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Contant et Philippi, op. cit., préface, p

LE THEATRE A L'ÉTRANGER

en 1G23. Les autres, de moindre importance, eurent le même sort. Le fanatisme populaire se chargeait quelquefois aussi de leur destruction. En 16 17, par exemple, les sectes puritaines prirent d'assaut la salle du Cockpitt et la démolirent avec un tel acharnement que plusieurs personnes périrent écrasées sous les décombres. En 1G23, le même fait se produisit pour la salle de Drury-Lane.

Rappelons, en terminant, l'usage, courant du temps d'Elisabeth, qui consistait à faire précéder les pièces d'un prologue exécuté en pantomime, et dont le but était d'initier le spectateur à l'action qui allait se dérouler devant lui. Shakespeare rompit avec cette tradition; mais de son temps, et longtemps encore après lui, les acteurs, avant la fin (lu spectacle, se mettaient tous à genoux et adressaient au ciel une prière pour demander au Tout-Puissant la santé et le bonheur de leur gracieuse reine'.

Celle habitude se perpétua après la restauration des Stuarts et donna lieu au fait suivant : Un jour que miss Nelginn, maîtresse du roi Charles II, jouait le rôle de sainte Catherine, les garçons de théâtre s'étant, à la fin de l'acte où elle mourait en martyre, approchés d'elle pour lever son corps, elle leur cria : « Arrêtez, chiens maudits, je dois me lever et réciter l'épilogue. »

On retrouvait le même usage dans le théâtre hindou : la représentation se terminait par une courte prière prononcée par le personnage principal, exprimant des vœux pour la prospérité et le bonheur de tous les auditeurs2.

A partir du xvme siècle, l'Angleterre construisit tous ses théâtres à l'imitation de ceux de France et d'Italie. Ses décors, ses agencements scéniques, sont des copies des usages continentaux. Son répertoire même, en dehors de l'œuvre de Shakespeare, se compose des ouvrages français ou allemands. Aussi la Grande-Bretagne n'a-l-elle eu d'originalité en matière de théâtre qu'à ses commencements, et quand Shakespeare la mettait hors de pair, grâce à son incomparable génie5.

1. Nous devons tous ces renseignements à la gracieuse obligeance de MM. A. Mezières et J. Jusserand, que nous remercions bien vivement.

Voir A. Mey.ières, Prédécesseurs et Contemporains de Shakespeare, Paris, 1 863, p. 27. — J. Jusserand, le Théâtre en Angleterre depuis les origines jusqii'aux prédécesseurs immédiats de Shakespeare. Paris, 1881.

a. Blakwood Magazine , 1" novembre 1 8 3 4 , V Art dramatique chez les Hindous.

3. Ce n'est qu'an xix' siècle que l'on vil à Londres des théâtres édifiés suivant des principes différents de ceux du reste de l'Europe.

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