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Mystère du Vieil 'Testament, déjà cité, passim

3. Voir Lonandrc, Histoire ancienne et moderne d' ' Abbeville , 1 845, t. I, p. 3l6.

4. De Laborde, les Ducs de Bourgogne, t. II, p. 326. Voir aussi à ce sujet la mention suivante de « l'Eschevinage d'Amiens tenu le xvi" jour de novembre i5oi ».

n Sire Richier de Saint-Fuscien, maieur :

« Messires sur ce en conseil et advis ensemble ont ordonné que pour le bien et proulit de la ville l'on vendra les matères de bos estant au lieu que on dit le Four des Camps, est assavoir le Paradis, l'Enfer, les hourts du Roy et de la ville, le déluge, le pénacle et autres matères de bos, le cordail, roues de...? et autres appartenant à laditte ville qui sont demourez du Mystère de la Passion dernièrement joué en laditte ville et qu'on les vendra à la chandeillc, au plus offrant audit lieu du Four des Camps le jour Saint Nicolas prochain venant et que ce sera publie par les paroisses d'icelle ville et à ce seront commis aucuns de mesdits sieurs tel qu'il leur plaira. » [Archives municipales d'Amiens. Reg. aux dél., t. XIX, f° 62 v°.) Communiqué par M. Viguet, archiviste de la ville d'Amiens, que nous remercions bien vivement de son amabilité,

LES MYSTÈRES DIALOGUES

Dieu le Père, placé sur son trône ou dans le Paradis, comme à Valcnciennes en i547, avait derrière lui un soleil et des rayons en bois recouverts de papier doré. Ces rayons étaient mus par une manivelle et tournaient sans cesse. Parfois, pour mieux simuler le séjour des bienheureux, des anges maintenus dans les combles par des ficelles voltigeaient sur des fonds de toile bleue semée d'étoiles d'or1.

Lorsque le théâtre est au centre de l'auditoire, s'il y a lieu de construire des mansions, on les construit à jour, c'est-à-dire figurées par quatre poteaux surmontés d'un toit; ce qui permet de voir de tous les côtés les personnages qui y jouent. Mais il est probable que les échafauds, entourés de monde de toutes parts, n'avaient aucune construction à élévation, et que des indications suffisaient5.

La façon de simuler la nuit ou les ténèbres est restée un des problèmes obscurs de la mise en scène du moyen âge. Au moment où Jésus-Christ expire, dans le Mystère de la Passion, le livret porte : « Ici faict ténèbres ». Plusieurs auteurs ont supposé que l'on tendait alors un grand voile noir; celte façon d'opérer ne paraît avoir été qu'un signal convenu indiquant au spectateur qu'on aurait dû simuler la nuit. Il eût été impossible, étant donnée la disposition de la scène que nous connaissons, de la couvrir entièrement d'un voile.

Pour nous, nous croyons plutôt à des effets de fumée, qu'utilisaient souvent les entrepreneurs de Mystères3; lorsque Jésus était transporté du haut du temple sur la montagne, on le cachait, ainsi que le diable, dans un nuage de fumée, pendant tout le temps que durait l'enlèvement.

Le tonnerre et les éclairs se voient souvent dans le Mystère du Vieil Testament. Le tonnerre se faisait au moyen de pierres que l'on secouait fortement dans un tonneau. Quant aux éclairs, au xve siècle, la pyrotechnie fournissait des moyens qui permettaient facilement de les produire; on en trouve un exemple dans le compte de la représentation du Mystère de l' Incarnation et Nativité, qui eut lieu à Amboise en i497 : (< Achat de treize fuzées pleines de poudre à canon et d'une livre de poudre pour servir à jouer ledict Mystère, douze desquelles fuzées furent mises en un g- ydolle et l'autre fuzée

1. Voir le manuscrit du Mystère de Valenciennes en i547, de la collection de Mme la marquise de la Coste, reproduit dans le Catalogue de V Exposition théâtrale de 1878, par M. Nuitter.

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