‹ Essai sur l'histoire de la critique chez les grecs [microform]: introduction à l'étude de la littérature grequeChapitre 145 sur 194 · LIBANIUS 5Q · texte numérisé non relu

LIBANIUS 5Q

elles sont bien stériles, et il est fâcheux que leur développement tienne chez les sophistes une place qui serait mieux occupée par le détail d'une vraie philosophie de l'éloquence et de ses rapports avec la vie sociale dans chaque siècle de l'histoire. Lisez par exemple la sèche introduction de Libanius au plaidoyer de Démosthène contre Midias : que nous importe d'y apprendre à quelle définition, parmi es états de causes, répondait le sujet traité par 1 orateur dans cette complexe affaire ? ' Avec tous es livres qu'on avait alors sous la main, soit dans les bibliothèques publiques de Constantinople ou d Athènes, soit dans les bibliothèques privées comme devait être celle du sophiste d'Antioche' combien il eût été facile d'éclairer les détours de k chicane que Démosthène a passionnée dans son immortelle invective ! N'aurait-on donc pu nous apprendre, ce que nous cherchons encore si l'invective fut réellement prononcée, ou si l'orateur ayant renoncé à poursuivre l'affaire, rédigea paisiblement son discours pour le livrer à la curiosité oisive de ses contemporains par la main des copistes et des libraires ? '

J;°rf\°i' ° ^°''"' ■?■ ""^^"^ etc.,c'est-à-dire que le Doint

par jHidias. tn latin donc, ce serait e cas du status deg«i Uvus. Voir, sur ce sujet, Ernesli au mot ..«,,, pou les riiT teurs grecs et au mot status pour les r.héteurs latins

- sur ce sujet, je ne puis mieux faire que de renvover à 1 introduction de M. Weil sur son édition de la MwîennTet à

Libanius nous a pourtant laissé voir qu'il disposait de quelques documents pour éclairer en historien critique plusieurs de ces difficiles questions. Ainsi, il lisait encore, et plus complets que nous ne les avons aujourd'hui, les mémoires de Denys d'IIalicarnassesur les orateurs attiques; il y trouvait des arguments contre Taulhenticité de l'oraison funèbre des guerriers morts à Chéronée, qui porte le nom de Démosthène* ; il semble aussi y avoir trouvé des raisons d^altribuer à Hypéride telle ou telle des Philippiques ^ Nous ne pouvons que regretter la négligence qu'il montre à remplir son devoir d'éditeur et d'interprète. Eunape, dans les pages bien superficielles où il nous a raconté la vie du célèbre sophiste, le félicite d'avoir toujours refusé toute fonction publique, et de s'être obstinément renfermé dans l'étude des lettres. Cette noble étude, qui fit sa gloire sous les derniers empereurs païens, était donc réduite alors à de bien mesquines occupations ' ? Dans la vo-

l'introduction de M. R. Dareste sur sa traduction française de ce plaidoyer.

* Voir le court morceau intitulé nsoi r&iv fiso&jv ri;; jôijTootxij;

- Voir ses arguments sur les deux discours concernant l'Halonèse et le traité avec Alexandre, où Ton croit reconnaître la méthode plus littéraire qu'historique du rhéteur d'Halicarnasse dans ces questions d'authenticité.

^ Ouvrages à consulter sur ce sujet : lo E. Monniei* : De rhetoricœ discipulis ac ma^istris in quarto christiani œvi sœculo, Paris, i866 ; 2° Le même : Histoire de Libanius, Paris, 1866 ; 3o L. Petit : Essai sur la vie et la correspondance de Li-

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