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LA. PLANTATION DU DÉCOK ET LA MACHINERIE

hauteur des carneaux (créneaux) et doivent estre de frai/, coupez et mis en vaisseaux pleins d'eau pour les tenir plus freschement1. »

En général, le papier peint, les étoffes, le carton, et tout ce qui constitue aujourd'hui l'industrie du tapissier, servaient à la décoration des échafauds. Quelquefois les fleurs étaient « au naturel » ; dans le Mystère du Vieil Testament*, « on doit montrer un heau Paradis le mieux faict qu'il sera possible, bien garni de toutes fleurs, arbres et fruits les plus beaux, selon la saison qu'il sera possible ». Pour figurer le ciel, on tend un vaste rideau bleu au moyen d'une ficelle après deux mâts, « adonc se doit montrer un ciel peinct tout semé d'étoiles ». Du reste, une quittance du xve siècle nous indique mieux que toutes les descriptions les procédés de travail des décorations : « Item y ot fait la forme et figure de la grosse thour que m. d. s. fait faire à Gorincheu, toutte de charpenterie qui estoit de xlvi piez de hault et grosseur à l'avenant, couverte de toille painte de machonnerie, d'argent et escalle d'azur, et les fenestres, les créteaulx et les pomeaulx tout doré d'or, la cappe richement estoffée d'or et d'azur, ayant bannières sur chacune fenestre armorées des armes de m. d. s.\ »

De nos jours on aurait sablé les tréteaux pour empêcher les acteurs ou les animaux qui s'y mouvaient de glisser et de tomber; il est vraisemblable qu'alors on les couvrait d'herbe fraîchement coupée : c'est du moins ce que rapportent plusieurs érudits4.

1. Ulysse Chevalier, Mystère des trois Doms déjà cité, p. 18. La représentation n'avait point été négligée par les commissaires. Dès le 3o décembre i5o8, un marché passé avec trois chappuis (charpentiers) de Romans, Jean Lambert dit Caffiet, Jean Roux et Pierre Pérat, obligeait ces derniers à construire les échafauds et la plate-forme pour le Mystère, des trois Doms, « ainsi que les châteaux, villes, tours, tourelles, paradis, enfer; à fournir les grosses pièces pour les piliers des tentes et généralement tous les ouvrages en bois concernant les feintes ou décorations, moyennant le prix de 412 florins » (d'après les préceptes du Conseil de ville de Romans).

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