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CHAPITRE PREMIER. 51 vit la nouvelle constitution urbaine, la commune jurée, s'appliquer, tant bien que mal, à de simples villages ou a des associations d'habitants de plusieurs villages (!}. Les principes de droit naturel qui, joints aux souvenirs de l'ancienne liberté civile, avaient inspiré aux classes bourgeoises leur grande révolution, descendirent dans les classes agricoles, et y redoublèrent, par le tourment d'esprii, les gènes du servage et l'aversion de la dépendance domaniale. N'ayant guère eu jusque-là d'autre perspective que celled'élre déchargés des services les plus onéreux, bomine par homme, famille par famille, les paysans s'élevèrent à des idées et à des volontés d'un autre ordre; ils en vinrent à demander leur affranchissement par seigneuries et par territoires, et à se liguer pour l'obtenir. Ce cri d'uppelau sentiment de l'égalité originelle : Nous sommes hommes comme eux (2), se fil entendre dans les hameaux et retentit à l'oreille des seigneurs, qu'il éclairait en les menaçant. Des traits de fureur aveugle et de louchante modération signalèrent cette nouvelle crise dans l'état du peuple des campagnes; une foule de serfs, désertant leurs tenures, se livraient par bandes a la vie errante et au pillage ; d'autres, calmes et résolus, négociaient leur liberté, offrant de donner pour elle, disent les chartes, le prix qu'on voudrait y mettre (5). La crainte de résistances périlleuses,
[I) Voyez les lettres rte l'bilîpiie-AugiMe, diuinivs >tm.- les dates île USi, 1185, U86, 1106, I20B, 121IÎ cl 1221- (Kceuetl des Ordonn. des rois Ut France, t. XI, p. 231, 237, 2iH, 277, 231, 508 et 31S.J (2} Nus snmes homes cum il sunt,
Tcx membres a va m cum il uni, Cl altresi grain cors avuin, Etaltreiant sofrir poûm ; Ne nus faut fors cucr sulement.
(WiCE, Roman de Sut, t. 1, p. 506.)
(3) Eodein anno [1183], in proviucia Biluricensi, ïnlerfeela sut» seplem millin Colarellortim... cl conmpîius, nb incolis illius 1er™ in un uni conlru Dei inimicos confiEileralis. Isli tei'ram régis vusiatulo pradas ituccbant... (IliGOLiDus, De Gestis Philippi \Augusti, apin! Script, rcr. gallic. cl francic, l. XVII, p. 11.) — Omnes Iiomines noslri de corpore, lam masculi <|unm fcmiiiff, <|ni habitant in lerin n os lia de Slempensi, cl illi rliam qui du ca liricui cl possidciit, ubifiiiinjue co m murailles, oslrinxrrunl se nobis, |ier
l'esprit de jusiice et l'intérêt, amenèrent [es maîtres du sol à transiger, par des traités d'argent, .sur leurs droits de tout genre et leur pouvoir immémorial. Mais ces concessions, quelque larges qu'elles fussent, ne pouvaient produire un changement complet ni général; les obstacles étaient immenses, c'éiail tout le régime de la propriété foncière à détruire et à remplacer; if n'y eut poinlà cet égard de révolution rapide et sympathique comme pour la renaissance des villes municipales; l'œuvre fut longue, il ne fallut pas moius de six siècles pour l'accomplir.
sàcrnmenlum n siitgulissigillalîm cnrpnraliliT [ira^liliim cl icceplum, ijuod si MTvilnti.- opjirtjlii'iimi il ui> titilri cniits. I ilml;i! i- lnvu-licium cis ïl fi J lis
(Charte dJchopitre de Sainte-Croix d'Orléans, confirmée par lettres de Louis VIII [1324] ; Recueil des Ordonnances det rois de France, l. XI, |>. 3îi.)