‹ Essai sur l'histoire de la critique chez les grecs [microform]: introduction à l'étude de la littérature grequeChapitre 114 sur 194 · SATIRE LITTÉRAIRE · texte numérisé non relu

SATIRE LITTÉRAIRE

traits littéraires de divers poètes. Dans ce temps aussi la critique littéraire prenait quelquefois une forme satirique. Telles étaient les diatribes si célèbres de Zoïle ^ contre Homère, et lesSiltes de Timon ^; peut-être se mèlait-elle aux invectives de Callimaquc contre Apollonius, dans son IbiSy qu'Ovide a imitée Mais ces disputes ont peu d'intérêt après celles du théâtre comique d'Athènes, que nous avons analysées plus haut. La même raison nous dispense, ou du moins nous détourne de suivre les écoles d'Aristarque et de Cratès dans leurs débats sur l'usage et l'analogie, sur la division ou la définition des catégories grammaticales, sur l'interprétation du texte d'Homère. Ce serait sortir de notre sujet que d'examiner, parmi les travaux d'Aristophane de Byzance, ses réformes et ses inventions en matière d'orthographe.

* Voyez sur Zoïle le mémoire de Hardion, dans le Recueil de l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres, t. Vlil, et le livre de Lehrs sur Aristarque, p. ^.

* On peut juger de la rudesse de ces satires par un trait qu'en a conservé Diogène Laërce (VI, 18) : il traitait d* «< ingénieux diseur de sornettes » Antisthène, le laborieux auteur de tant d'écrits, Sur le Style, Sur les Caractères [du style?], Sur le Langage ou la Conversation ((JiaÀwrou), Sur la Musique, Sur les Interprètes, Sur Homère, etc. M. Curtius Wachsmuth a réuni et classé tous les fragments de ce satirique dans ga dissertation. De Timone Phliasio (Lipsiœ, 1859).

' Sur cette célèbre controverse, voir le livre de M. Couat : La poésie alexandrine sous les trois premiers Ptolémées, l^aris, 4882, p. -496 et suiv.; cf. M. Jules Girard, Etudes sur la poésie grecque, 1884, p. 310 et suiv.

Toutefois, la collection si nombreuse des fragments qui nous restent de ce laborieux grammairien * nous offre quelques lignes qu'il n'est pas inutile de relever ici : au nombre de ses traités généraux, le livre Sur les masques du théâtre touchait à bien des questions sur l'illusion dramatique ; ses Arguments des drames grecs, à en juger par ce qui nous en reste, contenaient des renseignements précieux sur la tradition des sujets empruntés à la fable. Un mot qu'on lui attribue sur le comique Ménandre : « 0 Ménandre, et toi, vie humaine, lequel de vous deux a imité l'autre?^ » suppose une bien vive admiration pour ce grand écrivain. Aristophane, apparemment, n'admirait pas moins Archiloque, dont il avait curieusement étudié les écrits, puisqu'il disait que la meilleure pièce de ce poète était la plus longue '. En revanche, nous voyons qu'il jugeait très sévèrement le style d'Epicure, qu'il trouvait plat et vulgaire; et cela ne peut nous étonner, quand nous lisons les pages de ce philosophe que Diogène Laërce nous a conservées* et celles qu'on a récemment retrouvées dans plusieurs rouleaux des papyrus d'Herculanum '\ Quelquefois

* A. Nauck, Aristophanis Byzantii fragmenta, Halis, i848.

* Syrianus ad Hermogenem, Rhetores grœci de Walz, IV, p. 101.

* Cicéron, ad Attic, XVI, 11.

* Diogène Laërce (X, 13) dit à ce propos que ce philosophe ne demandait rien à Forateur que la clarté.

* Voir, par exemple, les Fragments inédits de la Morale d'Epicure, publiés par D. Comparetti, Turin-, 1879.

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