MEMBRE SUPÉRIEUR. (PI. VII
Le membre supérieur du Desman participe à la fois des caractères de ceux des taupes & de ceux des musaraignes, tout en se rapprochant plus de ces derniers par leurs formes générales.
La clavicule est droite, forte, d’une longueur moyenne, élargie à son extrémité interne, & terminée par une tête arrondie à son articulation avec l'épaule. La facette articulaire de l'extrémité interne est oblique & vient se placer sur une facette de même forme que porte la première pièce du sternum, fortement déjetée en bas en ce point. Les deux clavicules sont assez écartées l’une de l’autre dans leurs articulations avec le sternum; au contraire, dans le Desman de Moscovie elles sont rapprochées & séparées seulement par la pointe antérieure du sternum. Le mode d’articulation diffère également : dans le Desman des Pyrénées l’articulation se fait à la face supérieure du sternum, chez le Desman de Moscovie elle est portée à la face inférieure. |
L’extrémité opposée, terminée en tête arrondie, s’articule avec une facette plane de l'extrémité de l’'humérus, & se trouve reliée à l’omoplate par un ligament qui s’implante au-dessus de la cavité glénoïde.
L'omoplate est longue, étroite antérieurement avec un acromion bifurqué comme dans le condylure. La branche postérieure est seule développée & forme une apophyse large & spatulée. L’acromion proprement dit est réduit à une petite saillie dans le Desman des Pyrénées, il est complètement effacé dans le Desman de Moscovie.
L'épine de l’omoplate forme une longue crête osseuse qui se continue directement avec l’apophyse de l’acromion, & se relève en pointe vers l'extrémité; cette pointe se réfléchit sur la fosse sous-épineuse.
Dans le Desman de Moscovie, l’omoplate est sensiblement plus large à la base, l’apophyse acromiale moins oblique, plus déjetée en dehors. La fosse sus-épineuse est beaucoup moins étendue, & par suite l’omoplate est plus rétrécie à son extrémité.
L'Aumérus est plus court, plus robuste que celui des musaraignes, mais il en a la forme générale, en étant cependant moins droit. [l se rapproche un peu de celui des condylures par la largeur considérable de son extrémité inférieure & par la forme de ses facettes articulaires supérieures.
Il est sensiblement plus court que le radius : au contraire, dans le Desman de Moscovie il est de longueur égale à celle du radius.
La surface articulaire qui va se loger dans la cavité glénoïde, au lieu d'occuper la position normale à l’extrémité de los, forme une saillie arrondie, allongée & non globuleuse, légèrement oblique sur l'axe de l'os; dispo-
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sition qui rattache le Desman aux talpidés. De droite & de gauche, deux grandes tubérosités sont séparées de la surface articulaire par une profonde rainure.
La grosse tubérosité porte une série de surfaces d’insertions très distinctes les unes des autres & qui donnent attache aux muscles de l’omoplate.
La tubérosité interne s'articule avec la clavicule.
Des crêtes fortement marquées prennent naissance autour des deux grandes tubérosités & forment deux grandes surfaces triangulaires, qui donnent à l’humérus une physionomie toute spéciale.
Le corps de l’os décrit une courbe assez marquée en dedans & en arrière.
L'extrémité inférieure est fortement aplatie d'avant en arrière & s'élargit considérablement, ce qui contribue encore à accentuer la forme anormale de l’humérus, l’éloigne beaucoup des musaraignes & rapproche encore le Desman des condylures.
Les surfaces articulaires occupent une étendue très restreinte de cette large extrémité inférieure, le quart environ ; elle est terminée en dedans par une proéminence épitrochléenne, dont l'extrémité forme une sorte d'épine arrondie dirigée perpendiculairement à l’axe de l'os. Dans le Desman de Moscovie cette épine manque, elle est remplacée par un bord aminci.
L’épicondyle est séparé de l'articulation par une échancrure assez profonde, & se termine par un crochet fortement relevé en haut. A la surface postérieure une dépression peu marquée reçoit le bec de l’olécrâne, tandis qu’à la face antérieure une cavité profonde donne attache au fléchisseur sublime.
L’humérus du Desman de Moscovie est plus courbé
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que celui du Desman des Pyrénées, son extrémité est plus large, moins étranglée au niveau du corps de l'os.
Les os de l’avant-bras n’ont plus aucun des caractères qui se trouvent chez les talpidés, ils se rapprochent beaucoup des musaraignes.
Le cubitus est très grand, fortement recourbé en dedans & en arrière ; il est creusé d’une profonde gouttière à sa face antérieure.
Celui du Desman de Moscovie est proportionnellement plus court, plus trapu, & légèrement courbé dans sa moitié inférieure.
Le radius est cylindrique dans toute sa longueur, droit & relativement moins grêle que le cubitus. Dans le Desman de Moscovie le corps de l’os n’est plus aussi régulier, il est courbé en arrière dans le haut, en avant dans le bas; il est beaucoup plus trapu que celui du Desman des Pyrénées.
La main (pl. VI fig. 3) rappelle également celle des musaraignes ; elle n’a rien de commun avec celle de la taupe, & il n'y a pas d'os en faucille.
Les premières phalanges sont de même longueur que les os du carpe; les deuxièmes, au contraire, sont extrèmement courtes ; les phalanges onguéales sont très longues, plus efflées chez le Desman des Pyrénées que chez celui de Moscovie.