‹ Essai sur l'histoire de la critique chez les grecs [microform]: introduction à l'étude de la littérature grequeChapitre 146 sur 194 · LIBANIUS · texte numérisé non relu

LIBANIUS

lumineuse collection de ses œuvres abondent les lieux communs scolaires, comme lapologie de Socrate,la comparaison de Démosthène eld'Eschine, les déclamations sur des sentences morales ou sur des sujets fictifs de controverse judiciaire. On y relève encore avec intérêt un petit discours en faveur des pantomimes, en réponse à une déclamation d'Aristide sur le même sujet. Et ce morceau nous rappelle un fait bien étrange, que le sophiste lui-même a relevé dans sa propre biographie : je veux dire une représentation des Acharnienssurle théâtre d'Antioche*. Voilà du moins une anecdote piquante, et dont la vérité nous semblerait suspecte si elle ne s'appuyait sur un témoignage si direct. Sous le règne deTrajan,Plutarque reconnaît que les comédies d'Aristophane étaient pleines d'obscurités et d'énigmes ' : que devaient donc y comprendre les auditeurs d'un théâtre dans une ville assurément fort lettrée de la Cœlé-Svrie mais enfin à huit cents ans de la scène attique pour laquelle Aristophane écrivait ses drames?

La lutte ardente des deux religions, au siècle de Julien, jette du moins un élément d'intérêt et de

banius, Paris, 1866 ; 4o G. R. Sievers : La vie de Libanius fen ail.), Berlin, 1868. ^

' Reiske, t. I, p.iO et p. 175 de la traduction française insérée dans l'ouvrage de L. Petit, que nous citons dans la note précédente.

- Comparaison d'Aristophane et de Ménandre.

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pathétique dans quelques-uns des nombreux discours où Libanius, sans oublier jamais qu'il est sophiste, se montre cependant un véritable orateur * et, chose plus rare, un partisan déclaré de la tolérance, un juge presque impartial entre les sectateurs des deux cultes. Nous aimons à reconnaître un hellène des vieux temps dans ses plaintes sur la destruction des chefs-d'œuvre de l'art classique et, entre autres, d'un chef-d'œuvre de Phidias ^ ; et, vers le même temps, nous relevons, avec une sorte de pitié, certains témoignages de l'empereur Julien lui-même, sur le cruel embarras de quelques honnêtes païens obstinés dans leur respect pour les monuments du culte proscrit, et qui descendaient jusqu'à l'hypocrisie pourles protéger, en cumulant les fonctions de gardiens d'un sanctuaire païen avec leur profession publique de christianisme \

» Il est à regretter que le savant biographe de Libanius, E. Monnier, n'ait pas publié le recueil des discours choisis de Libanius, dont, en 1867, il me communiquait les feuilles sortant alors de la presse.

2 Statue d'Asclepios ou Esculape sous les traits d'Alcibiade. Le fait se trouve dans un fragment du discours Pour les temples, publié pour la première fois par A. Mai à la suite de son édition de Fronton, et réimprimé dans le Delectus patrum gra)corum de Sinner, p. 238.

3 Lettre de l'empereur Julien, publiée pour la première fois par M. C. Henningdans l'Hermès de Berlin, 1875, p. 258. La scène se passe en Troade auprès d'une chapelle consacrée à Hector.

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