‹ Essai Sur L'Histoire Naturelle Du Desman Des PyrénéesChapitre 13 sur 48 · CONFORMATION EXTÉRIEURE. (PI. I · texte numérisé non relu

CONFORMATION EXTÉRIEURE. (PI. I

Par l'ensemble de ses formes, le Desman ressemble beaucoup à une musaraigne, & non à une taupe comme le veut Dobson; mais la position de ses pattes de derrière lui donne une physionomie toute particulière, & qui le fait distinguer de toutes les autres espèces de petits mammifères. Ces pattes sont démesurément longues, la jambe & le pied, ce dernier surtout, étant considérablement développés : celui-ci est enfin dejetté fortement en dehors, comme dans les oiseaux palimipèdes. Telle est, du moins, la position de pattes de derrière lorsque l’animal est dans l’eau ; dans la marche à terre, elles se rapprochent de la position ordinaire.

Cette disposition assez nette chez le Desman des Pyrénées est encore plus marquée, plus exagérée en quelque sorte, chez le Desman de Moscovie, espèce plus aquatique, & pour laquelle l’eau est l'élément favori. A terre, il se traîne avec difficulté; tout au contraire, le Desman des Pyrénées, chasse volontiers hors de l'eau, & il est alors d’une grande agilité.

Quoi qu'il en soit de ces différences entre les deux espèces, le pied chez le Desman des Pyrénées comme chez le desman de Moscovie, est seul. dégagé du corps, la jambe & la cuisse sont cachées sous les téguments de l’abdomen. Les pattes de devant sont également portées en avant, & dans leur position normale, elles sont placées au-dessous de l'œil; la main porte franchement à terre sans être déjetée en dehors comme le pied.

En cela, le Desman diffère complètement de la taupe,

espèce avec laquelle il a incontestablement de grandes analogies, & cette déviation de la direction normale des extrémités, cette obliquité de la main ou du pied est inverse chez les deux espèces.

La taupe, animal fouisseur, dans lequel la main devient l'organe important, a son membre antérieur modifié dans les proportions de ses différentes parties & dans la direction de son extrémité, la main est déjettée en dehors.

Le Desman au contraire, animal nageur, est modifié d’une manière analogue, mais dans son membre postérieur. Le tibia s’allonge pour permettre aux muscles un plus grand développement, le pied se déjette en dehors pour former un organe de propulsion, une rame puissante.

Malgré une légère différence, le Desman des Pyrénées rappelle bien par ses formes générales le Desman de Moscovie; mais cependant, il s’en distingue facilement par sa trompe plus allongée, par sa queue plus grêle, ronde au lieu d’être aplatie sur les côtés & en carène aigue sur ses bords supérieurs & inférieurs.

La tête se continue directement avec le corps, sans que le cou soit marqué; l'extrémité du museau est aplatie & dépasse de beaucoup la lèvre inférieure, formant une trompe mobile rappelant, en l’exagérant, le museau des musaraignes. (PI. III.)

La partie terminale de la trompe est dépourvue de poils, la peau en est finement granuleuse, d’un noir brillant. Cette partie dénudée est plus étendue chez le Desman de Moscovie, elle se termine par une ligne transversale & non en triangle.

Au-dessus de ce point règne un espace annulaire, large de 6 millimètres, & qui se prolonge en pointe jus-

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