‹ Essai sur l'histoire de la critique chez les grecs [microform]: introduction à l'étude de la littérature grequeChapitre 14 sur 194 · kl · texte numérisé non relu

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s'est maintes fois reproduit dans l'histoire des théâtres modernes.

Les acteurs à leur lour, quand une pièce ne convenait pas au caractère de leur talent, ou quand elle contrariait en quelque point des traditions ou des habitudes toutes-puissantes sur la scène, ne se gênaient pas pour corriger l'œuvre du poêle, soit de son vivant, soit et surtout après sa mort. ' Nous connaissons, par le témoignage des scholiastes, un certain nombre de ces corrections, analogues à celles qu'ont subies chez nous quelques-unes des pièces de Corneille et de Molière. Elles sont loin d'être toujours heureuses ; la plupart d'ailleurs portent sur de minces détails de style, sur des variantes de ponctuation, etc. 11 y en a pourtant d'importantes. Ainsi le Rhésus d'Euripide nous est parvenu avec deux prologues, dont l'un, de onze vers, est attribué aux acteurs. -

Tous ces remaniements des pièces de théâtre, où nous cherchons la preuve d'une féconde activité des esprits et d'une sorte de préparation aux théories de la critique, compromettaient bien souvent, il faut l'avouer, l'intégrité des compositions les plus parfaites. Sans cesse corrigées par ses lils, par ses acteurs, peut-être aussi, quoique moins

1 Richter, De vEschyli, Sophoclis, Euripidis interpretibus graîcis. (Berlin, 1839), p. 21 et suiv. - Argument grec du Rhésus.

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