Archives nationales , O
LE THEATRE CONTEMPORAIN
Napoléon d'encourager un art français. Même pendant les Gent-Jours, la Comédie-Française, l'Opéra et l'Opéra-Comique donnent des représentations à l'Elysée et aux Tuileries1.
Non content d'avoir les acteurs dans ses palais, Napoléon se rend quelquefois dans les théâtres de la capitale, comme par exemple le jour où éclata la machine infernale, ou cette autre soirée, au lendemain d'Austerlitz, où l'Opéra joue, sur un décor représentant une rue de Paris, dont le centre est le Pont-Neuf, un divertissement composé par le poète Esménard. A l'arrivée de Bonaparte, l'enthousiasme éclate comme durant la Révolution. A un certain moment, les acteurs, qui avaient des palmes à la main, en passent à l'orchestre, qui à son tour en passe aux spectateurs des fauteuils, et bientôt dans toute la salle les palmes s'agitent aux cris mille fois répétés de Vive l'Empereur ! 2
Aussi est-il permis de croire, comme Napoléon l'affirmait lui-même à Sainte-Hélène, qu'il aimait la tragédie française, particulièrement celle de Corneille, et qu'il n'a pas dépendu de lui qu'un génie littéraire vint donner à son empire une auréole aussi éclatante que celle de ses victoires.
j, ibidem, O3 36 et suivants, et Henri Houssnye, Mil huit cent quinze. Paris, 1893, passim 1, Mémoires de Mme de Rémusai, t. II, p. 297.