentrons dans la science pure et dans l'austérité du langage scientifique. Zenon avait beaucoup écrit sur Homère et sur Hésiode, mais surtout au point de vue théologique, et pour expliquer par l'allégorie les fables contenues dans leurs poèmes. On cite encore de lui des Leçons de poétique, 7;otr,Tt/.Yic à>cpo3c*7£w; ; on cite également de Cléanthe des traités Sur l'Art, Sur le Poète; de Chrysippe, des traités Sur les poèmes. Sur la manière defitendre les poèmes (ouvrage dont on peut se faire une idée par celui de Plutarque sur le même sujet). Contre les Cti tiques, c'est-à-dire contre les grammairiens, qui prenaient quelquefois ce nom. Mais, ainsi que l'indique déjà
* C. MûUer, Fragm. histor. grac, t. III, p. 164.
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le litre de ce dernier ouvrage, les stoïciens, en fait de littérature, se sont surtout occupés de grammaire générale, parce que la dialectique était pour eux, avec la physique et la morale, une des parties essentielles de la philosophie, et que la dialectique était inséparable de la théorie du langage. C'est à la dialectique qu'ils rattachaient formellement les études sur le langage écrit ou parlé, sur le solécisme et le barbarisme, sur les poèmes, sur le chant et sur la musique*. Diogène Laërce et les commentateurs d'Aristote nous ont conservé une analyse assez exacte de leurs doctrines grammaticales, et cette analyse nous montre que les stoïciens en effet constituèrent les premiers d'une manière plus complète la science qu'Aristote connaît et définit déjà sous le nom de grammaire, mais qu'il n'a nulle part exposée avec ensemble*.
Ils commençaient par la voix, qu'ils définissaient par sa cause physique et par sa valeur intelligible, distinguant d'ailleurs la voix de l'homme et celle des animaux en ce que la première est articulée et l'autre inarticulée. Maintenant, parmi les voix
* Diogène Laërce, VII, 44.
2 Tpa'jLiiazixri ne se trouve défini, il est vrai, que dans le Traité du Monde, ouvrage d'une authenticité suspecte ; mais d'autres formes de l'adjectif rpaaixarwô; se lisent dans d'autres passages des écrits les plus authentiques. Voir V Index aristotelictis de H. Bonitz.