‹ Essai Sur L'Histoire Naturelle Du Desman Des PyrénéesChapitre 25 sur 48 · LÉGER · texte numérisé non relu

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allongée, & le pied, très développé, est fortement déjeté en dehors. C’est là une disposition particulière au Desman & qui l’éloigne également des taupes & des musaraignes.

Le bassin (pl. VI fig. 4 & 5) est tout particulièrement intéressant, car dans les insectivores il peut servir à caractériser chacun des groupes naturels de cet ordre. C'est du reste ce qu’a démontré avec beaucoup de détails

M. Wilhem Lèche'.

D'après cet auteur « les caractères différentiels du bassin chez les insectivores peuvent les faire diviser en trois sections :

1. — Bassin à longue symphise pubienne : macroscélidés, tupaiadés.

> TUP 2. — Bassin à courte symphise pubienne : centétidés, potamogalidés.

3. — Bassin sans symphise pubienne : talpidés, myogalidés, chrysochloridés, soricidés.

On voit par ce simple exposé que la structure du bassin peut parfaitement servir à une classification naturelle de l’ordre des insectivores, puisque les familles sont placées de même façon que peut le faire la comparaison des autres organes.

Le bassin du Desman est relativement plus court dans sa partie antérieure que dans sa moitié postérieure; c'est là un caractère qui lui est propre, & c'est la seule espèce dans Jaquelle l’ischion est plus long que l’iléon?.

1. W. Lèche. Zur morph. der Beckenregion bei insectivora. in morph. Johr. V I B 4 H. Leipzig, 1880.

2. Vid. Will. Lèche, op. cit., & Anat, der beckenregion bei insectivora. Stockholm, 1883 in : Kongl. Svenska Vetenskaps. — Academiens Handlingor. Bandet; 20, n°4; pp. 13,22, 31:

De

Les iliaques sont forts & soudés par ankylose au sacrum.

En haut, l'iléon s'articule avec les deux premières vertèbres sacrées ; au-dessous, la troisième vertèbre s'articule avec l'ischion. Celui-ci est grêle, allongé, droit.

Les branches du pubis sont encore plus longues. En avant, elles commencent par un angle obtus & la lame osseuse est recourbée en dedans; mais les deux côtés sont séparés l’un de l’autre par un large espace qui devient plus grand à l'extrémité du pubis, les deux branches allant en divergeant. Il n’y aurait donc pas de symphise du pubis si le ligament pubien ne s'ossifiait pas. Chez les vieux sujets cette ossification est complète, elle s’étend plus ou moins chez les individus plus jeunes. Ce ligament pubien ossiñié forme un pont délié filiforme qui réunit les deux pubis, & donne au bassin du Desman une physionomie toute particulière & qui le fait ressembler à celui de l’autruche.

Le trou obturateur est énorme, ovale, allongé d'avant en arrière.

D'après M. Wilhem Lèche le bassin du Desman adulte est conformé comme le bassin embryonnaire de la taupe. Dans un jeune embryon de cette espèce il a trouvé un étroit cartilage unissant entre eux les angles postérieurs du pubis, comme chez le Desman; de mème Îles deux apophyses antérieures du pubis sont éloignées à l’état embryonnaire, disposition que nous avons vue exister normalement chez le Desman, mais elles se rapprochent lorsque le développement de l'animal est complet.

La cavité cotyloïde diffère chez le desman de toutes celles des autres insectivores, car elle est exclusivement formée aux dépens de l’ischion; un cartilage calcifé la

no

complète en avant, & ni le pubis ni l'iléon nentrent dans sa composition.

Le fémur est très court, il n’atteint pas la moité de la longueur du tibia; tandis que chez le macroscélide, qui paraît cependant avoir la jambe la plus longue de tous les insectivores, il égale les deux tiers du tibia. Il est dilaté, élargi à ses deux extrémités, aplati principalement à la partie supérieure, grâce au développement considérable du troisième trochanter.

Le col est très court, oblique & dirigé en avant. Le troisième trochanter forme une large apophyse recourbée en crochet & fortement projetée en dehors.

Le fémur du Desman de Moscovie est beaucoup plus trapu que celui du Desman des Pyrénées; son troisième trochanter est de beaucoup plus long, plus crochu à son extrémité.

Le tibia & le péroné sont soudés l’un à l’autre dans leurs deux tiers inférieurs. Par leur forme générale ils se rapprochent de ceux des musaraignes, mais ils en diffèrent par les appendices qu'ils portent à leurs extrémités supérieurer.

Au niveau de l'articulation du genou, la crête du tibia se termine par un appendice en lame recourbée qui va rejoindre une autre lame osseuse de même genre qui naît de la tête supérieure du péroné. Par leur réunion, ces deux appendices forment un anneau osseux qui donne passage à l’extenseur commun des doigts, & où prennent naissance les péroniens.

Le péroné forme le long du tibia, au point où il s’est soudé avec lui, une crête saillante qui descend jusqu’à l'articulation.

Ces deux os de la jambe sont plus trapus chez le Des-

man de Moscovie, plus droits & plus grêles chez l'espèce des Pyrénées.

Le pied (pl. VI, fig. 6) a cinq doigts comme la main. Les premières phalanges sont relativement moins longues qu'a la main, les secondes, au contraire, sont relativement plus développées. Les métatarsiens sont très allongés & de grandeur inégale ; les deux premiers sont fortement aplatis & accolés l’un à l’autre, & c’est d'eux principalement que provient la grande dimension du pied.

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