‹ Essai sur l'histoire de la critique chez les grecs [microform]: introduction à l'étude de la littérature grequeChapitre 116 sur 194 · PHILON LE JUIF. — JOSÉPHE · texte numérisé non relu

PHILON LE JUIF. — JOSÉPHE

historien '. Comment ne pas regretter que la riche mme des livres sacrés des Hébreux n'ait pas été ouverte à la curiosité des Grecs par un plus juste appréciateur d'Israël et de son génie original ? Or, aux yeux des juges compétents, Philon est suspect de n'avoir pas même connu Phébreu et la diversité de ses dialectes. C'est chez les Septante qu'il faut chercher des interprètes, inexpérimentés sans doute, mais sincères, des livres de l'Ancien Testament. L'historien Josèphe ne nous satisfait pas davantage, quoique juif de naissance et bien plus mêlé que Philon à l'histoire de sa patrie ^ Il n'a pas oublié, comme le syncrétiste alexandrin, sa langue maternelle ; mais, par sa faute et par celle des secrétaires hellènes qu'il avait à ses gages, les plus beaux récils de la Genèse sont défigurés, dans ses Antiquités judaïques, par une malheureuse imitation des formes de l'hellénisme. Au lieu d'une comparaison judicieuse entre l'esprit de deux grandes races, Philon et Josèphe nous offrent souvent un mélange puéril des traditions et du langage particulier aux deux peuples. Il n'y a pas jusqu'à la méthode étymologique et allégorique qui ne soit transportée des écoles où l'on inlerprél ait Homère

J C'est à peu près au même point de vue que l'étude des lettres est approuvée et cultivée par les Pères de l'Église Voir Cruice, Sur l'Hexaeméron de saint Basile, p. 117 ^^«^^Voif mon Eiàolea des Historiens d'Auguste, eh. V, Sect.

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aux écoles où l'on prétendait honorer le génie hébraïque par de pareilles interprétations. Alexandre et ses capitaines et même les savants qu il qmmenait à sa suite, sont excusables d'avoir méconnu les richesses de la littérature indienne : leur course à travers l'Orient avait été si rapide ! Mais les Juifs de Jérusalem, d'Alexandrie et de Cyrène* auraient dû vraiment profiter mieux et nous faire mieux profiter des trésors qu'ils avaient sous la main, et ouvrir à la haute critique des horizons moins troublés par les méprises de leur patriotisme.

Quoi qu'il en soit, la philosophie, comme le style de Philon, ont un caractère de grandeur qu'il ne faut pas méconnaître, et dont je voudrais donner quelque idée par la page suivante extraite du premier chapitre de son traité Sur les lois spéciales. Il sera intéressant d'y saisir quelque rapport avec une belle page de la Morale d'Aristote que nous avons

traduite plus haut :

a II y eut un temps, dit Philon, où, livré à la philosophie, à la contemplation du monde et de ce qu'il renferme, je goûtais les fruits si beaux, si désirables, si pleins de délices d'une vie spirituelle, toujours en compagnie des oracles et des dogmes divins dont je savourais la jouissance, sans jamais me rassasier, étranger à toute

» Sur cette dernière colonie des Juifs hellénisés, voir les iaterprèLes de rinscriplion grecque n« 5361 du Corpus de

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